Levées ordinaires,
levées exceptionnelles et levées spéciales.


Au début des années 1850, époque de la mise en place du trafic postal sur le réseau ferroviaire français, différents modes de levée du courrier étaient pratiqués dans les bureaux de quartier de Paris, pour l'expédition des lettres à destination des départements et de l'étranger par le biais des bureaux ambulants.

Levées ordinaires

Horaires inchangés pendant toute la période de l'étoile et chiffres.

Premiere levée - 7 heures 30 aux bureaux de quartier.
Deuxième levée - 10 heures aux bureaux de quartier.
Troisième levée - midi aux bureaux de quartier.
Quatrième levée - 2 heures aux bureaux de quartier.
Cinquième levée - 4 heures aux bureaux de quartier.
Sixième levée - 5 heures 30, 5 heures 45* ou 6 heures* aux bureaux de quartier.
Septième levée - 9 heures 30 aux bureaux de quartier.
* 5 heures 45 dans les bureaux bénéficiant des levées exceptionnelles, et jusqu'à 6 heures aux bureaux 1 et 24, puis 11 (en 1865).

Le service des levées ordinaires est bien évidemment sans surtaxe. Le lettres sont frappées du timbre à date ordinaire, avec indication du numéro de la levée. Le tri général s'effectue à l'Hôtel des Postes.

Les lettres à destination de la province et l'étranger, ramassées après la sixième levée ordinaire, ne bénéficiant pas de levée exceptionnelle ou spéciale, sont frappées du timbre à date de la septième levée, et de la griffe APRES LE DEPART (sous entendu, des bureaux ambulants de nuit). Leur expédition est remise au lendemain matin par les ambulants de jour.


Levées exceptionnelles

Mises en place par la loi du 9 mai 1863, les levées exceptionnelles permettent au public de profiter de deux départs après la fin de la sixième levée du jour :

- dans les bureaux 2, 3, 4, 7, 12, 15, 17, 20, 22, 28, puis 35 (en 1866) et 8 (en 1867)
Premiere levée exceptionnelle - de 5 heures 45 à 6 heures, moyennant une surtaxe de 20 c. par lettre.
Seconde levée exceptionnelle - de 6 heures à 6 heures 15, moyennant une surtaxe de 40 c. par lettre.

- dans les bureaux 1 et 24, puis 11 (en 1865)
Premiere levée exceptionnelle - de 6 heures à 6 heures 15, moyennant une surtaxe de 20 c. par lettre.
Seconde levée exceptionnelle - de 6 heures 15 à 6 heures 30, moyennant une surtaxe de 40 c. par lettre.

Le service des levées exceptionnelles est donc payant. Lorsqu'elles satisfont aux conditions d'affranchissement, les lettres sont frappées du timbre à date octogonal avec indication du numéro de la levée exceptionnelle. Le tri général s'effectue à l'Hôtel des Postes.


Levées spéciales

D'après diverses délibérations du Conseil des Postes, citées par P. Lux (La Poste ferroviaire de ses débuts à 1870, Acad. Phil., 1992, p.38), les bureaux voisins des gares devaient recevoir, en dernière limite d'heure, les plis affranchis destinés aux localités desservies par les ambulants partant de leur gare, et les leur apporter 10 minutes avant le départ du train. Cette mesure, permettant au public de profiter du départ des bureaux ambulants après les heures des levées ordinaires, sera régulièrement rappelée au cours des années suivantes (Avis au public du 1er mai 1851, Ordre de service du 24 septembre 1853).
A partir d'avril 1856, l'affranchissement préalable n'est plus requis (cf. Platzer-FM331-9, Delwaulle-Ac. Phil. T2-f2).
Dans un premier temps, une levée supplémentaire unique (dénommée "exceptionnelle" par l'almanach impérial) se pratiquait à 7 heures du soir dans les bureaux B (Lyon, Orléans), B2 (Lyon), D1 (Est), D2 (Nord), D3 (Nord), E (Saint-Lazare), F1 (Ouest), H4 (Orléans) et K2 (Saint-Lazare). H1 desservait la gare d'Orléans avant la création de H4 (avril 1855). M (Assemblée Nationale) assurait un service supplémentaire avec toutes les gares durant la tenue des sessions du Corps Législatif.

En 1856 et 1857, ce service est renommé "levées spéciales pour les lettres affranchies", disposition toujours en vigueur dans les bureaux proches des gares, et les horaires sont modulés en fonction des heures de départ des bureaux ambulants.
En 1858, ces levées sont simplement dénommées "levées spéciales", l'affranchissement n'étant donc, semble t'il, plus requis.

Ce service a fontionné pendant toute la période de l'étoile et chiffres, et au-delà. Il concernait, durant cette période, huit bureaux de quartier : 3, 10, 12, 14, 18, 26, 30 et 33. Il comptait entre 24 (en 1864) et 26 (en 1876) levées, qui s'échelonnèrent entre 15 heures 15 et 22 heures 40, en fonction des horaires des trains. Ce courrier ne passant pas par l'Hôtel des Postes, le tri s'effectuait dans les bureaux ambulants.
Il ne semble pas que les bureaux 3, 10, 14, 18, 26 et 33 aient utilisé des timbres à dates particuliers pour ce service pendant la période de l'étoile et chiffres, on ne peut donc pas distinguer les lettres ayant profité des levées spéciales. L'énumération des horaires serait donc fastidieux et dénué d'intérêt.
Par contre, il existe des lettres émanant des bureaux 12 et 30, dont le timbre à date de la sixième levée porte, à droite de l'indication de levée, un petit chiffre 1, 2 ou 3 en exposant. Ce timbre à date est référencé sous le numéro 1532 dans la nomenclature Rochette. Il est possible que cela corresponde à un indicatif de levée spéciale. Un récapitulatif des horaires des levées spéciales dans ces deux bureaux peut donc s'avérer intéressant.

Bureau 12, boulevard Beaumarchais


Paris, rue des Tournelles, proche du boulevard Beaumarchais, 25 avril 1870, fraction de levée 6.2
Au dos, ambulant de nuit PARIS A CLERMONT 25 AVR. 70 - Arrivée NEVERS le lendemain

Trois horaires de levées spéciales, à partir de 1868, pourraient correspondre à des fractions de levée.

Limites d'heures pour les départs du soir (1868) :
- 6 heures 15, Marseille ;
- 6 heures 45, Limoges, Périgueux, Toulouse, Cette ;
- 7 heures, Lyon, Besançon, Auxerre, St-Etienne, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Bayonne, Vierzon, Nantes, La Rochelle, Quimper.

Lettre du 3/11/1869 pour Romanèche, partie par l'ambulant Paris à Lyon, portant l'indicatif 62. Dans ce cas, il est probable que la lettre a été postée avant la deuxième levée spéciale (entre 6 heures 15 et 6 heures 45), pour n'être dirigée vers l'ambulant de Lyon qu'après 7 heures du soir, avec le produit de la troisième levée spéciale, et délivrée à la première distribution du lendemain (timbre-dateur au dos).

Lettre du 22/07/1870 pour Gènes, partie par l'ambulant Paris à Lyon, portant l'indicatif 63, pouvant correspondre à la troisième levée spéciale.

Lettre du 30/08/70 pour Oloron, partie par l'ambulant de Bordeaux, portant l'indicatif 63, pouvant correspondre à la troisième levée spéciale.

Une autre lettre (dont je n'ai pas d'illustration), du 06/09/1871 pour Montbéliard, partie par l'ambulant de Besançon, portant l'indicatif 63, peut également correspondre à une troisième levée spéciale.

Lettre du 30/09/72 pour Vertaizon, partie le soir même par l'ambulant Paris à Clermont-Fd, portant l'indicatif 61. Dans ce cas, l'indicatif ne correspond pas à la troisième levée spéciale ; la lettre a été postée après la levée ordinaire de 5 heures 45, et ramassée avec la première levée spéciale de 6 heures 15, pour n'être dirigée vers l'ambulant de Clermont qu'après 7 heures du soir.

Ci-dessous, un exemple un peu plus tardif, datant d'après la période de l'étoile et chiffre.

Limites d'heures pour les départs du soir (1876) :
- 6 heures 30, Marseille ;
- 7 heures, Lyon, Besançon, Auxerre, St-Etienne, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Bayonne, Agen, Périgueux, Toulouse, Perpignan, Nantes, La Rochelle, Quimper, Vierzon, Bourges, Châteaudun.

Lettre du 8/04/1878 pour Avignon, partie par l'ambulant Paris à Lyon (puis Lyon à Marseille), portant l'indicatif 6.2, pouvant correspondre à la deuxième levée spéciale.


 
Fraction de levée sans concordance
avec le départ de l'ambulant suivant

Nous avons vu plus haut qu'il pouvait se présenter des cas dans lesquels la destination des lettres portant un numéro de fraction de levée ne correspondait pas avec la destination du bureau ambulant quittant la gare voisine immédiatement après l'heure de cette fraction de levée.

Ainsi cette lettre, jetée à la boîte au bureau du boulevard Beaumarchais le 3 novembre 1869 après la sixième levée ordinaire, a été ramassée lors de la seconde levée spéciale. Cette seconde levée correspondait au départ des ambulants pour Limoges, Périgueux, Toulouse et Cette. Il est probable, voire certain, que notre lettre a été mise de côté, en attendant d'être jointe au produit de la troisième levée spéciale destinée au bureau ambulant de Lyon. En témoignent les timbres apposés au dos, celui de l'ambulant en question ayant circulé la nuit suivante, ainsi que celui du bureau de destination, qui a délivré la lettre au cours de sa première distribution du lendemain.


Il est également possible de rencontrer le cas où une lettre, jetée dans la boîte d'un bureau après la levée ordinaire, n'est pas destinée à un ambulant partant de la gare voisine de ce bureau. Elle est alors traitée comme une lettre "Après le départ".

Ici, la lettre est jetée à la boîte au bureau de la gare du Nord le 9 septembre 1879 après la septième levée ordinaire, elle a été levée lors de la première levée spéciale, dont le produit est théoriquement destiné à l'ambulant de Calais et l'Angleterre. La gare du Nord ne recevait pas d'ambulant au départ desservant Château-Thierry. La lettre a donc été mise de côté, avant d'être jointe au produit de la huitième levée ordinaire. Lors du tri, elle a été mise en dépêche adressée au bureau ambulant Paris à Epernay, partant le lendemain matin de la gare de l'Est. Au dos figure le timbre de cet ambulant, ainsi que celui du bureau de destination, qui a délivré la lettre seulement au cours de sa troisième distribution du lendemain.


On peut noter que ce système induisait une situation paradoxale dans les bureaux situés près des gares et proposant en même temps le service des levées exceptionnelles payantes. Le bureau 12 (Bd Beaumarchais), par exemple, est dans ce cas : la levée était sans surtaxe jusqu'à 5 heures 45, puis surtaxée entre 5 heures 45 et 6 heures 15 dans le cadre des levées exceptionnelles, mais pas dans celui de la première levée spéciale pour Marseille, et à nouveau sans surtaxe jusqu’à l'heure de la dernière levée spéciale de 7 heures du soir, pour les lettres destinées aux bureaux ambulants partant de la gare du P.L.M. Les lettres levées après cette dernière limite, ou à destination d'autres ambulants, étaient remises aux départs du lendemain.

Selon l'almanach impérial de 1868, il n'existait pas de boîtes particulières, dans ce bureau, pour les levées exceptionnelles surtaxées, et semble-t'il, pas non plus pour les levées spéciales. Ainsi, une lettre pour Marseille, jetée sans taxe supplémentaire dans la boîte du bureau 12 à 6 heures 5 du soir, levée à 6 heures 15, et destinée à un bureau ambulant en gare du P.L.M., devait, normalemement, être traitée sans discrimination avec les lettres surtaxées à 40 centimes, dirigées, elles, vers d'autres gares et adressées à d'autres ambulants que celui de Marseille.

Bureau 30, boulevard Mazas
Trois horaires de levées spéciales, à partir de 1864, pourraient correspondre à des fractions de levée.

Limites d'heures pour les départs du soir (1868) :
- 6 heures 45, Marseille ;
- 7 heures 30, Lyon, Besançon, St-Etienne, Clermont-Ferrand ;
- 8 heures 30, Auxerre.

Lettre pour Vergisson (près Mâcon) du 23/12/1869, portant l'indicatif 61, partie par l'ambulant de Marseille, pouvant correspondre à la première levée spéciale.

Lettre du 02/04/70 pour Carpentras, partie par l'ambulant Paris à Marseille du soir même, portant l'indicatif 61, pouvant correspondre à la première levée spéciale.

Lettre pour Lyon du 10/08/1870, portant l'indicatif 62, pouvant correspondre à la deuxième levée spéciale.

Limites d'heures pour les départs du soir (1876) :
- 7 heures, Marseille ;
- 7 heures 45, Lyon, Besançon ;
- 8 heures, St-Etienne, Clermont-Ferrand ;
- 8 heures 30, Auxerre.


Paris, enveloppe du P.L.M., 23 septembre 1876, fraction de levée 6.2
A destination du département du Rhône - Au dos, ambulant de nuit PARIS A LYON 23 SEPT. 76

Bureau de banlieue de la rue de Bercy
Ce bureau, situé entre les gares d'Orléans et du P.L.M., est le seul bureau de banlieue à avoir bénéficié, à cette époque, d'une (et d'une seule) levée spéciale. Elle avait lieu à 5 heures 45 du soir, alors que la sixième levée ordinaire avait lieu à 5 heures. Le départ du bureau ambulant pour Toulouse avait lieu peu après 7 heures 35, heure de levée de la boîte de la gare d'Orléans.

Lettre du 11/06/72 pour Sallèles d'Aude, partie par l'ambulant Paris à Toulouse du soir même, portant l'indicatif 61, pouvant correspondre à la première, et unique, levée spéciale.

Lettre pour l'Orne du 25/04/1872, portant l'indicatif 61, partie le soir même par le bureau ambulant pour Granville. Ce bureau partait de la gare Montparnasse peu après 8 heures et demie du soir. La gare Montparnasse n'est pas à proximité immédiate de la rue de Bercy, mais le délai de près de deux heures entre la levée et le départ était sans doute suffisant pour permettre la transmission des courriers retardataires - cette lettre semble le prouver.


 
De l'intérêt pratique du système ...

Monsieur Gaillard, qui tenait son négoce au 21 de la rue du Bouloi, à Paris, avait probablement pour habitude de travailler tard, et il tenait certainement aussi à ce que ses missives commerciales parviennent à destination dans les plus brefs délais. La rue du Bouloi était située à proximité immédiate de l'Hôtel-des-Postes, rue J.-J. Rousseau. Pour correspondre avec son collègue de Lure, en Haute-Saône, par l'intermédiaire du bureau ambulant de Paris à Belfort, il pouvait y poster ses lettres en port dû avant la levée de 6 heures du soir. Il avait aussi la possibilité de prolonger le délai d'expédition jusqu'à 6 heures et quart en postant sa lettre dans la boîte spéciale des levées exceptionnelles, moyennant un affranchissement à 45 centimes, ou jusqu'à 6 heures et demie moyennant un affranchissement à 65 centimes, ou encore jusqu'à 7 heures du soir, moyennant un affranchissement à 85 centimes.
Mais Monsieur Gaillard était probablement aussi un commerçant économe, calculant sa dépense au plus juste, et il avait compris tout l'avantage qu'il pouvait tirer des levées spéciales effectuées au bureau de poste de la rue de Strasbourg, à quelques rues de là. En envoyant un commis y poster son courrier avant la levée de 7 heures 50, il profitait de trois avantages conjugués : il pouvait fermer son courrier très tardivement, il pouvait l'envoyer en port dû, et sa lettre était délivrée au destinataire à la première distribution du lendemain.

La lettre porte donc le timbre à date de la seconde levée spéciale effectuée par le bureau de la rue de Strasbourg après la sixième levée ordinaire, le 4 août 1876. Elle est taxée à 40 centimes, tarif de port dû de la lettre de 15 grammes depuis le 1er janvier 1876. Elle a été confiée, en gare de l'Est, au bureau ambulant circulant de nuit entre Paris et Belfort, à destination du bureau de Lure, lequel l'a remise à son destinataire lors de la distribution du lendemain matin.


Utilisation des timbres avec fraction de levée après la période de l'étoile et chiffres

L'usage des levées spéciales, ainsi que celui des timbres avec fraction de levée, s'est poursuivi après la fin de la période de l'étoile et chiffres, et l'on trouve des timbres avec fraction dans d'autres bureaux parisiens.

Ainsi au départ de la gare de l'Est :

Bureau 14, rue de Strasbourg

Limites d'heures pour les départs du soir (1876) :
- 7 heures 35, Avricourt ;
- 7 heures 50, Belfort.

Lettre pour l'Alsace allemande du 26/12/1877, partie par l'ambulant Paris à Avricourt, portant l'indicatif 6.1, pouvant correspondre à la première levée spéciale.

Lettre pour Lure (Haute-Saône) du 04/08/1876, partie par l'ambulant Paris à Belfort du soir même, portant l'indicatif 6.2, correspondant à la deuxième levée spéciale.

Après 1878, une nouvelle levée ordinaire s’intercale, à 4 heures 45, après la cinquième levée, et qui devient sixième levée. Ce n'est alors plus la sixième, mais la septième levée du soir qui est concernée par les levées spéciales.

Limites d'heures pour les départs du soir (1887) :
- 7 heures 55, Avricourt et Châlons ;
- 8 heures 45, Belfort et Troyes.

Lettre pour Arcis-sur-Aube du 30/09/1887, portant l'indicatif 7.1, partie le soir même par l'ambulant de nuit Paris à Troyes. Elle a été postée après 5 heures 45 (7ème levée ordinaire) et levée à 7 heures 55, pour être dirigée vers l'ambulant de Troyes avec les correspondances de la levée spéciale suivante. Elle a été délivrée à son destinataire lors de la première distribution du lendemain matin.

Limites d'heures pour les départs du soir (1891) :
- 8 heures 10, Avricourt et Châlons ;
- 9 heures 05, Belfort et Troyes.

Lettre pour Gènes du 23/11/1891, via la Suisse, partie par l'ambulant Paris à Belfort, portant la fraction 7\1. Cette lettre a été postée après 5 heures 30, levée à 8 heures 10, et dirigée vers l'ambulant de Belfort avec les correspondances de la levée spéciale suivante.

Lettre pour Wohlen (Suisse) du 26/11/1893, partie par l'ambulant Paris à Belfort, portant la fraction 7\2, correspondant à la seconde levée spéciale.

Bureau 26, Gare-du-Nord

Lettre pour l'Alsace allemande du 3/10/1876, portant la fraction 6.2, sans marque au verso. La Gare du Nord n'étant pas la voie normale pour l'Alsace, la lettre a transité par la Gare de l'Est pour être remise au départ du lendemain.

Au départ de la gare du Nord, l'ordre des départs a été modifié à plusieurs reprises :

Limites d'heures pour les départs du soir (1887) :
- 7 heures 35, Calais ;
- 7 heures 40, Givet ;
- 7 heures 50, Erquelines et Tergnier ;
- 8 heures 05, Lille et Valenciennes.

Limites d'heures pour les départs du soir (après 1891) :
- 7 heures 55, Erquelines et Tergnier ;
- 8 heures 15, Calais, Lille et Valenciennes ;
- 8 heures 25, Givet.

Lettre pour Düsseldorf, du 23/04/1887, portant l'indicatif 7.1 et lettre pour Leipzig, du 26/10/1892, portant la fraction 7/2.

Le courrier à destination de l'Allemagne pouvant circuler soit par Erquelines (éventuellement via Valenciennes), soit par Givet, il est difficile d'en déterminer le parcours, en l'absence d'un timbre à date de bureau ambulant.

Il existe également des lettres de Paris pour Paris portant un timbre à date avec fraction de levée :

Lettre pour Paris du 22/07/1876, portant la fraction 6.2. La dernière distribution de 7 heures 30 concerne les lettres ramassées entre 5 heures (sixième levée ordinaire) et 6 heures 50, mais avant la dernière levée de 7 heures 20, dont les lettres ne sont distribuées que le lendemain. Cette lettre, déposée après la sixième levée, à donc pu être distribuée le soir même.

L’usage des timbres à date avec indication du numéro de levée cessera en 1899, celui-ci étant remplacé par l’indication de l’heure de levée. De même, le service des levées spéciales a disparu avant 1900.

N. B. : on peut noter l'existence en province de timbres à date avec fraction de levée :


Lettre pour Malaga du 17/10/1872, portant la fraction 61.


Lettre pour Montpellier du 14/10/1872, portant la fraction 7/1

Voir également la vente Cérès, décembre 2003, n° 676, une lettre de Bordeaux (15/11/1873) pour Athènes présentant la fraction de levée 61.

REMERCIEMENTS

Un grand merci à B. P. pour la communication de ses scans, et pour l'ensemble de ses judicieuses observations. Il se trouve, de facto, associé à cette étude.

BIBLIOGRAPHIE

Almanach impérial, Années 1855 à 1870, Paris, Berger-Levrault et fils.
Almanach républicain, Années 1871 à 1898, Paris, Berger-Levrault et fils.
Belloc A., Les postes françaises, Paris, Firmin-Didot, 1886.
Rochette A., Paris, bureaux de quartier, étoiles avec chiffres, Paris, à compte d’auteur, 1964
Goubin L., Les levées exceptionnelles, Documents Philatéliques, Paris, Académie de Philatélie, 1970, n°43, p.34.
Lux. P., Les levées exceptionnelles, Documents Philatéliques, Paris, Académie de Philatélie, 1986, n°108, p.31 & 1991, n°129, p.9.
Delwaulle J.-C., Les bureaux de quartier de Paris, Période de l’étoile, Paris, Académie de philatélie, 1999.
Estel J.-F., Une levée supplémentaire en 1876, Feuilles Marcophiles 346-3, 2011.



Feuilles marcophiles - Publication de l'Union Marcophile
n°346 - 3ème trimestre 2011



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