Les losanges du bureau ambulant ordinaire

Clermont-Ferrand à Paris

1854/1876

Jusqu'en janvier 1845, le courrier échangé entre Paris et Clermont-Ferrand est transporté par malle-poste, suivant la route n°85 par Fontainebleau, Montargis, Briare et Nevers (malle-poste de première section de Paris à Saint-Etienne), puis empruntant, à Moulins, la route n°44 jusqu'à Clermont (malle-poste de deuxième section de Moulins à Montpellier).

L'achèvement de la voie ferrée entre Paris et Orléans, en février 1845, puis l'ouverture de nouveaux tronçons vers Bourges (1847), Nevers (1850) et Moulins (1853) va sonner le glas de l'ancien service des malles (cliquez sur la carte pour voir le développement de la ligne de chemin de fer).


D'une décision ministérielle du 8 août 1854 découle l'organisation du service des bureaux de poste ambulants sur neuf grandes lignes ferroviaires, dont celle du Centre. Le 11 décembre 1854 est inauguré le bureau Paris à Clermont-Ferrand 2° et retour, service ordinaire. En l'occurence, l'administration a pris un peu d'avance sur ce qui existe réellement : d'une part, la ligne s'arrête effectivement à Varennes-sur-Allier, la suite du trajet se faisant en malle jusqu'à Clermont, et d'autre part, le bureau Paris à Clermont-Ferrand 1° n'existe pas encore.

Les agents sont dotés de losanges oblitérants portant les initiales de la ligne en caractères bâton (PCf2° et CfP2°), et de timbres à date comportant, dans la couronne, la désignation de la ligne et une lettre indiquant leur brigade d'appartenance (A, B, C, D & E).


La voie ferrée, et le bureau ambulant, atteignent la métropole auvergnate le 7 mai 1855. Le 20 février 1856 est créé le bureau supplémentaire Paris à Clermont-Ferrand 1° et retour. Il est doté de losanges oblitrants à ses initiales (PCf1° et CfP1°), et de timbres à date dont l'octogone intérieur caractérise le service supplémentaire. Ce bureau est servi par quatre brigades (F, G, H & J). A partir de 1859, le terminus de la ligne supplémentaire est ramené à Saint-Germain-des-Fossés.

A partir du 21 septembre 1861, la ligne rejoint directement Nevers par Moret et Montargis.


CfP 1° ou CfP 2° ?

Lettre écrite à Moulins le 29 mai 1858, levée par l'ambulant Clermont à Paris. La suscription porte le timbre à date CLERMONT A PARIS 2° E, le timbre-poste est annulé par le losange CfP 1°. Au dos, ambulant Paris à Bordeaux supplémentaire de jour du 30 mai, arrivée Angers le 30 mai. La question est évidemment : comment la conjonction de ces deux marques est-elle possible ? La réponse, je ne l'ai pas. Si jamais quelqu'un ...


Le 15 novembre 1863, le bureau Paris à Clermont-Ferrand 1° est renommé Paris à Saint-Germain-des-Fossés, limité à Moulins. Le changement de nom du bureau supplémentaire entraine la modification de celui du bureau ordinaire, qui devient Paris à Clermont-Ferrand. Par mesure d'économie, le matériel postal existant est modifié par la suppression du numéro du bureau, ce qui déséquilibre nettement sa composition.


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Le matériel créé aprés cette date portera, quant à lui, les nouveaux intitulés, et il sera mis en service conjointement au matériel modifié.


A l'usage, les timbres oblitérants losange CfP, utilisés par les différentes brigades, et dont on a échoppé le , se détériorent prématurément.

La lettre f disparaît la première ...

... suivie par la lettre C.


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A la fin, seul subsistera le P, jusqu'à la suppression générale des timbres oblitérants losange à la fin de mars 1876. A partir de cette date, le timbre-poste devra être annulé à l'aide du timbre à date du bureau ambulant.


CfP sur Paris à Lyon


coll. D. Quetin

Lettre datée de Paris le 16 mai 1871, timbre commercial de W. Bateman, négociant en laines, 25 rue Thévenot. Affranchissement oblitéré par le losange CfP, suscription timbrée par le dateur du bureau ambulant Paris à Lyon, service ordinaire, brigade D, 17 mai 1871, reçue à Lyon le 19 mai.

Comment expliquer une telle combinaison ? Si l'on se réfère à la cote relativement modeste du catalogue Pothion, il pourrait s'agir d'une oblitération effectuée de manière ordinaire, plutôt qu'accidentelle, même si elle a pu l'être sur une période assez courte. Considérant la date, j'avais dans un premier temps pensé qu'à la fin de la guerre franco-allemande, le service des bureaux ambulants étant interrompu au sud de Paris, en particulier en Bourgogne par où passe la ligne de Paris à Lyon, et les dépêches de Paris pour les départements passant par le centre d'échange d' Orléans (Bulletin mensuel des postes, février 1871), il ait été possible qu'il y ait eu un échange de matériel postal entre les diverses brigades de bureaux ambulants, alors regroupées sur le même itinéraire, et compte-tenu de la désorganisation générale due au conflit.

Mais notre camarade Bruno Chabrolin m'a fait fort judicieusement remarquer que des exemples antérieurs existent, ce qui ruine définitivement mon hypothèse. Je n'ai donc pas d'explication pour ces curieuses combinaisons.


G. Maggay, Marcophilie.org


Le 16 juin 1864, des bureaux de passe sont ouverts à La Charité-sur-Loire, Nevers et Moulins. Ce sont des bureaux sédentaires de tri, non accessibles au public, travaillant, de nuit, en correspondance avec les bureaux de la ligne Paris à Clermont. Ils reçoivent, en passe, les correspondances provenant d'un ambulant, et les réexpédient vers leur destination par un autre ambulant.

2565 Moulins

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Sources :
Guide du voyageur en France, contenant les relais de poste, Girault de St-Fargeau, Firmin Didot-Frères, Paris, 1842.
Atlas des chemins de fer français, A. Joanne, L. Hachette & Cie, Paris, 1859.
Au début des chemins de fer, P. Lux, Documents philatéliques n°104, Académie de Philatélie, Paris, 1985.
Avatars d'un cachet ambulant, L'Echo de la Timbrologie, Juillet-Août 1990.
Les bureaux de passe, J.-P. Mayeur, Documents philatéliques n°127, Académie de Philatélie, Paris, 1991.
La poste ferroviaire de ses débuts à 1870, P. Lux, Académie de Philatélie, 1992.
http://www.davidrumsey.com/


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