L'Aéromaritime est née à l'initiative de la compagnie de navigation des Chargeurs réunis, désireuse de constituer un réseau aérien en Afrique. Ses efforts vont se porter sur la région côtière située entre Dakar et Pointe-Noire, encore vierge de tout trafic aérien, et où elle possède déjà de puissantes infrastructures. Une Convention signée le 23 mars 1935 avec les ministère français de l'Air et des PTT engage les Chargeurs réunis à effectuer une liaison hebdomadaire de près de cinq mille kilomètres entre Dakar (Sénégal) et Pointe-Noire (Moyen Congo) avec escales à Ziguinchor (Sénégal), Conakry (Guinée), Abidjan (Côte d'Ivoire), Cotonou (Dahomey), Douala (Cameroun), Port-Gentil (Gabon) et retour, la durée totale du voyage ne doit pas, en principe, excéder cinq jours. La ligne est en correspondance, à Dakar, avec celle d'Air France vers l'Amérique du Sud, le Maroc et la France.

     Dès le mois de juillet 1935, une liaison intérieure est mise en service entre Cotonou et Niamey, afin de rattacher la future ligne côtière de l'Aéromaritime au réseau d'Air Afrique, en direction d'Alger et de la France.


Lomé pour Paris le 30 mai 1936.
Taxe franco-coloniale 50 centimes pour 20 grammes, surtaxe aérienne 2 francs pour 5 grammes.

     Le 24  décembre 1936 un Sikorsky S43, appareil amphibie de fabrication américaine, effectue la première liaison postale entre Dakar et Conakry. Le 1er mars 1937, le tronçon Dakar-Cotonou est ouvert à l'exploitation (Phare du Dahomey, 18 février 1937), puis la ligne est rapidemement prolongée vers Pointe Noire, le parcours côtier complet étant inauguré le 17 mai 1937 (Phare du Dahomey, 27 mai 1937).

     La conclusion de l'Armistice de 1940 amènera la cessation de la quasi totalité des activités de l'Aéromaritime, qui disparaitra à l'automne 1945, fondue dans le Réseau des Lignes aériennes françaises.


La France en 1945 - Documentation française

Les surtaxes aériennes de ou pour l'A.O.F.

     Les lettres transportées par avion de France pour les colonies françaises d'Afrique occidentale et le Togo supportent, en plus des taxes intérieures ordinaires, une surtaxe pour le transport aérien s'élevant, depuis septembre 1935, à deux francs par cinq grammes, puis à deux francs cinquante par cinq grammes dès le 1er septembre 1938, sauf pour le Sénégal qui conserve l'ancien tarif. Depuis les colonies d'A.O.F. et le Togo, les lettres supportent, en plus des taxes franco-coloniales ordinaires, une surtaxe pour le transport aérien s'élevant, depuis 1935, à deux francs par cinq grammes par la voie d'Air Afrique, appliquée à la voie côtière à partir de mars 1937, puis à deux francs cinquante par cinq grammes dès le 1er novembre 1938, sauf depuis le Sénégal.

Sénégal


Bordeaux (Gironde) pour Ziguinchor le 17 juillet 1937. Taxe intérieure 65 centimes pour 20 grammes,
surtaxe aérienne 2 francs pour 5 grammes.


Ziguinchor pour Montgeron (Seine & Oise) le 1er avril 1938.
Taxe franco-coloniale 65 centimes pour 20 grammes, surtaxe aérienne 2 francs pour 5 grammes.

Guinée


Conakry pour Grenoble (Isère) le 17 novembre 1938. Taxe franco-coloniale 65 centimes pour 20 grammes,
recommandation 1,50 franc (l'augmentation du tarif métroplolitain du 17 novembre, date de cette lettre,
n'est appliquée que le 1er janvier 1939 aux colonies). Surtaxe aérienne 5 francs pour deux fois 5 grammes.


Brest (Finistère) pour Kindia le 30 décembre 1938.
Taxe intérieure 90 centimes pour 20 grammes, surtaxe aérienne 2,50 francs pour 5 grammes.

Côte d'Ivoire


Perpignan (Pyrénées-Orientales) pour Bobo-Dioulasso le 31 mars 1937.
Taxe intérieure 50 centimes pour 20 grammes, surtaxe aérienne 2 francs pour 5 grammes.


Bouaflé pour Paris (Seine) le 29 juillet 1937.
Taxe franco-coloniale 50 centimes pour 20 grammes, surtaxe aérienne 2 francs pour 5 grammes.
(l'augmentation du tarif métroplolitain du 12 juillet n'est appliquée que le 1er août aux colonies).

Dahomey


Porto-Novo pour Savigny-les-Beaune (Côte-d'Or) le 4 décembre 1939.
Taxe franco-coloniale 90 centimes pour 20 grammes, surtaxe aérienne 2,50 francs pour 5 grammes.


Kandi pour Lyon (Rhône) le 25 avril 1940.
Taxe franco-coloniale 1 franc pour 20 grammes, surtaxe aérienne 2,50 francs pour 5 grammes.


Marseille pour Cotonou le 20 novembre 1940.
Taxe intérieure 1 franc pour 20 grammes, surtaxe aérienne 2,50 francs pour 5 grammes.

Les surtaxes aériennes de ou pour l'A.E.F.

     Les lettres transportées par avion de France pour les colonies françaises d'Afrique équatoriale et le Cameroun supportent, en plus des taxes intérieures ordinaires, une surtaxe pour le transport aérien s'élevant, depuis septembre 1935, à deux francs par cinq grammes, puis à trois francs par cinq grammes le 13 août 1938. Depuis les colonies d'A.E.F. et le Cameroun, les lettres supportent, en plus des taxes franco-coloniales ordinaires, une surtaxe pour le transport aérien s'élevant, depuis 1935, à deux francs par cinq grammes par la voie d'Air Afrique, tarif appliqué à la voie côtière à partir du 17 mai 1937, puis à trois francs par cinq grammes le 15 septembre 1938 (le 10 octobre depuis le Cameroun).

Cameroun


Novalaise (Savoie) pour Douala le 22 juin 1940.
Taxe intérieure 1 franc pour 20 grammes, surtaxe aérienne 6 francs pour deux fois 5 grammes.


Mabalmayo pour Paris (Seine) le 2 mars 1940.
Taxe franco-coloniale 1 franc pour 20 grammes, surtaxe aérienne 3 francs pour 5 grammes.

Gabon


Port-Gentil pour Bordeaux (Gironde) le 19 octobre 1938.
Taxe franco-coloniale 65 centimes pour 20 grammes, surtaxe aérienne 3 francs pour 5 grammes.

Moyen-Congo


Pointe-Noire pour Maurs (Cantal) le 23 février 1939.
Taxe franco-coloniale 90 centimes pour 20 grammes, surtaxe aérienne 3 francs pour 5 grammes.

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Biblio : R. E. Picirilli, Postal and Airmail Rates in France & Colonies 1920-1945, F. & C. P. S. (G.B.) 2011

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