Boîtes mobiles des tramways de Paris

L'article 36 du Cahier des Charges appliqué aux concessions des lignes de tramway précise, entre autres choses que "L'Administration des Postes aura [...] le droit de fixer aux voitures de l'entreprise une boîte aux lettres, dont elle fera opérer [...] la levée par ses agents." Bien que ce texte date de 1881, les premiers courriers ayant voyagé par ce biais n'apparaissent guère avant 1894.

La Compagnie Générale des Omnibus s'étant assuré le quasi-monopole de la circulation dans Paris intra-muros, à l'aide de tramways hippomobiles, c'est elle qui exploite les lignes aboutissant Place du Louvre, près du siège de la Recette Principale. En l'absence d'indication manuscrite, il n'est pas possible de déterminer exactement quelle est la ligne empruntée par cette carte postale, postée quelque part dans le sud-ouest parisien, le 24 septembre 1905 : ligne de Saint-Cloud, de Sèvres ou de Versailles ...

Ci-dessous, l'ancêtre du tramway des Maréchaux.

En revanche, la carte postale ci-dessus, adressée à Paris, porte comme adresse de départ la route de Choisy à Ivry-sur-Seine, à proximité immédiate de Créteil. La C.G.O. exploitant une ligne entre cette dernière localité et la place du Louvre, le moyen de transport de notre carte ne fait pas de doutes.


Bien que cette carte postale, écrite à Paris le 14 février 1902 et adressée dans l'Yonne, nous montre un omnibus hippomobile de la C.G.O. venant de la gare Saint-Lazare et circulant en direction de la place de la République, elle a été levée par le bureau de Paris-3, boulevard Malesherbes, dans la boîte mobile d'un des Tramways de Paris et du Département de la Seine (T.P.D.S.) parti de Courbevoie.



La carte postale ci-dessus, à destination de la Suisse au tarif des imprimés a été levée par le bureau de Paris-5, place de la République, le 14 octobre 1901. Il n'est guère possible de savoir par quelle compagnie elle a voyagé, Tramways Nord (T.P.D.S), Est-Parisien ou Chemin de fer nogentais.


La carte postale ci-dessus, qui a été levée par le bureau de Paris-42, avenue de Friedland, le 29 septembre 1907, porte au verso une vue de la forêt de Saint-Germain. Cela peut laisser supposer qu'elle ait été jetée dans la boîte mobile d'un tramway à vapeur du Chemin de Fer de Paris à Saint-Germain, alors qu'il reliait Saint-Germain-en-Laye au terminus de la place de l'Etoile.


Le tram à vapeur du P.S.G. au départ de Saint-Germain


La carte ci-dessous porte également au verso une vue de Saint-Germain-en-Laye, mais elle a été levée par le bureau de Paris-62, rue Saint-Ferdinand, le 30 juillet 1911. D'après Pierre Lux, ce bureau était chargé de relever les boîtes mobiles voyageant sur les lignes ayant leur terminus Porte Maillot : T.P.D.S. depuis Maisons-Laffitte, ou Chemin de Fer du Bois de Boulogne depuis Suresnes.


L'Etoile était aussi une station de la Cie des Tramways Nord (T.P.D.S.)


Le bureau de Paris-96, Grand-Hôtel, boulevard des Capucines, relevait les courriers transportés dans les boîtes des tramways de la Compagnie l'Est Parisien, dont le terminus était situé près de l'Opéra. Il est difficile de déterminer plus exactement le lieu de dépôt de cette carte-postale, adressée à La Plaine-Saint-Denis, le 5 mai 1906.


Le bureau de Paris-113, Hôtel-de-Ville, était situé près de la place du Châtelet, terminus d'une des lignes de la Compagnie Générale Parisienne des Tramways qui couvrait le sud de la capitale (Malakoff). A priori, Montreuil (ci-dessus) n'était pas situé près de cette ligne, contrairement à la rue Gracieuse (5ème :arrondissement, ci-dessous).



Enfin, lorsqu'on ne connaît ni le lieu de dépôt, ni le point d'arrivée, il est bien évidemment impossible d'avancer une hypothèse sur le trajet de la boîte mobile ...


SOURCE
Les boîtes mobiles de Paris, P. Lux, F.M. n°195, p.13 (merci à Jakez).


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