Un aperçu des postes
dans la Généralité de Riom
aux XVIIe & XVIIIe siècles


 

          Si le roi Louis XI n'est pas, comme on l'a longtemps affirmé, l'initiateur de la poste en France (l'édit de 1464 ne serait qu'un vulgaire faux, établi deux-cents ans plus tard pour servir les intérêts d'un surintendant des postes), il est tout de même probablement à l'origine de la création des relais de la poste aux chevaux, et les chevaucheurs tenant la poste deviendront plus tard maîtres des postes, fournissant les montures aux courriers du roi et gérant les relais.

          En 1603 (ou 1604 [1]), Fouquet de la Varane, contrôleur général des postes, obtient du bon roi Henry IV la concession des produits de la poste, moyennant le versement au Trésor d'une somme conséquente, assortie du droit accordé aux particuliers de confier leurs lettres aux courriers royaux : il en découlera l'organisation de la poste en tant que service devenu accessible au public. Le contrôleur général a autorité sur les maîtres des postes qui détiennent les chevaux, sur les courriers qui transportent les lettres et sur les commis qui assurent le service, et en particulier la perception des taxes, dont le produit doit revenir au contrôleur. Les premiers bureaux sont établis à partir de 1622. Les départs des courriers s'établissent à date fixe et en 1627, le premier tarif de la poste aux lettres est publié, œuvre de Pierre d'Almeras, conseiller du Roi et Général des Postes et Relais de France.

          Les offices de contrôleurs généraux ayant été remplacé en janvier 1630 par ceux de surintendants généraux des postes, des offices héréditaires de maîtres des courriers sont créés par un édit du mois de mai de la même année [2], dont certains sont nommés conseillers contrôleurs provinciaux des postes ayant autorité chacun dans une généralité [3]. C'est ainsi que des offices de contrôleurs provinciaux maîtres des courriers sont attribués dans la Généralité de Riom, laquelle regroupe la Basse Auvergne (approximativement l'actuel département du Puy-de-Dôme, plus le brivadois) et la Haute Auvergne (l'actuel Cantal).

          L'édit de 1630 enjoint aux contrôleurs, entre autres choses, d'établir des bureaux de dépêches dans toutes les villes, bourgs ou bourgades situés sur la route des courriers, chaque fois que le bien de la commodité publique pourra le requérir. Ces officines seront confiées à des commis, dans le cas des bureaux en titre installés dans les villes les plus importantes, ou à des distributeurs, lorsqu'il ne s'agira que d'un simple dépôt situé dans une bourgade. Ces distributions, qui ne sont pas des bureaux de poste, à l'inverse de celles du XIXe siècle, sont installées chez un habitant, notable ou commerçant, chez qui un piéton venu du bureau principal vient déposer les lettres qu'il n'a pas distribuées en chemin, et où elles peuvent être prises par leur destinataire, les lettres au départ prenant le chemin inverse. Ces distributions peuvent aussi être installées dans les relais, le maître des postes servant de distributeur. Un service de messagers royaux, créé en 1576, transporte entre autres choses les lettres des particuliers, une liaison hebdomadaire existant au XVIe siècle entre Paris et l'Auvergne. Dans les limites de la province, les lettres peuvent aussi voyager par des messageries locales, le messager étant alors payé par les municipalités de la route, donc par les habitants eux-mêmes. Ces messageries locales sont certainement nombreuses et anciennes : il y aurait ainsi eu de tout temps un messager entre Allanche, petit bourg de la Haute-Auvergne, et Saint-Flour, selon un texte de 1786 (Nougaret, note 1). Enfin, bon nombre de lettres sont occasionnellement portées par des domestiques ou par des messagers de circonstance.

          Routes de poste et messageries en Auvergne avant 1672

          La première carte que l'on connaisse détaillant le parcours des routes de poste en France est celle de Nicolas Sanson, et elle date de 1632 [4]. Trois routes de poste pénétrent alors en Auvergne : celle menant d'Orléans à Clermont, rejointe à Aigueperse par un prolongement de la route de Paris à Lyon, celle reliant Lyon à Limoges en passant par Clermont, et celle allant de Lyon à Toulouse en passant par Saint-Flour. Cette carte ne distingue malheureusement pas les relais de chevaux des bureaux de poste, mais ces derniers sont très rares en Auvergne au XVIe siècle. L'existence d'un bureau à Clermont est probable dès 1630 [5], et peut-être un autre exista t'il dès cette date ou peu après à Riom, siège de la Généralité.

          Un Cathalogue général des postes de France, document manuscrit joint à l'Estat des généralitez que Sa Majesté impose par année pour les gaiges des officiers et maistres particuliers des Postes établi pour 1636 [6], dresse la liste complète des routes et des relais de poste, conforme à celle relevée quatre ans plus tôt par le cartographe d'Abbeville. La route d'Orléans à Clermont entre en Auvergne par le nord, passe par les relais d'Aigueperse et de Riom pour aboutir à Clermont.


N. Sanson - 1632

Salmon - 1643

          La route de Lyon à Limoges quitte le Forez à La Pau et traverse le nord de l'Auvergne d'est en ouest. Elle passe d'abord par les relais de Thiers et de Lezoux, puis après Clermont, elle continue vers ceux de Pontgibaud et Pontaumur, et quitte l'Auvergne passé un relais nommé Angie sur la carte de Sanson, ou Agy dans le catalogue de 1636. Ce point mal identifié est très probablement Saint-Avit d'Auvergne. Au sud-est, la route de Lyon à Toulouse, sortie du Velay après Craponne, entre en Auvergne par le relais de poste de Saint-Badel (Sembadel), passe ensuite par ceux de Pontargue (probablement Paulhaguet), La Volte (Lavoûte-Chilhac) et La Rousure (La Ronzière) pour arriver à Saint-Flour. Elle quitte ensuite l'Auvergne par le sud, à La Nau (Lanau), et entre en Rouergue à La Cain (Lacalm).

          Une carte de routes de poste, attribuée à un certain Salmon [7], et datant de 1643, reprend globalement le schéma de celle de 1632, à quelques détails orthographiques près. L'organisation de la route venant d'Orléans, ou de Paris, ne change pas, et elle restera la même jusqu'après la Révolution. Celle de Lyon à Toulouse non plus. Sur la route de Lyon à Limoges, on constate la disparition du relais d'Angie, et l'apparition d'un autre dénommé Le Chier, lequel est un hameau du Franc Alleu [8], situé à l'est de Crocq, qui aura bientôt son relais de poste.

          En 1644, un nouveau tarif des postes [9] enjoint aux maîtres des courriers de Clermont-Ferrand et de Riom de prendre quatre sols pour le port des lettres simples venant de Paris, ou à affranchir pour Paris. Pour les autres villes et bourgs auvergnats, la taxe est la même que celle du bureau le plus proche. Il pouvait y avoir une demi-douzaine de bureaux de poste en Auvergne dès cette époque, Riom, Clermont, Saint-Flour, Aurillac, Brioude, et peut-être aussi Thiers et Issoire, puis plus tard Aigueperse, villes qui auront toutes un bureau au XVIIe siècle.

          Une carte de France mise en lumière par N. Berey et datée de 1645 [10] propose une vue quelque peu différente de celle proposée par les autres cartes de l'époque. L'embranchement des routes venant de Paris et d'Orléans s'y fait à Riom, et pas à Aigueperse. Un relais anonyme figure entre Riom et Clermont. Le relais de Lezoux est remplacé par celui de Beauregard, un nouveau relais y est signalé à Pont-du-Château, à l'est de Clermont, que l'on retrouvera effectivement sur les cartes des années suivantes. Le relais de Pontgibaud n'y est pas mentionné, et la route vers Limoges semble emprunter, après Saint-Avit (orthographié S Aui), un itinéraire par Bellegarde qui ne sera pas confirmé par les cartes postérieures. Enfin, la route menant à Saint-Flour est balisée de manière approximative, les relais de Saint-Badel et Paulhaguet ne sont pas portés sur la carte, et ceux indiqués comme étant à La Chaise-Dieu, Albazat (Aubazat) ou Saint-Poncia (Saint-Poncy) ne seront pas repris par la suite. L'exactitude de cette carte est donc, semble t'il, sujette à caution.


A. Berey - 1645


J. Boisseau - 1645

          Une autre carte établie la même année par J. Boisseau [11] introduit deux itinéraires inédits par rapport aux schémas précédents. Si les tracés déjà connus en 1643 ne changent pas, en revanche deux nouvelles routes partent de Clermont, la première vers le sud-ouest en direction de la route de Paris à Toulouse, passant par Rochefort et Mauriac, et la seconde vers le sud pour rejoindre Saint-Flour en passant par Issoire et Brioude. On remarque qu'aucun relais de poste n'est représenté sur cet itinéraire (ils sont symbolisés sur la carte par une petite flêche noire, carte qui semble par ailleurs d'une exactitude géographique relative). Selon P. Nougaret, un bureau de poste est établi à Saint-Flour dès 1643 [12], terminus d'une route de poste venant de Clermont et comportant cinq relais à Vaire (Veyre), Issoire, Pont-de-Landes (Lempdes), Massiac et Vieille-Pesse (Vieillespesse). Il suppose l'ouverture d'un bureau à Brioude dès ces années-là, tandis que le bureau d'Issoire ouvrira dans le courant du XVIIe siècle, sans autres précisions, selon l'Encyclopédie des timbres-poste.


Clerville - 1642

          On peut remarquer que la relation de Saint-Flour avec Clermont est rendue assez compliquée par les conditions de relief, sans parler du climat : pour rejoindre Massiac, il faut franchir les pentes du col de la Fageole à plus de 1100 mètres d'altitude, puis entre le pied du col et la plaine de la Limagne se trouvent encore les gorges de l'Allagnon, étroites, encaissées et peu favorables à la circulation. La Carte générale des montagnes de la Haute-Auvergne du sieur de Clerville illustre spectaculairement cet état de fait, montrant au passage la situation des villages de La Ronzière, Pont-de-Léry, Vieillespesse ou La Fageole, qui abriteront un relais de poste sur le flanc oriental de la montagne à une époque ou à une autre. De l'autre côté du massif montagneux, au sud-ouest, la ville d'Aurillac rencontre le même problème. La relation avec Clermont ou avec la voisine Saint-Flour est des plus délicates. Ceci peut expliquer que les habitants d'Aurillac se soient d'abord tournés vers l'ouest lorsqu'il s'est agi d'entrer en correspondance régulière avec Paris. Depuis le XVIe siècle, une route postale est en effet ouverte entre Paris et Toulouse, comprenant des relais à Brive et à Uzerche, villes relativement peu éloignées d'Aurillac. Vers 1633, une distribution est établie à Aurillac, et des messagers font la navette vers Brive, pour porter le courrier de Paris. En 1640, le service vers la route de Toulouse s'établit entre Aurillac et Payrac en Quercy, puis en 1641 un messager aurillacois dessert Paris directement. En 1643, un maître de poste est installé à Tulle, entre Uzerche et Aurillac. Dans le même temps, Aurillac obtient un bureau de la poste aux lettres [13], et l'ouverture d'une route de poste passant par les relais de Saint-Paul-des-Landes, Montvert, Le Fossat, et ralliant Uzerche, et Paris, par Argentat et Tulle. On trouvera, dans des listes de poste beaucoup plus tardives (1775) l'indication que la route entre Uzerche et Aurillac n'est pas praticable pour les voitures, même les plus légères.


d'après Jaillot - 1715 (l'ouest est en haut)

          Il reste encore à citer une liaison importante, qui ne figure pas sur les cartes des routes de poste dans la Généralité de Riom : celle qui relie Aurillac et Mauriac aux villes du nord de la Généralité, voie indispensable pour les échanges épistolaires commerciaux et administratifs avec les pôles provinciaux que sont Clermont et Riom. C'est en 1669 qu'un service officiel de messagerie est instauré entre Aurillac et Clermont [14], pour le service du Roi, les gages du messager ordinaire étant payés par les consuls aurillacois. Au bout de quelques années, le messager étant mort sans avoir été remplacé, les habitants sont contraints d'envoyer exprès (c'est à dire une personne à leur charge) à Clermont ou Riom lorsqu'ils ont besoin de communiquer par écrit. La messagerie provinciale est alors reconduite en 1685, à l'initiative de l'Intendant d'Auvergne, avec une fréquence qui s'établira rapidement de huit jours en huit jours, passant par Saint-Cernin, Saint-Chamant, Saint-Martin-Valmeroux, Mauriac, Bort, Tauves, Saint-Sauves et Rochefort. Il ne s'agit pas là de relais de poste, puisqu'il n'y a pas de route de poste. Il y a un bureau de la messagerie à Mauriac, et des commis à Saint-Martin, Salers et Bort, dépendant de Mauriac. Tauves et Rochefort sont probablement des distributions, dépendant de Clermont. On peut remarquer que les lettres transportées ne sont pas taxées, ce qui ne rend ce service gratuit qu'en apparence, les messagers étant payés par les paroissiens des élections de Mauriac et d'Aurillac, dont la plus grande part ne sait d'ailleurs ni lire ni écrire.

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Notes
[1] En 1603 selon P. Nougaret (Histoire de la poste en Haute-Auvergne, Revue de la Haute-Auvergne, tome 33, octobre 1953). En 1604 selon P. Jaccottey (Traité de législation et d'exploitation postales, Paris, Dupont, 1891). [up]
[2] Edit de création de maîtres des courriers, n° 177, 1630, Recueil général des anciennes lois françaises, tome XVI, Paris, Belin-Leprieur, 1829. [up]
[3] Créées par un édit de 1542, les généralités sont des démarcations administratives d'ordre fiscal, à l'origine recettes générales des impôts. Leur importance administrative s'est étendue par la suite, sous le contrôle d'un intendant. [up]
[4] Carte géographique des postes qui traversent la France, éditeur Melchior Tavernier (Paris), 1832. [up]
[5] L'Encyclopédie des timbres-poste de France ne donne hélas pas la date de création des bureaux auvergnats avant 1700. [up]
[6] Site internet de la B.N.F. [up]
[7] Carte généralle des postes de France ainsy quelles sont à présent establies, éditeur M. Tavernier (Paris), 1645. [up]
[8] Partie de la Haute-Marche située autour de Bellegarde et Crocq, érigée en 1437 en circonscription indépendante des finances royales. [up]
[9] Réglement général [...] portant taxe [...] pour le port des lettres [...], 9 avril 1644. [up]
[10] Carte générale de la France, revueüe et augmentée sur celle de La Guillotière, N. Berey. [up]
[11] Tableau géographique des Gaules, Jean Boisseau, 1645. [up]
[12] Lettres d'établissement d'un bureau de poste datées du 12 juin 1643 sur la demande des consuls et de la prévôté de Saint-Flour, voir Nougaret (note 1). [up]
[13] Brevet de nomination du maître des postes d'Aurillac daté du 26 mars 1643, voir Nougaret (note 1). [up]
[14] Ordonnance du 10 avril 1669, signée Fortia, intendant d'Auvergne. Les sources concernant l'organisation des postes au sein de la Généralité de Riom proviennent, pour une grande part, des archives départementales du Cantal et du Puy-de-Dôme (série C). [up]

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          Du régime des offices à la Ferme des Postes

          Nous avons vu que les édits de janvier et mai 1630 avaient créé des offices de surintendants généraux des postes et d'autres de maîtres des courriers. Ces offices, vénaux et héréditaires, constituaient un moyen pratique pour remplir rapidement les caisses du Trésor. Vendus à des personnes aisées en échange de l'attribution d'une charge, ils leurs garantissaient une rente sous forme de gages, ainsi que des privilèges, exemptions et immunités, en particulier de nature fiscale. Pour augmenter encore les revenus de l'Etat, une charge pouvait être couverte par plusieurs offices. Ainsi, la charge de surintendant général des postes et celles des maîtres des courriers étaient couvertes par trois offices. L'office ancien permettait à son titulaire exercer au cours d'une première année, l'office alternatif permettait d'exercer l'année suivante, l'office triennal permettait d'exercer la troisième année, et ainsi de suite. Les gages étaient versés tant en exercice que hors d'iceluy. Lorsqu'ils en avaient les moyens, les officiers achetaient donc les trois offices d'une même charge, de façon à en garder le contrôle et le bénéfice total. Les offices constituaient un capital, qui pouvait être augmenté par l'achat au Trésor d'augmentations des gages (on avançait l'augmentation de ses émoluments, en quelque sorte, tout en valorisant son capital). Ils pouvaient être transmis par héritage, ou revendus à un tiers (en 1615, Fouquet de la Varane revendit ainsi ses offices de contrôleur général des postes à d'Almeras pour 350.000 livres, ce dernier ayant été remboursé de cette somme par le Trésor lors de la suppression de ses offices à la fin de 1629).


Edit portant création de trois offices de surintendants généraux des postes - 1630

          Très rapidement, ce système complexe et très décentralisé laissa entrevoir ses limites [15]. Selon les termes de l'édit de 1630, l'organisation matérielle du service, ainsi que le revenu de la taxe des lettres, devaient revenir aux maîtres des courriers, le rôle du surintendant étant limité à celui d'un superviseur. Des difficultés dues en particulier au manque d'autorité des maîtres des courriers sur les maîtres des postes entraînèrent de nombreux disfonctionnements. En 1632, les pouvoirs des maîtres des postes et des courriers furent réattribués au surintendant général, accompagnés des revenus des dépêches royales et publiques. Certains abus se multiplièrent cependant au cours des années suivantes, et en particulier l'augmentation illicite des taxes. Un édit de 1638 interdit aux maîtres des postes et à leurs commis, messagers et facteurs d'altérer les ports des lettres. Le pouvoir en vint à créer, par un édit de décembre 1643, de nouveaux offices de contrôleurs, peseurs et taxeurs de port des lettres et paquets dans tous les bureaux des postes et des messageries royales. La nomination de commissaires pour réglementer la taxation des lettres donna naissance en 1644 à un nouveau tarif postal relativement détaillé pour l'époque.

          D'autre part, la multiplication des offices et la cupidité des officiers amena à des situations inextricables, luttes sournoises pour le contrôle des relais, extorsions pratiquées sur les courriers, tentatives d'élimination des messageries, principalement celle de l'Université de Paris, falsifications des comptes et autres diverses malversations, tout ceci se faisant au détriment des usagers. Colbert, puis Louvois s'attaquèrent alors à l'assainissement du système, allant jusqu'à envoyer le surintendant Nouveau devant la Justice en 1662, pour escroquerie. Celui-ci devait décéder quelques mois après en laissant à ses créanciers un avoir de deux millions et demi de livres, témoignant de la bonne santé financière de ses affaires. En 1663, les offices de surintendant général des postes furent supprimés (mais pas la charge elle-même), ainsi que ceux de contrôleurs (dont les gages furent cependant encore versés pendant les dix années suivantes, pour remboursement de l'achat des offices) et les revenus des postes furent intégrés au domaine royal.

          Louvois, devenu surintendant des postes en 1668, prit une série de mesures pour rétablir le fonctionnement correct du service, en particulier pour ce qui touchait aux activités des maîtres des postes. En 1672, le service fut adjugé au sieur Lazare Patin, sous la forme d'un bail de quatre ans et sous la surveillance du surintendant général veillant à l'intérêt public. Les postes et messageries devenaient ainsi Ferme d'Etat. La Ferme des Postes exploitait le service à ses frais, en percevait le revenu, contre le paiement d'un loyer d'un peu plus de deux millions et demi de livres. Cette somme comprenait un million de livres destiné au remboursement des sommes restant dues aux maîtres des courriers. Une des premières mesures prises en faveur de la Ferme fut l'établissement du monopole du transport du courrier à son profit exclusif. Il est généralement admis qu'à partir de cette date, les postes connurent en France un fonctionnement régulier et un développement constant.


Arrêt du Conseil d'Etat du 7 décembre 1673

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Note
[15] Sur l'histoire de la poste au XVIIe siècle, Vaillé, Histoire générale des postes françaises, P.U.F. Visible sur Gallica, Belloc, Les postes françaises. Des Essarts, Dictionnaire universel de police, Tome Ier, Messageries, postes et voitures publiques du royaume, entre autres. [up]

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          Routes de poste et messageries en Auvergne après 1672

          En avril 1676, un nouveau tarif général pour le port des lettres est publié [16], comprenant l'addition de nombreuses destinations nouvelles depuis Paris ... sauf pour ce qui concerne l'Auvergne, puisque ne sont toujours citées que Clermont et Riom, comme dans le précédent tarif, et pour la même taxe de quatre sols par lettre simple. Pour les villes et bourgs situés au-delà de ces bureaux, une taxe supplémentaire de deux sols par lettre simple est requise jusqu'à vingt-cinq lieues de distance, trois sols pour soixante lieues, etc ... Une carte signée quelques années plus tard par le successeur de Sanson d'Abbeville, A.- H. Jaillot [17] nous renseigne sur la composition du réseau des routes de poste à la fin du XVIIe siècle. Si les relais de la route venant de Paris restent inchangés, ceux sur la route de Lyon à Limoges comportent deux modifications : on retrouve un relais à Pont-du-Château, déjà brièvement aperçu sur la carte de Bérey en 1645, et l'on en découvre un nouveau dénommé Rambaud situé à l'est de Thiers. Rambaud est en l'occurence un hameau faisant partie de l'actuelle commune de Viscomtat, laquelle n'existait pas à l'époque (partie de Celles-sur-Durolle). Au sud, on constate que la route passe désormais par le relais et bureau de poste de Brioude, et que le relais de Vieillespesse a été déplacé à Pont-de-Léry. La route d'Aurillac à Uzerche est inchangée. Enfin, il est curieux de noter que le cartographe fasse figurer une liaison directe entre Saint-Flour et Aurillac, pourtant séparées par le massif du Plomb du Cantal (reproduit trop au nord sur la carte). Il est très douteux qu'une route de poste régulière ait pu exister là à cette époque, pour des raisons de relief et de climat. Un relais aurait dû, au minimum, avoir été établi à Murat, étape obligée sur un chemin qui n'est, au mieux, praticable que la moitié de l'année. La Liste générale des postes de France publiée en 1707 dans l'Almanach Royal [18] évoquera une prolongation de la route de Limoges à Tulle vers Aurillac et Clermont, comprenant une étape de cinq postes entre Aurillac et Saint-Flour. Considérant que sur l'ensemble des routes d'Auvergne de l'époque, une seule étape (celle de Clermont à Pontgibaud) atteignait les deux postes, et que le maître des postes de Pontgibaud se plaindra par la suite de son excessive longueur, on peut certainement mettre en doute l'existence réelle d'une liaison régulière traversant le massif du Cantal en 1689. Une carte rigoureusement identique sera publiée en 1695.


A.-H. Jaillot - 1689

          A la fin du XVIIe siècle, les almanachs nous renseignent sur la fréquence des courriers partant de Paris vers les villes d'Auvergne, ainsi que sur le jour de départ des messagers réguliers. Pour la majorité des bureaux auvergnats, Aigueperse, Brioude, Clermont, Issoire, Riom, Saint-Flour et Thiers, il y a trois départs de courrier hebdomadaire, les lundi, mercredi et vendredi à minuit. Par la suite, la route de Saint-Flour ne recevra plus que deux courriers par semaine. Massiac, bien que n'étant pas, a priori, bureau de poste, figure néanmoins sur cette liste (jusqu'en 1712), peut-être parce que c'est un bourg relativement important, relais sur la route de poste. Le cas de Maringues est plus surprenant, qui n'est ni relais, ni bureau, qui dispose tout au plus d'une messagerie pour Riom, et qui semble recevoir tout de même trois ordinaires jusqu'en 1720. Un messager partant de Paris une fois par semaine dessert Aigueperse, Brioude, Clermont, Issoire, Riom, Saint-Flour, peut-être Massiac, mais très probablement ni Thiers, ni Maringues. La dernière ville auvergnate recevant un courrier de Paris est Aurillac, avec un ordinaire hebdomadaire, parti de la capitale le samedi à minuit. Un messager part de Paris une fois pas semaine et passant par Bourges, il dessert Aurillac et Mauriac. Si les messagers provinciaux circulaient à pied, du moins au début, les messagers de Paris se déplaçaient en voiture, transportant passagers et marchandises.


Almanach Royal - 1707
Les cinq postes d'Aurillac à St-Flour semblent
très excessives par rapport au reste de la liste

          En 1704, un nouveau tarif [19] énumère les taxes que les bureaux de poste auvergnats doivent faire figurer sur les lettres venant de Paris. Aigueperse, Brioude, Clermont, Issoire, Riom, Saint-Flour et Thiers doivent faire payer six sols pour distribuer une lettre simple venue par la route de Lyon, Aurillac six sols également pour une lettre simple venue par la route de Toulouse, La Liste générale des postes de France publiée en 1707 dans l'Almanach Royal montre la même organisation que celle de la carte de 1685, à ceci près que le relais de Rambaud y est nommé Ricornet-Rainbaut (Ricornet est un hameau de la paroisse de Celles), et que le relais de Pont-de-Landes a été déplacé à Charbonnier (Charbonnier-les-Mines). Comme nous l'avons vu, une improbable liaison Aurillac-Saint-Flour y figure toujours.


B. Jaillot - 1726

          En 1726, une carte publiée par le cartographe Bernard Jaillot [20], fils de l'auteur de la carte parue en 1689, rectifie l'approximation de son père en donnant une place plus réaliste au massif du Plomb du Cantal. Cela fait apparaître la difficulté d'une liaison directe entre Aurillac et Saint-Flour, dont le tracé ne figure plus sur la carte. Le reste du réseau est inchangé par rapport à la liste des routes de 1707. En 1731, une carte légèrement rectifiée illustre le déplacement du relais de Charbonnier vers Saint-Germain-Lembron, en raison de la mauvaise tenue de ses chevaux. En 1738, une nouvelle édition laisse voir la répparition du relais de Pont-de-Landes, désormais ortographié Pont-de-Lemps.


B. Jaillot - 1731/1738

          Les archives départementales du Puy-de-Dôme fournissent bon nombre de documents traitant de l'établissement ou de l'entretien de messageries provinciales dans le courant de la première moitié du XVIIIe siècle. En 1732, l'Intendant exprime son intention d'établir une messagerie entre Clermont et Arlanc, passant par Billom et Ambert. Un service direct sera établi entre Clermont et Ambert dès l'année suivante, deux marchands de cette ville s'engageant à en assurer le service. En 1737, un état des paroisses devant contribuer à l'imposition des gages du messager d'Ardes est réalisé, témoignant de l'installation d'une liaison avec Clermont. Ces messageries fonctionnent sur le modèle de celle d'Aurillac à Clermont, les lettres étant distribuées sans port, en dépit d'un arrêt du Conseil d'Etat du 30 mai 1730 faisant défense à tous messagers et à toutes sortes de personnes de porter aucune lettre, en vertu du monopole de la Ferme. Le messager transportait aussi des marchandises et rendait de nombreux services annexes en chemin. On trouve des messagers dans plusieurs autres communes auvergnates, par exemple à Courpière en 1731, ou à Maringues en 1747.

          La Liste générale des postes de France publiée en 1748 chez Jaillot laisse apparaître quelques modifications par rapport aux routes de la décennie précédente. On y constate la disparition du relais de Ricornet au profit de celui de Peubru, l'apparition d'un nouveau relais à Coudes et le retour du relais de Vieillespesse, modifications qui seront illustrées par la carte suivante.

          Publiée en 1751, cette carte est réalisée par Bernard-Antoine Jaillot [21], le fils et petit-fils des cartographes des décennies précédentes. La portion qui nous intéresse montre le tracé des limites de la généralité de Riom au milieu du siècle. On constate tout d'abord qu'Aigueperse n'en fait pas partie, puisque rattachée à la généralité de Moulins pour des raisons fiscales. A l'est, la limite avec la généralité de Lyon suit les crêtes des monts du Forez, l'entrée en Auvergne se faisant à Peubru, et non plus à La Pau. Le relais de Peubru est situé au carrefour des routes de Thiers, Noirétable et Saint-Just, sur ce qui serait aujourd'hui la commune de Chabreloche. Sur la route de Clermont à Saint-Flour, qui ne passe plus par Brioude, on trouve le nouveau relais de Coude (Coudes), entre Vaire (Veyre) et Issoire, et on constate le retour du relais de Pont-de-Léry à Vieillespece (Vieillespesse).

B.-A. Jaillot - 1751

          Le dictionnaire des postes, premier du genre, publié en 1754 par le sieur Guyot, employé des postes à Paris, ne nous apprend rien de nouveau par rapport à la situation du début du siècle. Il n'y a toujours que huit bureaux de poste en Auvergne, et l'ouvrage ne distingue ni les relais de poste, ni les distributions, se contentant d'indiquer le bureau de rattachement de chaque commune. La Liste des routes de poste de 1756 fait apparaître une dérivation partant de Pont-de-Lemps et menant au Puy par Brioude. Le cinquième et dernier tarif des postes de l'Ancien Régime, publié en 1759 [22], fixe à huit sols le port des lettres simples de Paris devant être distribuées par les sept bureaux auvergnats servis par la route de Lyon, et à huit sols également celui pour Aurillac par la route de Toulouse. Au-delà de ces bureaux, les lettres simples supportent quatre sols supplémentaires pour vingt lieues de distance, six sols pour quarante lieues, etc ... Un bureau de la poste aux lettres est ouvert à Langeac au tout début de 1763, il recevra deux courriers de Paris quelques années plus tard, via une messagerie depuis Brioude.

          C'est en 1766 qu'intervient une modification profonde du système des messageries en Auvergne. Nous avons vu qu'un arrêt de 1730 interdisait le transport des lettres par les messagers provinciaux, la Ferme consentant toutefois, pour des raisons pratiques, à les laisser circuler sur des itinéraires n'étant pas compris entre deux bureaux de poste. C'était le cas, entre autres, pour les messagers allant de Clermont à Ardes ou à Ambert. Entre Clermont et Aurillac, la situation était différente, ces deux villes hébergeant un bureau. En 1733, l'Intendant Trudaine s'était inquiété du poids de l'impôt sur les paroisses pour l'entretien de cette messagerie, et il avait demandé aux Fermiers de prendre la charge du service, comme celà aurait été normal. Ceux-ci, considérant les frais à engager, la difficulté de l'exploitation, et son faible rapport, avaient décliné la proposition (A. D. 1 C art. 5160), préférant en laisser l'usage à la Province. En 1765, le directeur des postes de Clermont pose aux Fermiers une question en apparence anodine : doit-il taxer les lettres venant par la messagerie d'Aurillac ? La réponse de la Ferme est claire : selon le tarif de 1759, entre deux bureaux de province, pour une distance inférieure à vingt lieues, la taxe doit être de quatre sols pour une lettre simple (elle serait en fait de cinq sols pour Aurillac). Mais l'Intendant s'oppose à l'application de cette mesure, arguant du fait que le port est déjà payé par l'impôt (A. D. 1 C art. 5147).

          L'idée fait cependant son chemin, et l'année suivante, les Fermiers prennent la décision, contre l'avis des autorités provinciales, d'installer un service de messageries royales entre Aurillac, mais aussi Ardes et Ambert, et Clermont. Des bureaux de poste en titre sont ouverts à Mauriac, Bort, Tauves, Ardes, Billom et Ambert à partir du mois d'avril 1766, puis à Saint-Martin-Valmeroux, doublant d'un seul coup le nombre des établissements auvergnats. Un arrêt du Conseil d'Etat fait défense aux messagers particuliers de ces villes de se charger des lettres. Les messagers provinciaux passent cependant souvent outre cette mesure, qui soulève de nombreuses protestations et contestations. La Ferme se plaint de son côté de ce que les anciens messagers lui ôtent du profit en continuant de porter des lettres. En 1767, le messager d'Arlanc, au-delà d'Ambert, est ainsi poursuivi, et son cheval saisi, pour avoir transporté illicitement du courrier jusqu'à Clermont. La Ferme estime que le nouveau service lui coûtera trois-mille livres par an. A raison d'environ six-cent lettres simples par semaine circulant dans les deux sens entre Clermont et Aurillac et taxées à cinq sol (Archives du Cantal BB 24), le double de cette somme pouvait entrer dans les caisses des Fermiers. En compensation de la perte de sa messagerie, Aurillac recevra désormais un courrier supplémentaire depuis Paris. Ambert et Billom reçoivent deux courriers par semaine, Ardes, Bort, Mauriac, Saint-Martin et Tauves un seul.


Jaillot - 1770

          En 1770, le sieur Jean-Baptiste Renou de Chauvigné, dit Jaillot en raison de son mariage avec une des petites-filles d'Alexis-Hubert Jaillot, publie une carte inspirée de la précédente [23], et qui en diffère sur trois points. Au nord-ouest, sur la route de Limoges, et à la demande du maître des postes de Pontgibaud, trouvant son service pour Clermont trop long et surtout trop ardu, un relais intermédiaire a été établi au sommet de la très dure côte de La Baraque. Il semble que la gravure de la carte ait eu un temps d'avance sur la réalité, et que le relais n'ait pas été installé avant 1774, au mieux (il figure dans la Liste générale des postes de 1775, mais pas dans celle de 1773). Au sud, sur les pentes du col de la Fageole, le relais de Vieillespesse est à nouveau délacé, cette fois-ci à Laubinet (Loubinet), au carrefour des routes de Massiac et de Brioude. Au nord-est, la route ne passe plus par Feurs et Noirétable, mais par Roanne et Saint-Just-en-Chevalet, modification figurant déjà dans la Liste générale des postes de 1759, et supprimant le relais de La Pau. Une carte plus tardive, datée de 1785, reproduit exactement celle de 1770.

          On trouve dans le Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, publié en 1770 par l'abbé Expilly, quelques détails sur les services postaux dans la Généralité de Riom. Clermont en est la plaque tournante, qui reçoit trois ordinaires de Paris le lundi, jeudi et samedi, via Aigueperse et Riom, et qui en envoie trois pour Paris le lundi, jeudi et samedi. Le courrier pour Issoire, Saint-Germain-Lembron, Lempdes, Brioude, Langeac, La Chaise-Dieu, Saint-Flour, Chaudes-Aigues et Murat part de Clermont le mercredi et le samedi. Il est à Issoire et Brioude le même jour, et à Saint-Flour le lendemain. Un messager venu d'Ardes vient prendre le courrier à Issoire, ceux de la Chaise-Dieu et Langeac vont à Brioude, ceux de Chaudes-Aigues et de Murat vont à Saint-Flour. Le courrier repart de Saint-Flour le dimanche et le jeudi, et arrive à Clermont le lendemain. Un courrier parti de Thiers pour Lezoux et Clermont le lundi et le vendredi retourne à Thiers le lendemain.

          Un messager parti de Clermont le dimanche, passant par Rochefort, Tauves, Bort et Mauriac, arrive à Aurillac le mercredi ou le jeudi, selon la saison, ayant croisé en chemin le messager montant vers Clermont, parti d'Aurillac le mardi. Un messager part d'Ambert pour Clermont le lundi et le jeudi, et passant par Saint-Amant-Roche-Savine et Billom, il arrive à Clermont le lendemain. Il repart le jour suivant, chargé du paquet pour Billom. Un messager de Montaigut fait l'aller et retour de Clermont entre le mercredi et le samedi, un autre fait le trajet depuis Besse entre le mardi et le jeudi, un autre encore depuis Ardes entre le jeudi et le dimanche, un messager de Vic-le-Comte deux fois par semaine, dans la journée du mercredi et du samedi.

          Le transport de l'argent ne se fait pas par la poste, mais par le carrosse qui part de Clermont le samedi, et arrive à Paris le samedi suivant, ou par celui de Lyon, qui part le dimanche et arrive le mercredi. Il en coûte dix sols pour cent livres de numéraire acheminé.

          Quelques bureaux de la poste aux lettres sont ouverts à partir de 1780. Maurs, cette année-là, qui reçoit deux courriers de Paris, Pont-du-Château, à l'existence éphémère en 1784/1785, Rochefort et Montaigut en 1785, Massiac et La Chaise-Dieu en 1786. En 1787, la liste des postes prend le nom d'Etat général des postes de France, et la présentation en est modernisée. Les routes auvergnates sont maintenant considérées comme des communications, voies intermédiaires entre les routes de grandes distances qui partent de Paris et qui sont désormais numérotées. Ceci mis à part, peu de choses changent, principalement des modification orthographiques. Pont-de-Lemps devient Lempde (Lempdes), et la route de Saint-Flour ne passe plus par Massiac, mais par Brioude. Une note signale que les relais de Saint-Flour et de Thiers sont situés dans le faubourg, c'est à dire dans la partie basse de la ville où passe la route, et qu'il faut compter une demie poste de plus pour monter jusqu'en haut du bourg proprement dit.

          Le 4 mars 1790, des Lettres-patentes du Roi, sur un décret de l'Assemblée nationale des 15 janvier, 16 et 26 février 1790, qui ordonnent la division de la France en quatre-vingt-trois départements entérinent la disparition des provinces françaises en tant que territoires administratifs, et partant, la suppression de la Généralité de Riom, qui sera partagée entre les départements du Puy-de-Dôme, du Cantal et de la Haute-Loire. Un décret de l'Assemblée constituante des 6 et 9 août 1790 décida qu'à partir de janvier 1792, les postes seraient régies par un Directoire non intéressé par leurs produits. Le bail de la Ferme des Postes ne fut donc pas renouvellé à son expiration en décembre 1791.

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Notes
[16] Recueil des édits, déclarations, lettres-patentes, &c ..., enregistrés au Parlement des Flandres, Six et Plouvain, Douai, Derboix, 1785. [up]
[17] Carte Particulière des Postes de France, Alexis-Hubert Jaillot, graveur R. Cordier, 1689. [up]
[18] Almanach Royal, Paris, Laurent d'Houry, puis Imprimerie de la Veuve d'Houry. [up]
[19] Tarif général des droits pour le port de lettres, Conseil d'Etat, 1704. [up]
[20] Nouvelle carte des postes de France, Bernard Jaillot, 1726. [up]
[21] Carte des Postes de France, B.-A. Jaillot, graveur P. Bourgoin, 1751. [up]
[22] Déclaration du roi portant augmentation du tarif du port des lettres, 1759. [up]
[23] Carte des Postes de France, Jean-Baptiste Renou de Chauvigné dit Jaillot, 1770. [up]

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          Relais, distributions et bureaux de poste

Agy ou Angie : ces dénominations, que l'on trouve gravées sur les cartes de 1632 à 1645, évoqueraient plus une paroisse saintongeaise qu'une localité auvergnate. Elles ne figurent pas dans la liste des paroisses de la Généralité de Riom donnée par le Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France de l'abbé Expilly en 1770. Il est probable qu'il s'agisse ici d'erreurs de transcription, et que ces noms veuillent plutôt désigner Saint-Avit d'Auvergne. Saint-Avit est par exemple orthographié S. Auj. sur la Charte de la France de La Guillotière (1613).

Aigueperse : bien que paroisse du diocèse de Clermont, et du ressort de la Justice de Riom, en Auvergne, la ville a été détachée en 1630 de la Généralité de Riom pour être rattachée à l'élection de Gannat, Généralité de Moulins en Bourbonnais. Un relais de postes y existe depuis au moins 1632 (Sanson), et un bureau de poste y est installé depuis probablement 1695, avec trois courriers hebdomadaires de et pour Paris (graphie Aigueperche dans l'Almanach d'Houry, 1696). Une veuve Lefort y est maîtresse des postes en 1773 (1 C art. 5152).

Ambert : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, élection d'Issoire. Messagerie directe avec Clermont et distribution dès 1733 (1 C art. 7467 et art. 5166). Une ordonnance de 1751 enjoint au batelier de Cournon de faire passer l'Allier au messager d'Ambert. Bureau de la Ferme des postes en avril 1766 (Encyclopédie des T.-P.), avec deux courriers hebdomadaires avec Paris (Almanach Royal) qui sont pris à Clermont par un messager (Dictionnaire des Gaules).

Ardes : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, élection de Clermont. Messagerie avec Clermont et distribution dès 1737 (1 C art. 5166). Bureau de la Ferme des postes en avril 1766 (Encyclopédie), un courrier hebdomadaire depuis Paris (A. Royal) est pris à Issoire par un messager (Gaules).

Arlanc : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, élection d'Issoire. Messagerie probable avec Ambert après 1733. En 1767, le messager d'Arlanc est poursuivi pour avoir transporté jusqu'à Clermont dix-huit lettres missives en fraude, lesquelles sont saisies, ainsi que son cheval (1 C art. 5147).

Aurillac : paroisse du diocèse de Saint-Flour, siège de Justice et d'élection. Messagerie pour Brive vers 1634 (A. C. BB 14). Distribution attestée en 1640, messagerie pour Paris. Route de poste pour Paris en 1643 et ouverture d'un bureau de poste (Nougaret), lequel n'est pas cité dans les tarifs de 1644 et 1676, mais dans celui de 1704. Reçoit un courrier hebdomadaire de Paris dès au moins 1684 (d'Houry). Messagerie pour Clermont dès 1669 (1 C art. 1939). Voir Nougaret (note 1) pour les détails d'organisation de la poste à Aurillac.

Besse : paroisse des diocèse, Justice et élection de Clermont. En 1767, Ligier Chastel, messager de l'Intendance pour le département de Besse, bénéficie d'une ordonnance de décharge de la taille (1 C art. 4238). A partir de 1768, l'assiette et la répartition de l'impôt des paroisses de l'élection de Clermont prennent en compte les gages du messager de Besse à Clermont (1 C art. 2969). Une contestation s'élève en 1769 entre le fermier des postes et le messager au sujet du transport illicite de lettres par ce dernier, la Ferme en ayant le monopole. Besse n'aura pas de bureau de poste sous l'Ancien Régime.

Billom : paroisse des diocèse, Justice et élection de Clermont. Distribution sur la route de la messagerie d'Ambert en 1733. Bureau de la Ferme des postes en avril 1766 (Encyclopédie), reçoit deux courriers hebdomadaires de Paris (A. Royal) par le messager d'Ambert (Gaules). Le sieur Dalmas est maître des postes de Billom en 1775 (1 C art. 5152).

Blesle : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Riom et élection de Brioude. Un messager attesté en 1757 (1 C art. 5167).

Bort : bien que paroisse dépendant du diocèse et de la Justice de Limoges, Bort était une subdélégation de l'élection de Clermont. Distribution de messagerie en 1685, un commis buraliste de la poste figure au budget de la messagerie pour 1765 (1 C art. 5160). Bureau de la Ferme des postes en avril 1766 (Encyclopédie), qui reçoit deux courriers hebdomadaires de Paris (A. Royal).

Brassac : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Riom et élection d'Issoire. Un messager attesté, sans date (1 C art. 5167).

Brioude : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Riom, siège d'élection. Un bureau de poste y serait ouvert après 1643 (Nougaret), qui n'est pas cité dans les tarifs de 1644 et 1676, mais dans celui de 1704. Relais de poste sur la carte de 1689 (Jaillot). Reçoit trois courriers hebdomadaires de Paris depuis au moins 1691 (Almanach domestique de Michallet), puis seulement deux par la suite (A. Royal). Un commis à l'ordinaire y est attesté en 1690 (1 C art. 5143). Le sieur Baget, maître des postes, demande à être déchargé de la taille en 1725 (1 C art. 3353). Le sieur Fouillet est directeur et maître des postes entre 1742 et 1772 (1 C art. 5153). Un courrier pour Le Puy, établi vers 1785, sera rapidement interrompu par la rupture du pont sur l'Allier.

Charbonnier : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, élection d'Issoire. Figure comme relais de poste dans l'Almanach Royal de 1707. En 1730, le maître des postes d'Issoire se plaint de ce que la poste de Charbonnier n'est plus montée que par deux ou trois mauvais chevaux (1 C art. 5153). L'Intendant propose de déplacer ce relais à Saint-Germain-Lembron, Charbonnier ne figure plus sur la carte de 1731 (Jaillot).

Chaudes-Aigues : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Riom, élection de Saint-Flour. Distribution établie par délibération de la Ferme de décembre 1779 (Nougaret, Encyclopédie). Le sieur Sadoul est alors messager pour Saint-Flour (1 C art. 5167). Sur la route du courrier de Rodez en 1789.

Clermont : siège de diocèse, de Justice et d'élection. Clermont-en-Auvergne est devenu Clermont-Ferrand par un édit de 1630. Longtemps cité épiscopale, elle a peu à peu supplanté sa voisine Riom comme siège de l'administration auvergnate. Possède sans doute un bureau des dépêches dès 1630, un maître des courriers y est cité dans les tarifs de 1644 et 1676. Au carrefour des routes de poste de Moulins à Saint-Flour et de Lyon à Limoges, Trois courriers avec Paris depuis au moins 1691 (Michallet). Au départ de la plupart des routes de messageries, pour Aurillac, Ambert, Ardes, Besse, Montaigut, Vic-le-Comte, entre autres lieux (Archives départementales).

Coudes : paroisse des diocèse, Justice et élection de Clermont. Un relais de poste figure sur la Liste générale des postes de 1748 (Jaillot), et sur les cartes suivantes. Les frères Beaufils en détiennent le brevet en 1743. En 1760, Jean Monteix, fermier, est proposé pour y remplacer le sieur Derne, en prison pour dettes (1 C art. 5154).

Courpière : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom et Clermont, élection de Clermont. Une délibération des Consuls nomme un messager en 1731 (1 C art. 2254). En 1732, une imposition extraordinaire dans l'élection de Clermont sert à payer les gages du messager (1 C art. 4346). Des messagers attestés en 1756.

Égliseneuve : ou Gliseneuve, hameau de la paroisse de Lubillac (élection de Brioude). En 1785, un relevé des distances entre Brioude et Loubinet par Egliseneuve est effectué, dans le but probable d'y établir un relais. Le subdélégué de Brioude relève la difficulté de trouver un maître des postes pour ce relais (1 C art. 5149).

Giat : paroisse du diocèse de Clermont, Justice et élection de Riom. Le sieur Mouton est messager de Giat à Riom en 1750, il est question de le remplacer, pour la raison qu'il s'acquitte mal de son service (1 C art. 5168).

Issoire : paroisse du diocède de Clermont, Justice de Clermont, siège d'élection. Relais de poste dès 1643 (Nougaret). Un bureau de poste y est ouvert au XVIe siècle, il n'est pas cité dans les tarifs de 1644 et 1676, mais dans celui de 1704. Reçoit trois courriers hebdomadaires de Paris depuis au moins 1691 (Michallet), puis seulement deux par la suite (A. Royal). Plusieurs affaires concernant les maîtres des postes d'Issoire figurent dans les archives, la plus surprenante étant la perte momentanée de la malle des lettres pour Clermont, attachée par erreur à la voiture d'un noble de passage (1 C art. 5147).

La Baraque : relais situé dans la paroisse d'Orcines (élection de Clermont) à l'embranchement des routes de Bordeaux et de Limoges, établi à la demande du maître des postes de Pontgibaud (1 C art. 5155). En 1774, le sieur Burin des Rosiers, bailly de la Tour-d'Auvergne, se propose pour prendre la nouvelle poste de La Baraque (1 C art. 5155). Un troisième cheval sera accordé dans les deux sens entre Clermont et Pontaumur, en raison de la difficulté du relief (L.G.P. 1773).

La Chaise-Dieu : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, élection de Brioude. Envoie un messager à Brioude en 1780 (1 C art. 5168). Reçoit 2 courriers de Paris à partir de 1787 (A. royal), pris à Brioude par le messager (Gaules).

La Fageole : hameau situé sur le col du même nom, paroisse de Vieillespesse (élection de Saint-Flour). Il est question que le relais de poste de Pont-de-Léry y soit transféré entre 1729 et 1739 (1 C art. 5155), mais cela ne semble pas être fait en 1737 (1 C art. 6362). En 1745, le maître des postes de Saint-Flour argue du fait qu'il n'est pas possible de faire monter les chaises en haut du col avec deux chevaux pour demander l'autorisation d'en atteler un troisième jusqu'à Massiac, ce qui augmente le prix de la course pour les usagers (1 C art. 5156). Le troisième cheval sera accordé dans les deux sens entre Saint-Flour et Lempdes, maintenu jusqu'à la suppression des relais.

La Nau : hameau situé dans la paroisse de Neuve-Eglise (élection de Saint-Flour), prés d'un pont passant la Truyère. Orthographié Lanau dans le Cathalogue de 1636, encore relais de poste en 1643 (Salmon), ne figure plus sur la carte de 1645 (Boisseau).

Langeac : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Riom, élection de Brioude. Un bureau de la poste aux lettres est ouvert en janvier 1763 (Encyclopédie). Le sieur Chaussat y est directeur en 1768, avec un messager pour Brioude (1 C art. 5168). Langeac reçoit deux courriers hebdomadaires de Paris à partir de 1770 (A. Royal), pris à Brioude par le messager (Gaules).

La Pau : hameau situé dans la paroisse de Noirétable (Généralité de Lyon), anciennement orthographié La Post, Laspostz, relais important à la frontière de l'Auvergne et du Forez, possédant hôtel, commerce, chapelle, maréchal-ferrant, barbier et chirurgien, ainsi qu'un poste de douane. Un certain Gilbert Dechat y est maître des postes du roi en 1619 (Dictionnaire topographique du département de la Loire, Dufour, 1946). Le relais figure encore sur la carte de 1751 (Jaillot), et dans la Liste générale des postes de 1756, avant l'abandon de la route pour la poste.

La Ronzière : hameau de la paroisse de Solages (élection de Saint-Flour), nommé La Rousure sur la carte de 1632 (Sanson) et dans le Cathalogue de 1636, La Rouzière en 1643 (Salmon), relais de poste encore en 1645 sous le nom de La Rousseure (Boisseau).

Lavoûte-Chilhac : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Riom, élection de Brioude, orthographié La Volte, La Vaute ou La Voulte. Relais de poste porté sur les cartes entre 1632 (Sanson) et 1645 (Boisseau).

Le Fossat : hameau situé dans la paroisse de Saint-Mathurin-Léobazel (Généralité de Limoges). Relais de poste dès 1643 (Nougaret). En 1720, le directeur des postes d'Aurillac se plaint du sieur Linards, maître des postes de Fossat-l'Auberge (1 C art. 7172). Appelé Fossas-Laubage (L.G.P.), puis Laubage sur les cartes à partir de 1751 (Jaillot), Le Fossat en 1787, Lossat-Laubagne en 1791 (L.G.P.).

Lezoux : paroisse des diocèse, Justice et élection de Clermont. Relais de poste figurant sur les cartes depuis 1632 (Sanson). Un messager avec Thiers en 1751/1761 (1 C art. 5169) et en 1770 (Gaules). Distribution en juillet 1789, pas de bureau de poste sous l'Ancien Régime (Encyclopédie).

Loubinet : hameau de la paroisse de Vieillespesse (élection de Saint-Flour). Relais de poste figurant sur la carte de 1770 (Jaillot), et sur la Liste générale des postes de 1773, orthographié Laubinet, puis Lobinet en 1787. Antoine Vayron, propriétaire terrien et aubergiste, y est maître des postes en 1777 (Nougaret).

Maringues : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom et de Clermont, élection de Riom. Bien qu'a priori sans bureau de poste, reçoit depuis au moins 1691 trois courriers hebdomadaires de Paris (Michallet), jusqu'en 1720, où le service cesse (A. Royal). Un messager avec Riom y est attesté entre 1737 et 1764. (1 C art. 5168 et art. 7616). Distribution probable, pas de bureau de poste sous l'ancien régime.

Massiac : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Riom, élection de Brioude. Relais de poste depuis 1643 (Nougaret), figure sur la carte de 1689 (Jaillot), et sur la Liste générale des postes de 1707. Bien que n'étant pas bureau de poste, reçoit trois courriers hebdomadaires de Paris depuis au moins 1691 (Michallet), jusqu'à 1712 (A. Royal). Probable distribution vers 1714 (Nougaret), ne sera érigée en bureau de poste qu'en avril 1786 (Encyclopédie), deux courriers avec Paris (A. Royal). En 1787, la route de poste n'y passe plus, mais directement par Brioude (L.G.P.), un messager allant à Saint-Flour (Nougaret).

Mauriac : paroisse du diocèse de Clermont, Justice d'Aurillac, siège d'élection. Bureau de la messagerie d'Aurillac en 1685 (Nougaret). Bureau de la Ferme des postes en avril 1766 (Encyclopédie) avec un courrier hebdomadaire de Paris (A. Royal).

Maurs : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice et élection d'Aurillac. En août 1768, une délibération des habitants de Maurs décide d'attribuer les fonctions de messager pour Aurillac au sieur Labarthe (1 C art. 5168). Distribution de la messagerie, puis bureau de poste en avril 1780 (Encyclopédie), avec deux courriers hebdomadaires de Paris (A. Royal).

Montaigut : paroisse du diocèse de Clermont, Justice et élection de Riom, enclavée dans la Généralité de Moulins. Messagerie avec Clermont (1 C art. 5168). Bureau de poste en juillet 1785 (Encyclopédie), reçoit deux courriers hebdomadaires de Paris (A. Royal).

Montsalvy : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice et élection d'Aurillac. Messagerie avec Aurillac vers 1768 (1 C art. 5168).

Montvert : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice et élection d'Aurillac. Relais de poste dès 1643 (Nougaret). En 1720, le directeur des postes d'Aurillac se plaint du sieur Lerou, maître des postes de Montvert (1 C art. 7172).

Murat : paroisse des diocèse et élection de Saint-Flour, Justice de Vic-le-Comte. Messagerie avec Saint-Flour vers 1733/1742, relais sur la route d'Aurillac à Saint-Flour en 1790 (Nougaret). Probable distribution, pas de bureau de poste sous l'Ancien Régime.

Paulhaguet : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Riom, élection de Brioude. Probable relais de poste désigné Pontargue sur la carte de 1632 (Sanson) et dans le Cathalogue de 1636, Ponthaques sur la carte de 1643 (Salmon) et Fontargue sur celle de 1645 (Boisseau). Le curé de Paulhaguet écrira cent ans plus tard que la route des voituriers entre Forez et Gévaudan, passant par son village, est désormais à demi abandonnée, et que les chemins sont presque détruits (1 C art. 6420). Le sieur Chautard y est désigné directeur du bureau de Paulhaguet en 1780 (1 C art. 5157), mais il ne s'agit probablement que d'une distribution.

Peubru : au carrefour des routes de Thiers, Noirétable et Saint-Just-en-Chevalet, n'apparaît pas dans la liste des paroisses de la Généralité de Riom (Dictionnaire des Gaules). Relais de poste figurant sur la liste des routes de 1748 (L.G.P.) et sur la carte de 1751 (Jaillot). En 1772, Joseph-Claude Ymonet-Rambaud, avocat en Parlement, dont la famille tenait auparavant le relais de Ricornet, est titulaire d'un brevet de maître des postes pour le relais de Peubru (1 C art. 3534). On utilisera trois chevaux dans les deux sens entre Peubru et Thiers, en raison du relief (L.G.P. 1773).

Pierrefort : paroisse des diocèse, Justice et élection de Saint-Flour. Etablissement d'un messager pour Saint-Flour en 1750 (1 C art. 5169).

Pontargue : ou Ponthaques, ou Fontargue. Aucun de ces noms ne figure dans le Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire d'A. Chassaing, 1907, ni dans la liste des paroisses de la Généralité de Riom citée par le Dictionnaire des Gaules. Probablement Paulhaguet, parfois orthographié Polhaguet, et dont la situation et l'importance correspondraient.

Pontaumur : paroisse du diocèse de Clermont, Justice et élection de Riom. Relais de poste figurant sur la carte de 1632 (Sanson). Appelé Pont-au-Mel en 1843 (Salmon), parfois Pont-au-Mur. Un messager pour Clermont en 1737/1747 (1 C art. 5169). En 1769, le sieur Barthomyvat de Neufville, maître des postes, démissionne en faveur de son fils (1 C art. 5157).

Pont-de-Landes : paroisse des diocèse et élection de Clermont, Justice de Clermont et Riom. Aujourd'hui Lempdes (Haute-Loire), au carrefour des routes de Clermont, Brioude et Saint-Flour. Relais de poste dès 1643 (Nougaret). Apparaît encore sous ce nom sur la carte de 1695 (Jaillot), mais plus dans l'Almanach Royal de 1707. Réapparaît sur la carte de 1738 (Jaillot), orthographié Pont-de-Lemps, à la suite du remplacement du relais de Charbonnier par celui de Saint-Germain-Lembron. En 1752, les sieurs Seguin frères, maîtres des postes, réclament une exemption de taille (1 C art. 5155). Une route en part vers Brioude et le Puy en 1756 (L.G.P.).

Pont-de-Léry : hameau dépendant de la paroisse de Vieillespesse (élection de Saint-Flour). Relais de poste figurant sur la carte de 1689 (Jaillot). Peut-être déplacé à La Fageole vers 1737 (1 C art. 6362), apparaît encore sur les cartes de 1731/38 (Jaillot), mais plus sur la Liste générale des postes de 1748, ni sur la carte de 1751 (Jaillot).

Pont-du-Château : paroisse des diocèse, Justice et élection de Clermont. Relais de poste figurant sur la carte de 1689 (Jaillot). Un bureau en titre y est établi en juin 1784, puis fermé en mars 1785 (Encyclopédie). Reçoit deux courriers de Paris durant cette période (A. Royal).

Pontgibaud : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, élection de Clermont. Souvent orthographié Pontgibaut, ou Pont-Gibaut. Relais de poste figurant sur la carte de 1632 (Sanson). En 1771, le sieur Paty réclame l'établissement d'un relais intermédiaire sur la route de Clermont (1 C art. 5155).

Rambaud : hameau situé sur la paroisse de Celles-sur-Thiers (élection de Riom). Relais de poste figurant sur la carte de 1689 (Jaillot), nommé Ricornet-Raimbaut sur la liste de 1707 (A. Royal), Ricornet-Raimbaud sur la carte de 1726 (Jaillot). Ricornet et Rambaud sont des hameaux situés sur l'actuelle commune de Viscomtat. En 1732, le sieur Ymonet, maître des postes à Ricornet-Rambaud, se plaint du mauvais état de la route de Thiers (1 C art. 6378). En 1741, le maître des postes y est appellé Ymonet-Rambaud (1 C art. 2096). Le relais n'apparaît plus en 1748 (L.G.P.).


Le relais de Rambaud

Riom : paroisse du diocèse de Clermont, siège de la Généralité. Un certain Bonnet Conchon est messager de Riom à Paris en 1597 [24]. Relais de poste figurant sur la carte de 1632 (Sanson), bureau de poste probablement dès cette époque. Un maître des courriers est cité dans les tarifs de 1644 et 1676. Trois courriers avec Paris depuis au moins 1691 (Michallet). Messagers depuis Maringues en 1747 (1 C art. 7616) et Giat en 1750 (1 C art. 5168).

Rochefort : paroisse des diocèse et élection de Clermont, Justice de Clermont et Riom. Probable distribution de messagerie dès 1685. Bureau en titre créé en janvier 1785 (Encyclopédie, Rochefort-en-Auvergne), supprimé vers 1798. Reçoit un courrier hebdomadaire de Paris (A. Royal).

Saint-Avit : paroisse du diocèse de Clermont, Justice et élection de Riom. Peut-être dénommé Angie ou Agy avant 1645. Relais de poste orthographié S Aui sur une carte de 1645 (Berey), St Avid en 1589 (Jaillot), St Avy après 1707 (A. Royal). Le sieur Petit y est maître des postes en 1773 (1 C art. 5158).

Saint-Badel : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Riom, élection de Brioude, nommé plus tard Sembadel. Relais de poste figurant sur la carte de 1632 (Sanson), orthographié Saint-Badet en 1643 (Salmon), Saint-Badez en 1645 (Boisseau). Sur l'ancienne route allant du Forez au Gévaudan.

Saint-Cernin : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice d'Aurillac et Salers, élection d'Aurillac. Distribution de messagerie entre 1685 et 1766 (Nougaret).

Saint-Chamant : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, Clermont et Aurillac, élection de Mauriac. Passage du messager d'Aurillac entre 1685 et 1766 (Nougaret).

Saint-Flour : siège de diocèse de Justice et d'élection. Relais dès poste figurant sur la carte de 1632 (Sanson). Bureau de la poste aux lettres en 1643 (Nougaret). Figure dans le tarif de 1704, reçoit trois courriers hebdomadaires de Paris depuis au moins 1691 (Michallet), puis seulement deux par la suite (A. Royal). Messagers avec Chaudes-Aigues, Murat, Pierrefort, entre autres. Sur les détails de la poste à Saint-Flour, voir Nougaret (note 1).

Saint-Germain-Lembron : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, élection de Brioude. Relais de poste installé en 1730 ou 1731 par transfert du relais de Charbonnier (1 C art. 5153). Une ordonnance de l'Intendant Trudaine commet en 1734 le sieur Roux pour faire les fonctions de maître des postes (1 C art. 5159). Orthographié Lambron, ou encore l'Ambron sur la Liste générale des postes.

Saint-Martin-Valmeroux : paroisse du diocèse de Clermont, Justice et diocèse de Clermont, élection de Mauriac. Distribution de messagerie dès 1685 (Nougaret). Un commis buraliste de la poste en 1765 (1 C art. 5160). Bureau de la Ferme des postes en juillet 1766 (Encyclopédie), reçoit un courrier hebdomadaire de Paris (A. Royal). En 1772, le sieur Bastide, directeur, refusant de rendre ses comptes, est destitué au profit du sieur Nivet (1 C art. 5159).

Saint-Paul-des-Landes : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice et élection d'Aurillac. Relais de poste figurant sur la carte de 1643 (Salmon). Erreur de gravure "S-Paul-des-Lades" sur celle de 1689 (Jaillot).

Saint-Sauves : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom et Clermont, élection de Clermont. Probable distribution de messagerie dès 1685.

Salers : paroisse du diocèse de Clermont, siège de Justice, élection de Mauriac. Bien qu'à l'écart de la route de messagerie entre Aurillac et Clermont, a abrité une distribution dès 1685 (Nougaret), possède un commis buraliste en 1765 (1 C art. 5160). Un distribution de la Ferme des Postes, ouverte en avril 1766, a été supprimée (Encyclopédie) après 1773 (Nougaret), pas réouverte sous l'Ancien Régime (Encyclopédie).

Tauves : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom et Clermont, élection de Clermont. Probable distribution de messagerie dès 1685. Bureau de la Ferme des postes en avril 1766 (Encyclopédie), reçoit un courrier hebdomadaire de Paris (A. Royal).

Thiers : paroisse du diocèse de Clermont, Justice et élection de Riom. Relais de poste figurant sur la carte de 1632 (Sanson). Un bureau de poste y est ouvert au XVIIe siècle (Encyclopédie), il n'est pas cité dans les tarifs de 1644 et 1676, mais dans celui de 1704. Reçoit trois courriers hebdomadaires de Paris depuis au moins 1691 (Michallet), réduits à deux par la suite (A. Royal). Messagerie avec Clermont (Gaules).

Veyre : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, élection de Clermont. Anciennement orthographié Vaire, relais de poste dès 1643 (Nougaret). Le sieur Marnat y est maître des postes en 1741. En 1752, le sieur Murent, habitant d'Orcet, qui propose de transporter la poste de Veyre à Orcet (1 C art. 5159).

Vic-le-Comte : paroisse des diocèse, Justice et élection de Clermont. Messagerie pour Clermont en 1766 (Gaules), en 1786 (1 C art. 2798).

Vieillespesse : paroisse du diocèse de Saint-Flour, Justice de Montpensier, élection de Saint-Flour. Ou Vieille-Pesse, Vieillespece, sur le versant nord du col de La Fageole, relais de poste dès 1643 (Nougaret). Remplacé par Pont-de-Léry sur la carte de 1689 (Jaillot). De nouveau relais de poste entre 1743 (figure dans la Liste générale des postes de 1748) et 1770 environ (Nougaret).

Viverols : paroisse du diocèse de Clermont, Justice de Riom, élection d'Issoire. Un messager est établi en 1725 pour porter, depuis Clermont, les ordres du roi et les lettres des habitants de la ville et des paroisses voisines (1 C art. 5169).

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Notes
[24] Coutumes générales et locales de la province d'Auvergne, M. Chabrol, Riom, 1784, tome III [up]

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Un grand merci à Bruno pour son coup de main documentaire (dates d'ouvertures des bureaux de l'Encyclopédie des timbres-poste de France).
Les cartes sont visibles en intégralité sur le site internet de la B.N.F.



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