Localisation des bureaux de la grande poste
de Paris identifiés par une lettre - 1796/1863
 
 
La poste à Paris avant 1789

     Les premiers bureaux de poste ouverts au public en France l’ont été à partir de 1622, à Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Dijon, tenus par des commis chargés de la réception et de la distribution des lettres, et de la perception des taxes. Le premier règlement fixant la taxe des lettres est daté d’octobre 1627. A cette date, les postes deviennent un service public.

     A l’origine, quatre ordinaires partent de Paris vers les quatre autres villes de France possédant un bureau. Vers 1650, on compte quatre bureaux de départ :
          - rue aux Ours, une fois par semaine pour la Flandre et l’Angleterre.
          - au portail de Saint-Eustache, deux fois par semaine pour la Bretagne et la Normandie, tous les jours pour Rouen.
          - au Marché-Neuf, une fois par semaine pour Calais, trois fois par semaine pour Reims.
          - rue Saint-Jacques, siège du bureau principal des postes, une fois par semaine pour Barcelone, Rome, Genève, Dijon, la Provence, le Languedoc, la Gascogne, deux fois par semaine pour Bourges, Lyon, Metz, Nancy, Bordeaux, Nantes.


Lutetia Paris, Gomboust, 1652

     Dès avant 1685, la poste de la rue Saint-Jacques (qui sera depuis dénommée "vieille poste") a été délaissée au profit d'un nouveau bureau général, situé rue de la Limace, dans l'hôtel des ducs de Villeroy*. On trouve alors six boîtes de la grande poste dans Paris, levées deux fois par jour, pour envoyer son courrier en province ou à l'étranger.
"Cet hostel est dans la ruë des Bourdonnois  il consiste en plusieurs grands corps d'hostels avec deux portes d'entrée. Le corps de logis de derrière, qui a sa sortie dans la ruë de la Limasse, sert présentement de bureau général de la poste, pour recevoir les lettres, pour le dedans & le dehors du Royaume." (Paris ancien et nouveau, Le Maire, 1685). L'hôtel a probablement aussi une issue rue des Déchargeurs.


Nouveau plan de la ville de Paris, Monbard, 1694


Almanach domestique pour 1691, Michallet

     En 1715, il y a sept boîtes :
          - rue Saint-Jacques, au coin de la rue du Plâtre*, vis-à-vis la vieille poste.
          - au milieu de la place Maubert, vis-à-vis la Fontaine, à l'Image Saint-François.
          - faubourg Saint-Germain au coin du Jeu de Paume de Metz, chez M. Harsan, parfumeur.
          - rue Saint-Honoré, près les Quinze-Vingts, vis-à-vis la rue Saint-Nicaise, chez un potier d'étain.
          - rue Saint-Martin, au coin de la rue aux Ours.
          - rue Saint-Antoine, devant la rue Geoffroy-Lasnier, chez un maître patissier, au petit Louvre couronné.
          - et une nouvelle, dans la cour du Palais, près le May.
cette rue du Plâtre-Saint-Jacques (à ne pas confondre avec la rue du Plâtre-au-Marais), nommée initialement rue Plâtrière, est sans rapport avec une autre rue Plâtrière que nous verrons plus loin.

     En 1730, il y en a huit ...


Almanach royal pour 1730

     ... et douze en 1736.


Almanach royal, Vve d'Houry, 1736


Almanach royal, d'Houry, 1720

     Nous avons vu que depuis au moins 1685, le bureau général "pour recevoir les lettres tant françoises qu’étrangères" était situé rue des Déchargeurs. Il se situera rue des Poulies en 1738*, dans l'hôtel de Longueville, dit aussi de la Surintendance, puis ensuite rue Platrière vers 1760 (Almanach royal), dans l'hôtel d'Armenonville. Au début du XVIIIème siècle, les lettres à l'arrivée sont triées et dirigées vers les huit bureaux de distribution dans les quartiers, chacun employant dix facteurs (Almanach royal, 1711). Les lettres au départ sujettes à affranchissement doivent être portées au bureau général, Les lettres ramassées dans les boîtes de ville (trente-sept en 1771, dites petites boîtes, par opposition à la grande boîte du bureau général) sont menées à ce même bureau général, pour être taxées. Le public est averti que "les lettres qui sont jetées dans les boëtes de Paris pour Paris ne seront point portées à leurs adresses." (les lettres locales ne seront distribuées qu'en 1760, par l'intermédiaire des boîtiers et des facteurs de la petite poste). Une instruction de 1757 insiste sur la hiérarchie entre bureau de poste et bureaux de distribution, les seconds relevant directement du premier. Un directeur est à la tête du bureau de poste, doublé d’un contrôleur, dont les attributions sont de vérifier le nombre et le contenu des dépêches, le travail des commis et facteurs, la charge des chevaux, le respect des horaires, l’exactitude des taxes, le traitement des rebuts et franchises, la confection des dépêches, et le respect des règlements en général.
le bureau de la rue des Déchargeurs deviendra plus tard bureau général de la petite poste. Dans le but de dégager la façade du Vieux Louvre, on abattra la grande poste de la rue des Poulies, qui offusque ce bâtiment de la colonnade. (Chronique de la régence et du règne de Louis XV, Barbier, 1857)


Nouveau Plan routier de la ville de Paris, Crépy, 1750


Bureaux de distribution du bureau général - Almanach royal pour 1762

 
1760 : la petite poste de Paris

     En 1653, l’établissement d’une petite poste est mis à l’essai à Paris, apparemment sans grand succès. Si l'on en croit le Roman bourgeois d'Antoine Furetière, il arriva "qu’aucune lettre ne fut rendue à son adresse, et qu’à l’ouverture de ces boëstes [nouvellement attachées à tous les coins de rue pour faire tenir les lettres de Paris] on trouva pour toutes choses des souris.".


Loret, Gazette des Muses
(Louis Leroy, Histoire du timbre-poste français)

     La Déclaration du Roi, donnée à Versailles le 8 juillet 1759, établit, dans son article VII, "différents Bureaux pour porter d'un quartier dans un autre, dans l'anceinte [sic] des barrières, des lettres & paquets sur le pied de deux sols pour la lettre simple ...". L'entrée en service de la petite poste de Paris est prévue pour le début de juin 1760. Un Plan d'administration pour la Poste de Paris (Œuvres complettes de M. de Chamousset, 1783) détermine un découpage de la capitale en neuf quartiers incluant chacun un bureau pour la distribution des lettres. Ces lettres sont généralement envoyées en port payé ("Le port sera payé d'avance ...", Déclaration du Roi, 1759) mais peuvent aussi l'être en port dû, à condition qu'elles soient contresignées par l'expéditeur. Le facteur, ou le boîtier, est alors autorisé à recevoir ces lettres sans affranchissement, pourvu que ce soit dans son district, et qu'elles soient adressées à des personnes connues de lui, auprès de qui la taxe sera perçue. "Les lettres qui n'auront pu être rendues à leur adresse [...] seront rapportées par les facteurs au bureau de distribution de leur district, & seront reportées à ceux qui les auront contresignées, & qui paieront la moitié de la taxe". Les lettres affranchies non distribuées sont rendues à leur expéditeur, lorsqu'il est connu, avec remboursement de la moitié de la taxe.


Almanach royal pour 1762, d'Houry

     On trouve dans les almanachs l'expression "affranchir dans les boîtes pour Paris", et le lecteur habitué aux boîtes aux lettres actuelles peut se demander comment on pouvait, au dix-huitième siècle, poster des lettres en port payé en l'absence de timbres-poste. En pratique, ces boîtes n'étaient pas fixées aux murs sur la voie publique (contrairement à celles de la grande poste), mais étaient installées chez les buralistes de la loterie, chez des commerçants, ou encore dans la loge des portiers d'hôtels particuliers, rémunérés sur leur recette et dénommés boîtiers : "lesdites boîtes seront toujours placées sur le comptoir des marchands qui se chargeront des bureaux, soit dans quelqu'autres lieux apparents." (lettres-patentes du 5 mars 1758 accordées par Louis XV) ; "la boîte sera dans l'intérieur de la boutique du receveur à cause de la nécessité de l'affranchissement". Le public ne pouvait pas, en principe, confondre les boîtes de la petite poste avec celles de la grande poste. Le boîtier encaissait la taxe, timbrait la lettre, et la mettait à la boîte, un peu à la manière, toutes proportions gardées, de ce qui se pratiquera dans les recettes auxiliaires urbaines à la fin du siècle suivant. Il faut d'ailleur noter que cette pratique survivra à la petite poste (Les boîtiers ne peuvent affranchir que les lettres pour Paris et le département de la Seine, Almanach national, 1851).


Plan d'administration pour la poste de Paris

     Les facteurs, quant à eux, avaient un double rôle. Ils effectuaient la distribution des lettres dans le ressort de leur bureau de rattachement, puis, une heure plus tard, ils parcouraient les rues en jouant de leur claquette pour recueillir les lettres à l'expédition. Ils étaient pour cela munis d'un sac en cuir fermé à clef, celle-ci conservée au bureau, ouvert d'une fente permettant d'y insérer les lettres, mais pas de les en retirer. Ils jouaient donc le même rôle que les boîtiers, en proposant au public leur boîte aux lettres mobile. Les facteurs et les boîtiers étaient identifiés par un timbre à numéro ; les numéros des facteurs allaient de 1 à 19 dans chaque bureau, et les numéros de boîtiers commençaient à 20. Les facteurs relevaient également les boîtes chez les boîtiers situés sur leur passage.


Bureau D de la petite poste, port dû, 4ème levée de la boîte 20, taxe 2 sols

     Un avis au public intitulé Poste de la Ville de Paris, daté d'octobre 1761, nous donne une liste des neuf bureaux de quartier de la petite poste, chaque adresse étant précédée d'une lettre d'identification :
          A - place du Chevalier-du-Guet (quartier du Louvre)
          B - cloître Culture-Sainte-Catherine (quartier Saint-Antoine)
          C - rue Saint-Martin (quartier Saint-Martin)
          D - rue Neuve-des-Petits-Champs (quartier du Palais-Royal)
          E - rue Saint-Honoré (quartier Saint-Honoré)
          F - rue du Bac (Faubourg Saint-Germain)
          G - rue du Petit-Lion et des Quatre-Vents (Saint-Germain-des-Prez)
          H - Estrapade (quartier Sainte-Geneviève)
          I - rue Neuve-Saint-Etienne (quartier de Bonne-Nouvelle)
Une dixième lettre (K) est attribuée au service de la banlieue, situé dans le bureau du Centre, place du Chevalier-du-Guet. Des marques L et M sont également connues, qui ont fait l'objet d'articles parus dans les Feuilles Marcophiles.


Intérieur de l'un des bureaux de la petite poste de Paris en 1760.
Le service du tri. (d'après une gravure du temps)


Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs, Hurtaut & Magny, 1779.

     Le 1er juillet 1780, en vertu d'un arrêt du Conseil d'État daté du 28 juin, la régie des petites postes est réunie à l'Administration des Postes du Royaume. Durant encore quelques années, ses bureaux continueront cependant à ne distribuer que le courrier interne à Paris, ramassé par les facteurs ou dans les boîtes disposées dans la ville. C'est ainsi que l'on peut trouver, dans l'Almanach de la petite poste de Paris réunie à la grande poste, daté de 1784, une liste de neuf bureaux, et de leurs boîtes, ne concernant que le service de Paris.
          A - rue des Déchargeurs, et bureau de la régie
          B - rue de Fourcy-Saint-Antoine
          C - rue de Montmorency
          D - rue Neuve-des-Bons-Enfants, près celle des Petits-Champs
          E - rue et porte Saint-Honoré
          F - rue Saint-Dominique près celle des Saints-Pères
          G - rue de Condé
          H - rue des Fossés-Saint-Victor, porte Saint-Marceau
          I - rue Poissonnière, vis-à-vis la rue Beauregard

     Les bureaux de la petite poste sont doté d'un matériel postal relativement important, en regard de leur importance modeste et de l'époque à laquelle ils ont fonctionné.


G. Delwaulle

     Timbre de bureau, timbre de boîtier, timbre de facteur, indication du quantième, de la levée, marque de port dû, sans oublier la marque linéaire des boîtiers de village, ou celle indiquant les boîtes relevées au-delà des barrières, l'arsenal est assez fourni.


Dictionnaire universel de la France, Hesseln, 1771

     Un arrêt du Conseil d'État daté du 31 mai 1786 va radicalement modifier le système de la distribution des lettres locales dans l'ensemble du Royaume, en autorisant les bureaux de la grande poste à distribuer les correspondances nées dans leur ressort aux mêmes conditions de tarif que celles de la petite poste. A partir de 1789, il n'est plus fait de distinction, dans le service des bureaux de quartier de Paris, entre la distribution des lettres venues de province et de l'étranger, et celle des lettres provenant des boîtes de Paris*. C'est la fin, en pratique, de la spécificité locale de la petite poste, pour ce qui est de la distribution des lettres dans la capitale. Si l'Almanach royal pour 1788 évoque encore son organisation (Il y a en cette ville une poste intérieure), celui pour 1789 n'en fait plus mention, contrairement à l'Almanach parisien d'Hébert**. Et si un décret du 22 août 1791 prévoit encore un tarif postal pour les petites postes établies en France, la loi du 27 nivôse an III n'en parle plus.
Au sujet de l'organisation de la grande poste de Paris, l'Almanach royal de 1788 parle de la distribution générale des lettres à leur arrivée à Paris. Celui de 1789 évoque la distribution générale des lettres tant de la province et de l'Étranger que de l'intérieur de Paris.
**  Viallé (sources) donne le texte du congé donné par les administrateurs de la petite poste pour le bureau de la rue des Déchargeurs à M. de Létang, trésorier général des dépenses diverses, à la date du 1er juillet 1788.


Almanach parisien en faveur des étrangers et des voyageurs pour l'année 1789, Hébert.

     Le système du port payé préférentiel hérité de la petite poste est abandonné au début de 1795 (Delwaulle, sources), les lettres de Paris pour Paris ne recevant désormais plus de marque spécifique lorsqu'elles sont en port dû, mais lorsqu'elles sont en port payé. L'almanach de 1797 signale encore l'existence d'un bureau spécial, situé à la Maison des Postes, destiné à l'affranchissement des lettres en port payé pour Paris et la banlieue. A partir de 1798, le public est avisé qu'il peut affranchir ses lettres "pour Paris, les Départemens [sic] & l'Étranger dans les huit Bureaux de distribution indiqués ci-dessous, portant les lettres de l'alphabet A, B, &c.". Il s'agit alors des bureaux de distribution de la grande poste.


Moniteur Universel, 22 juin 1798

     Mais dans l'esprit du public, la petite poste restera, très longtemps après sa fermeture, toujours liée à la levée des boîtes et à la distribution des lettres dans Paris. L'exemple ci-dessous est particulièrement démonstratif, qui évoque les origines de 1760, tout en affirmant que le service est encore, en 1840, "extrêment actif", bien qu'il détaille par le menu le service de la grande poste tel qu'il se présente après la réorganisation des levées et distributions de 1837.


Nouveau conducteur des étrangers dans Paris, Gauthier, 1840

 

 
Les bureaux de quartier de la grande poste après 1789


Plan de la ville et faubourg de Paris, Mondhare, 1790


Curiosités de Paris, Saugrain, 1771

     En 1789, l'Hôtel des Postes est situé rue Plâtrière, devenue, en 1791, rue Jean-Jacques-Rousseau (étoile rouge sur le plan plus bas). La Restauration a redonné à la rue son nom initial jusqu'en 1825, avant qu'elle n'adopte définitivement le nom du philosophe, qui y logea au n°2. Jusqu'en 1788, la localisation des bureaux de distribution de la grande poste n'est pas donnée par l'Almanach royal, qui n'indique que les quartiers desservis par les facteurs de chacun de ces bureaux. La raison en est que ces bureaux de distribution étaient encore situés dans l'enceinte même de l'Hôtel-des-Postes. Ce n'est qu'après 1789 que l'Almanach royal dresse une liste des distributions de la grande poste désormais réparties dans Paris. Et c'est seulement à partir de 1795 qu'une lettre distinctive (allant de A à J) est associée à chacun des bureaux de quartier de la grande poste, possiblement parce que ces lettres n'étaient alors plus attribuées à ceux de la petite poste.


Manuel impérial, Rondonneau, 1804

     On note avec intérêt que les bureaux de quartier de la grande poste de 1789 sont souvent installés dans les mêmes rues ou à proximité de ceux de la petite poste, et qu'ils sont énumérés par l'Almanach en suivant le même ordre. Il est possible qu'il y ait eu une période de transition, au cours des années 1789/1795, durant laquelle les deux systèmes aient pu se cotoyer, voire se confondre. On trouve d'ailleurs pendant plusieurs années, bien après le début du XIXème siècle, l'expression petite poste employée dans la Presse ou dans des ouvrages d'information à l'usage du public pour désigner le service intérieur de Paris effectué par les bureaux de quartier de la grande poste, ce qui a certainement contribué à semer le doute quant à la survivance de la première, d'autant plus que les lettres timbrées tardivement par des anciennes marques de la petite poste ne sont pas rares.


Lettre en port payé de Paris pour Paris, bureau G, 1834

 
Distributions et levées des boîtes


Almanach royal, 1814

     Nous avons vu qu'au dix-septième siècle, les boîtes de la grande poste de Paris étaient relevées deux fois par jour, puis trois fois au début du siècle suivant. Comme il n'existait qu'un seul bureau de poste dans Paris avant la création de la petite poste de 1860, la question de savoir d'où venaient alors les facteurs releveurs ne se pose pas. Nous avons vu aussi que les facteurs de la petite poste, à partir de 1760, effectuaient neuf tournées de relève des boîtes et autant de distribution quotidiennes, dans le ressort de leurs bureaux d'attache. En 1795, l'Almanach national indique que six levées quotidiennes des boîtes de la grande poste, pour Paris et les départements, sont effectuées en été, et cinq en hiver, et il est précisé que les facteurs ne doivent pas recevoir de correspondances à la main, signe net de rupture avec le service de la petite poste. Nous avons par contre déjà constaté, dans l'encadré consacré à la petite poste, la survivance des boîtiers, chez qui il est toujours possible, jusque dans les années 1850, d'affranchir les lettres de Paris pour Paris en numéraire, puis en timbres-poste (Almanach national, 1853). A partir de 1799, un tableau détaillé du service de Paris figure dans l'almanach, indiquant les heures de levées et de distribution.


Almanach national, 1799

     Il existait au moins dès 1711 huit bureaux de quartier utilisant chacun dix facteurs pour la distribution des lettres venant de l'extérieur dans Paris. Comme à cette époque, les courriers de province arrivant à Paris étaient au mieux quotidiens, il ne pouvait y avoir qu'une distribution par jour, au maximum. Nous avons vu que les bureaux desservant les quartiers étaient certainement situés au rez-de-chaussée du bâtiment central des postes jusqu'à 1788, époque de leur délocalisation dans les rues de la capitale. Après cette date, les facteurs distributeurs venaient donc, logiquement, des distributions de quartier ("C'est de ces bureaux que partent les facteurs pour la distribution des lettres", Almanach impérial, 1809).

     Des marques de distribution et de levée portant une lettre identifiant les bureaux de quartier de la grande poste de Paris apparaîssent à la fin du dix-huitième siècle. Notons que depuis 1806, la taxe des lettres de Paris pour Paris n'est plus de deux sous, ou dix centimes, mais de quinze centimes pour chaque poids de quinze grammes (loi du 24 avril 1806), et que le timbre-poste de couleur verte, spécifique à ce tarif, ne sera émis qu'à la fin de juillet 1850. Il sera vendu, entre autres, par les boîtiers.

     En 1824, il y a sept levées et six distributions quotidiennes dans Paris.


Almanach royal, 1824

     En février 1837 paraît un règlement spécial pour le service des facteurs de Paris (Journal du Palais, 1847), suivi d'un Avis au public sur le service de la petite poste de Paris (Journal des débats politiques et littéraires, 10 mai 1837) détaillant l'emploi des nouvelles marques postales devant désormais être appliquées sur les lettres circulant intra muros. Le nouveau réglement précise que les facteurs titulaires, ou en titre ont le privilège de la distribution des lettres à domicile. Paris est alors divisé en neuf arrondissements postaux (correspondant aux neuf bureaux de quartier A à J), chacun desservi par deux brigades alternant d'une distribution sur l'autre. Les facteurs partent en omnibus du bureau central, et sont déposés au point de départ de leur tournée. On peut noter le projet de doter les voitures d'une boîte fermée à clef, mais ayant une ouverture sur le côté, [qui] serait placée sur le derrière de la voiture pour recevoir les lettres que les passants voudraient y jeter (Le Figaro, 24 février 1837). On retrouve là la continuité des sacs de cuir des facteurs de la petite poste, et le précurseur des boîtes mobiles des courriers d'entreprise.


Journal des débats politiques et littéraires, 10 mai 1837.
Catalogue des marques postales de France, A. Maury

     Quant à la levée des boîtes aux lettres, elle est effectuée dans le ressort de chaque arrondissement postal par des surnuméraires leveurs, qui rapportent le produit de leur levée à leur bureau d'attache, afin d'en effectuer le tri et le timbrage. Les dépêches formées (Paris, banlieue, province, Étranger) sont ensuite regroupées au bureau central, les lettres pour Paris étant distribuées lors de la tournée à venir. De nouveaux timbres illustreront par la suite cet état de fait, portant à la fois l'heure de la levée et celle de la distribution suivante, en plus de la lettre identifiant le bureau d'arrondissement, et le montant de la taxe de port dû.


Almanach du Commerce de Paris, 1838 / Catalogue Pothion des oblitérations de Paris.

     Le système de relevage des boîte est modifié en mars 1851 (Minute de la Division de Paris n° 154, 10 avril 1851), neuf voitures releveuses partant dorénavant des points extrêmes de la Capitale et convergeant vers le bureau central. Cette organisation sera de courte durée, et à partir d'avril 1856, le relevage des boîtes aux lettres est de nouveau effectué au niveau des arrondissements postaux.
 

     Lettre T

     Selon L. Raulet (Le Vieux Papier n° 15, novembre 1902), la lettre T était attribuée au bureau du tri des lettre de Paris pour Paris situé dans les locaux du bureau central.

     Lettre A

     L'on se souvient que le bureau général de la grande poste, à la fin du siècle précédent, était situé entre les rues de la Limace et celle des Déchargeurs, devenu plus tard siège de la régie de la petite poste. L'almanach de 1789 situe le premier bureau de quartier de la grande poste dans la rue, adjacente, des Mauvaises-Paroles. Il n'est pas impossible que ce soit dans le même bâtiment, l'ancien hôtel de Villeroy.
          1789 - rue des Mauvaises-Paroles (Palais, Cité, Sainte-Opportune, Saint-Denis, Halles)
          1795 - rue de la Limace (Palais, Cité, Saint-Denis, Halles)
          1797 - rue des Vieux-Augustins* (mêmes quartiers - le Palais-Royal est devenu Palais-Egalité, Montmartre)
          1805 - rue des Déchargeurs (Palais Royal & de Justice, Cité, Saint-Denis, Halles, Montmartre)
          1811 - rue des Mauvaises-Paroles (mêmes quartiers)
          1821 - 1 rue Lenoir-Saint-Honoré (Saint-Eustache, Louvre, Halles, Palais de Justice, Cité)
          1840 - 12 rue Saint-Honoré
          1854 - 1 rue Tirechappe
ancien siège du bureau D, celui-ci étant déplacé rue Poissonnière. Ce bureau A, dit Bureau du Centre, le seul où l'on puisse affranchir les journaux et périodiques pour Paris, est situé à proximité de la Maison des Postes.


Les boîtes du bureau A en 1839

     Le bureau A est devenu bureau 17 en 1863.

     On remarque, sur ce plan de 1716, la localisation de l'ancien bureau général de la grande poste, où sera transféré plus tard le siège de la petite poste. Les rues entourant ce bâtiment sont la rue des Déchargeurs (cercle rouge 8), la rue des Mauvaises-Paroles (cercle rouge 9) et la rue de la Limace (cercle rouge 10). Les mutations successives du bureau A de la grande poste entre 1789 et 1820, n'impliquent donc pas forcément un déménagement, l'adresse pouvant dépendre ponctuellement du point d'ouverture de ce bâtiment au public. On remarque la rue Tirechappe, toute proche, et la rue du Chevalier-du-Guet (cercle rouge 2), adresse du bureau A de la petite poste en 1761.

     Lettre A, bureaux supplémentaires

     A partir de 1843, en raison de l'augmentation du trafic postal et de l'extention urbaine, des bureaux supplémentaires sont créés et annexés aux bureaux de quartier. Chaque préposé en place dans ces bureaux supplémentaires dépend alors du directeur de son bureau principal de rattachement.
          1843 - Hôtel-de-Ville, rue Lobau, annexe A1
          1850 - 4 rue Neuve-du-Bourg-l'Abbé*, annexe A2
          1854 - 29 rue Saint-Louis-en-l'Ile*, annexe A2
          1855 - 15 rue de la Sainte-Chapelle*, annexe A3
          1859 - 170 rue Saint-Antoine, annexe A2
le bureau de la rue Neuve-du-Bourg-l'Abbé est devenu supplémentaire C2 en 1854. Le bureau de la rue Saint-Louis-en-l'Ile était précédemment le supplémentaire H2. Le bureau de la rue de la Sainte-Chapelle était précédemment le supplémentaire G1.

     Le bureau A1 est devenu bureau 13 en 1863. Le bureau A2 est devenu bureau 21 en 1863. Le bureau A3 est devenu bureau 32 en 1863.

     Lettre B


Bureau B, port payé, 10 septembre 1839

     En 1789, le second bureau de quartier de la grande poste est situé dans la même rue que l'ancien bureau B de la petite poste.
          1789 - rue de Fourcy-Saint-Antoine (Saint-Antoine, Place Royale, Saint-Paul, Arsenal, Ile Saint-Louis, Marais)
          1795 - rue de Fourcy-Antoine (Antoine, Paul, Arsenal, Marais)
          1799 - rue des Ballets (Grève, Verrerie, Antoine, Paul, Arsenal, Marais)
          1805 - rue des Ballets-Saint-Antoine (Grève, Verrerie, Saint-Antoine, Saint-Paul, Arsenal, Marais)
          1826 - rue des Tournelles (mêmes quartiers)
          1833 - 13 rue Saint-Louis (Grève, Saint-Antoine, Saint-Paul, Arsenal, Marais)
          1846 - 29 boulevard Beaumarchais
          1855 - 95 boulevard Beaumarchais


Les boîtes du bureau B en 1839

     Le bureau B est devenu bureau 12 en 1863.

     Lettre B, bureaux supplémentaires

          1843 - 171 rue du Faubourg-Saint-Antoine, annexe B1
          1850 - 196 rue du Faubourg-Saint-Antoine, annexe B1
          1856 - Gare de Lyon, annexe B2
          1858 - 19 boulevard Mazas, annexe B2
          1860 - 174/176 rue du Faubourg-Saint-Antoine, annexe B1

     Le bureau B1 est devenu bureau 23 en 1863. Le bureau B2 est devenu bureau 30 en 1863.

     Lettre C

     En 1789, le troisième bureau de quartier de la grande poste est situé rue de Montmorency, très voisine du croisement des rues Saint-Martin et du Grenier-Saint-Lazare, où se tenait le bureau C de la petite poste.
          1789 - rue de Montmorency (Saint-Martin, Temple, Marais)
          1795 - rue de l'Union* (Martin, Temple, Marais)
          1799 - rue du Grand-Chantier (Martin, Temple, Marais)
          1832 - 57 rue des Vieilles-Haudriettes (Saint-Martin, Temple, Marais)
          1837 - 4 rue des Vieilles-Haudriettes
          1840 - 5 rue du Grand-Chantier
          1854 - 4/6 rue des Vieilles-Haudriettes
nom figurant dans l'almanach de 1796. Selon le Dictionnaire des rues de Paris, c'est le nom attribué à la rue d'Angoulème-Saint-Honoré pendant la Révolution. Par contre, le dictionnaire donne rue de la Réunion comme appellation temporaire de la rue de Montmorency entre 1793 à 1806, c'est plutôt celle-ci qu'il faut retenir. On aura noté la disparition du mot Saint dans les adresses de cette période.


Les boîtes du bureau C en 1839

     Le bureau C est devenu bureau 7 en 1863.

     Lettre C, bureaux supplémentaires

          1844 - 7 rue de la Grange-aux-Belles*, annexe C1
          1847 - 12 rue de la Folie-Méricourt, annexe C2
          1850 - 12 rue de la Folie-Méricourt*, annexe C1
          1854 - 4 rue Neuve-du-Bourg-l'Abbé*, annexe C2
          1855 - 48 rue d'Angoulème-du-Temple, annexe C1
          1856 - 6 boulevard Saint-Martin, annexe C3
le bureau de la rue de la Grange-aux-Belles a été supprimé fin 1849. De ce fait, celui de la rue de la Folie-Méricourt est devenu première annexe du bureau  C. En 1854, un nouveau supplémentaire C2 a été ouvert rue Neuve-du-Bourg-l'Abbé, précédemment supplémentaire A2.

     Le bureau C1 est devenu bureau 19 en 1863. Le bureau C2 est devenu bureau 16 en 1863. Le bureau C3 est devenu bureau 5 en 1863.

     Lettre D, première localisation

     En 1789, le quatrième bureau de quartier de la grande poste est localisé rue des Vieux-Augustins, au bout de la rue Neuve-des-Petits-Champs, où était situé le bureau D de la petite poste.
          1789 - rue des Vieux-Augustins (Palais Royal, Richelieu, Montmartre, Victoires, Nouvelle Halle)
          1795 - rue des Vieux-Augustins* (Palais de l'Egalité, Nouvelle Halle, Montmartre)
En 1797, le bureau de la rue des Vieux-Agustins devient siège du bureau A.

     Lettre D, seconde localisation

     En 1797, le bureau D est déplacé vers le Faubourg-Montmartre.


Bureau D, port dû, 2 mars 1848

          1799 - rue Poissonnière* (Villeneuve, Bonne-Nouvelle, Petit-Carreau, Faubourg-Montmartre, Nouvelle-France)
          1805 - rue Beauregard (mêmes quartiers)
          1823 - rue Bergère (Chaussée-d'Antin, Faubourg-Poissonnière, Saint-Denis, Saint-Martin, Montmartre, Nouvelle-France)
          1832 - 23 rue de l'Echiquier (mêmes quartiers)
          1855 - rue Monthyon
          1856 - 2 rue Sainte-Cécile
          1863 - 21 rue d'Enghien
en 1796, la rue Poissonnière est le siège du bureau J (lettre supprimée après 1796).


Les boîtes du bureau D en 1839

     Le bureau D est devenu bureau 4 en 1863.

     Lettre D, seconde localisation, bureaux supplémentaires

          1843 - 5 rue Bourdaloue*, annexe D1
          1846 - 5 place Lafayette, annexe D2
          1850 - 160/162 rue du Faubourg-Saint-Martin*, annexe D1
          1854 - 8 place Lafayette, annexe D2
          1854 - Gare du Nord, annexe D3
          1862 - 28 rue de Cléry, annexe D2
le bureau de la rue du Faubourg-Saint-Martin a été ouvert pour desservir la gare de l'Est. Son prédécesseur de la rue Bourdaloue est alors devenu supplémentaire J1.

     Le bureau D1 est devenu bureau 14 en 1863. Le bureau D2 est devenu bureau 24 en 1863. Le bureau D3 est devenu bureau 26 en 1863.

     Lettre E


Bureau E, port payé, levée de 4H 1/2, distribution de 6H, 10 février 1849

     En 1789, le cinquième bureau de quartier de la grande poste est situé dans le quartier Saint-Honoré, tout comme le bureau E de la petite poste.
          1789 - rue d'Antin (Saint-Honoré, Chaussée-d'Antin, Comédie Italienne, Roule, Tuileries)
          1795 - rue Honoré (Honoré, Montblanc, Roule, Tuileries)
          1802 - rue Saint-Honoré (Saint-Honoré, Montblanc, Roule, Tuileries, Loi, Petits-Champs)
          1811 - rue Neuve-du-Luxembourg (Saint-Honoré, Montblanc, Roule, Tuileries, Richelieu, Petits-Champs)
          1820 - rue Duphot (Saint-Honoré, Montblanc, Roule, Tuileries, Richelieu, Petits-Champs)
          1835 - 24 rue de Sèze (Saint-Honoré, Montblanc, Roule, Tuileries, Champs-Elysées, place Vendôme)
          1863 - 28 place de la Madeleine


Les boîtes du bureau E en 1839

     Le bureau E est devenu bureau 3 en 1863.

     Lettre E, bureaux supplémentaires

          1843 - 49 rue de Ponthieu, annexe E1
          1844 - 59 rue de Ponthieu, annexe E1
          1847 - 33 rue de Londres*, annexe E2
          1852 - 75 rue du Faubourg-Saint-Honoré, annexe E1
          1854 - 3/5 rue de Chaillot*, annexe E2
le bureau de la rue de Londres devient supplémentaire K2 fin 1854. Le bureau de la rue de Chaillot était précédemment supplémentaire K1.

     Le bureau E1 est devenu bureau 9 en 1863. Le bureau E2 est devenu bureau 34 en 1863.

     Lettre F

     En 1789, le sixième bureau de quartier de la grande poste est situé Faubourg-Saint-Germain, sur la rive gauche de la Seine, alors que le bureau F de la petite poste est situé sur la rive droite.
          1789 - rue des Deux-Anges (Faubourg-Saint-Germain)
          1795 - rue de Verneuil (Faubourg-Saint-Germain)
          1832 - 2 rue de Beaune (Faubourg-Saint-Germain)
          1855 - 56 rue Saint-Dominique-Saint-Germain


Les boîtes du bureau F en 1839

     Le bureau F est devenu bureau 20 en 1863.

     Lettre F, bureaux supplémentaires

          1844 - 5 Petite-Rue-du-Bac, annexe F1
          1851 - 148 rue Saint-Dominique (Gros-Caillou), annexe F2

     Le bureau F1 est devenu bureau 10 en 1863. Le bureau F2 est devenu bureau 27 en 1863.

     Lettre G


Bureau G, port payé, 3 février 1836

     En 1789, le septième bureau de quartier de la grande poste est situé dans la même rue que l'ancien bureau G de la petite poste.
          1789 - rue de Condé (Saint-André, Luxembourg, Saint-Michel, Sorbonne)
          1795 - rue de l'Egalité* (André, Luxembourg, Michel, Saint-Germain en partie)
          1805 - rue de Condé (Saint-André-des-Arts, Luxembourg, Saint-Michel, Saint-Germain en partie)
          1837 - 61 rue Saint-André-des-Arts
          1855 - 13 rue de Seine
          1856 - 13 rue de Seine et 12/14 rue Mazarine
          1863 - 21 rue Bonaparte
dénomination de la rue de Condé pendant la période révolutionnaire.


Les boîtes du bureau G en 1839

     Le bureau G est devenu bureau 15 en 1863.

     Lettre G, bureau supplémentaire

          1846 - 15 rue de la Saint-Chapelle*, annexe G1
en 1855, le bureau de la rue de la Sainte-Chapelle devient supplémentaire A3.

     Le bureau G1 est supprimé en 1855.

     Lettre H


Bureau H, port payé, 22 mars 1839

     En 1789, le huitième bureau de quartier de la grande poste est situé à proximité de l'Estrapade, là où était situé le bureau H de la petite poste.
          1789 - rue de Fourcy-Saint-Victor* (Saint-Jacques, Saint-Marcel, Saint-Victor, Sainte-Geneviève, place Maubert)
          1795 - rue Contrescarpe-Marcel (Jacques, Marcel, Victor, Geneviève, place Maubert)
          1802 - rue Contrescarpe-Saint-Marcel (Saint-Jacques, Saint-Marcel, Saint-Victor, Sainte-Geneviève, place Maubert)
          1811 - rue des Fossés-Saint-Victor (Saint-Jacques, Saint-Marcel, Saint-Victor, Panthéon, place Maubert)
          1820 - place Saint-Sulpice (Saint-Jacques, Saint-Marcel, Saint-Victor, Panthéon, place Maubert)
          1823 - 35 rue des Fossés-Saint-Victor (Saint-Jacques, Saint-Marcel, Saint-Victor, Sainte-Geneviève, place Maubert, plus tard Ile-Saint-Louis)
          1854 - 22 rue du Cardinal-Lemoine
appellation donnée par l'Almanach royal de 1789. Il semble qu'il faille comprendre des Fossés-Saint-Victor (il a existé à proximité une rue de Fourcy-Sainte-Geneviève). Notons, d'autre part, que l'appellation de la rue des Postes, située dans le même quartier, n'a aucun rapport avec le service de la poste, mais provient d'une altération du mot pot, la redevance seigneuriale du tiers-pot devant y être payé, au Moyen-Age, sur la vendange de la vigne locale.


Les boîtes du bureau H en 1839

     Le bureau H est devenu bureau 28 en 1863.

     Lettre H, bureaux supplémentaires

          1850 - Salpètrière, annexe H1
          1851 - 29 rue Saint-Louis-en-l'Ile*, annexe H2
          1854 - rue du Fer-à-Moulin, annexe H2
          1854 - 54 rue des Noyers, annexe H3
          1854 - Gare d'Orléans, annexe H4
          1855 - 173 rue Mouffetard, annexe H2
          1860 - 42 rue de la Harpe, annexe H3
en 1854, le supplémentaire H2 de la rue Saint-Louis-en-l'Ile devient supplémentaire du bureau A. Un nouveau supplémentaire H2 est ouvert rue du Fer-à-Moulin, près de la rue Mouffetard.

     Le bureau H1 est devenu bureau 35 en 1863. Le bureau H2 est devenu bureau 29 en 1863. Le bureau H3 est devenu bureau 25 en 1863. Le bureau H4 est devenu bureau 33 en 1863.

     Lettre J, première localisation

     En 1789, le neuvième bureau de quartier de la grande poste est situé vers le Faubourg-Montmartre, sur la rive droite de la Seine, alors que le bureau I de la petite poste est situé sur la rive gauche.
          1789 - rue Poissonnière* (Villeneuve, Bonne-Nouvelle, Petit-Carreau, Faubourg-Montmartre, Saint-Lazare, Porcherons, Nouvelle-France)
après 1796, le bureau de la rue Poissonnière est devenu bureau D.

     La lettre J a été supprimée après 1796.

     Lettre J, seconde localisation

     Un nouveau bureau J est ouvert en 1824.
          1824 - 14 rue du Coq-Héron (Cléry, Bonne-Nouvelle, Montmartre, Victoires, Palais-Royal, Richelieu)
          1832 - Rue Notre-Dame-des-Victoires (mêmes quartiers)
          1836 - 4 place de la Bourse


Les boîtes du bureau J en 1839

     Le bureau J est devenu bureau 1 en 1863.

     Lettre J, seconde localisation, bureau supplémentaire

          1850 - 5 rue Bourdaloue*, annexe J1
          1854 - 19 rue d'Antin, annexe J1
ancien supplémentaire D1, le bureau de la rue Bourdaloue est devenu bureau d'arrondissement K en 1854, pour satisfaire à la nouvelle organisation de la poste à Paris, qui imposait à ces bureaux de faire dépêche pour les ambulants.

     Le bureau J1 est devenu bureau 8 en 1863.

     Lettre K, première localisation

     La lettre K était celle du bureau de distribution en banlieue de la petite poste de Paris. Elle est attribuée en 1848, sous la Seconde République, à l'ancien bureau spécial de la Maison du Roi.
          1848 - 10 bis rue de Rivoli
          1853 - 14 rue de la Fontaine-Molière

     En 1854, le bureau K initial est devenu bureau N.

     Lettre K, première localisation, bureau supplémentaire

          1851 - 15 rue de Chaillot*, annexe K1
le bureau de la rue de Chaillot est devenu supplémentaire E2 en 1854.

     Lettre K, seconde localisation

     En 1854, la lettre K a été attribuée à l'ancien suppplémentaire J1, rue Bourdaloue.

          1854 - 5 rue Bourdaloue
          1863 - 11 rue Saint-Lazare

     Le bureau K est devenu bureau 2 en 1863.

     Lettre K, seconde localisation, bureaux supplémentaires

          1855 - 8 rue Saint-Nicolas-d'Antin, annexe K1
          1854 - 33 rue de Londres*, annexe K2
          1863 - 24 rue du Helder, annexe K1
le bureau de la rue de Londres était précédemment supplémentaire E2.

     Le bureau K1 est devenu bureau 22 en 1863. Le bureau K2 est devenu bureau 18 en 1863.

     Lettre L

     La lettre L est attribuée en 1848, sous la Seconde République, à l'ancien bureau spécial de la Chambre des Pairs, qui deviendra le Sénat.
          1848 - 19 rue de Vaugirard
          1862 - 16 rue de Tournon
          1863 - 36 rue de Vaugirard

     Le bureau L est devenu bureau 6 en 1863.

     Lettre M

     La lettre M est attribuée en 1848, sous la Seconde République, à l'ancien bureau spécial de la Chambre des Députés.
          1848 - Assemblée Nationale
          1853 - Corps Législatif, 2 rue de Bourgogne

     Le bureau M est devenu bureau 31 en 1863.

     Lettre N

     La lettre N est attribuée en 1854 au bureau K initial, à l'origine bureau de la Maison du Roi.
          1854 - 14 rue de la Fontaine-Molière
          1855 - 5 rue de l'Echelle

     Le bureau N est devenu bureau 11 en 1863.

     Bureaux spéciaux

     Bien que l'on connaisse des marques postales portant le nom de grandes institutions de la République (Bureau près les Anciens, près les 500, près de Directoire, près le Tribunat, près les Consuls, etc ...) l'Almanach national des années 1792 et suivantes n'en fait pas mention, probablement parce que ces bureaux n'étaient pas destinés à traiter la correspondance publique. A part peut-être celui du Carrousel, ils n'ont pas de filiation avec les bureaux de poste de quartier du XIXème siècle.


Bureau de la Cour, port payé, 1822

     Après la Restauration de 1815, trois bureaux spéciaux ont été ouverts dans les grands centres politiques de la Capitale.
          1816 - bureau près la Cour, place du Carrousel
          1816 - bureau près la Chambre des Pairs, 19 rue de Vaugirard
          1816 - bureau près la Chambre des Députés, Palais Bourbon
          1831 - la Cour devient la Maison du Roi, place du Palais-Royal
          1846 - bureau près la Maison du Roi, 10 bis rue de Rivoli

     Le bureau spécial de la Maison du Roi est devenu bureau K en 1848. Le bureau spécial de la Chambre des Pairs est devenu bureau L en 1848. Le bureau spécial de la Chambre des Députés est devenu bureau M en 1848.


Maison du Roi, 21 décembre 1846

     En 1844, un nouveau bureau spécial est ouvert dans l'enceinte de l'hôpital de la Salpètrière.
          1844 - la Salpètrière, boulevard de l'Hôpital

     Le bureau spécial de la Salpètrière est devenu bureau H1 en 1850.


     A partir de début Septembre 1863, le système d'identification des bureaux de Paris par une lettre a été abandonnée. En application de la décision ministérielle du 18 Juin 1863, les 35 bureaux de quartier ont été classés en une seule série, numérotée de 1 à 35 en fonction de l'importance de leur recette, de la plus importante à la plus faible.


     Sources :
- Les Postes Françaises - Alexis Belloc - 1886
- Les petites postes - Eugène Vaillé, Bulletin d'information des P.T.T.
- La petite poste de Paris - Jean-Claude Delwaulle, Feuilles marcophiles n° 282 supp.
- Documents Philatéliques n°50 - 116 - 152
- Feuilles Marcophiles n°134 - 218 - 273 - 285
- Almanachs Michallet, d'Houry, royal, national & impérial - années 1691 à 1863 - Gallica
- Dictionnaire des rues de Paris - F. & L. Lazare - 1844
- Plan de Paris, Guillaume de L'Isle, 1716 & 1742 - David Rumsey