Recettes auxiliaires urbaines
à Clermont-Ferrand

      Au mois d'avril 1894, huit bureaux auxiliaires de poste sont créés à Paris, à titre d'essai. Installés dans des locaux commerciaux, et gérés par les négociants, ils proposent au public un service postal assez complet, affranchissements, recommandés, mandats. Dans les mois qui suivent, de nouveaux bureaux auxiliaires ouvrent à Paris et en province, dont le bureau auxiliaire de poste de Clermont-Ferrand A, ouvert le premier décembre 1894 dans le quartier du Plateau Central (CG P-de-D 1895-08). Il sera transféré au n°12 de la rue Blatin au cours de la première moitié de l'année 1896 (CG P-de-D 1896-08), suite à l'ouverture de la nouvelle recette des postes du Cours Sablon (voir plus bas), dont il était jugé trop proche, Les deux premières lettres reproduites ici émanent de commerces installés l'un rue Lamartine, l'autre place de la Chapelle-de-Jaude, remises au bureau A de la rue Blatin.


Enveloppe de valeurs à recouvrer, Clermont-Ferrand A, 1er décembre 1898

      L'expérience s'avérant concluante, elle est complétée par le décret du 16 octobre 1895, qui autorise la création des recettes auxiliaires des postes. Les bureaux auxiliaires déjà ouverts à titre d'essai sont renommés recettes auxiliaires. Les recettes ouvertes dans une commune où fonctionne déjà un bureau de plein exercice sont dénommées recettes auxiliaires urbaines. La recette auxiliaire urbaine de Clermont-Ferrand B, dépendant de la recette principale, est ouverte le 1er mai 1900 (ann. n°1 B.M. des P.& T. 1901). Il s'agit certainement de celle de l'avenue Charras, immortalisée sur une carte postale visible un peu plus bas. Suivront, en juin 1902, la recette C de l'avenue de la République (illustrée plus bas, décision ci-dessous), et le premier novembre 1912 la recette D du boulevard Lafayette (CG P-de-D 1913/08).


CG P-de-D et J.O. 25 avril 1902


Clermont-Ferrand A, 29 juin 1900

Clermont-Ferrand B, 6 juillet 1903

      La gestion de ces recettes est confiée à des receveurs buralistes, des débitants de tabac, des commerçants, voire même à des particuliers, placés sous l'autorité d'un receveur des postes. Elles sont dotées d'un timbre hexagonal, comme l'étaient avant elles les bureaux auxiliaires, portant le nom de leur recette de rattachement suivi d'une lettre indicative. Elles disposent également d'un timbre octogonal R pour les recommandés, et d'un petit hexagone portant leur lettre indicative, en plus d'un timbre octogonal AR pour les avis de réception, et d'une griffe linéaire à leur nom.


Lettre recommandée pour l'étranger, Clermont-Ferrand A, 17 avril 1906

Lettre recommandée intra-muros, Clermont-Ferrand A, 29 juin 1909

Clermont-Ferrand B, 18 novembre 1900
Les correspondances ordinaires oblitérées d'un timbre de R.A.U. le sont généralement par complaisance.

      Les timbres hexagonaux initiaux à cercle intérieur continu seront remplacés, à partir de 1904 par des timbres d'un modèle nouveau, sans cercle intérieur et avec l'indication de la levée (souvent remplacée par une étoile) en position centrale (B.M. 7, ann. 8, juin 1904).


Clermont-Ferrand B, 4 février 1911

      Les gérants des R.A.U. vendent les timbres-poste, cartes-lettres et autres formules postales, réceptionnent les objets soumis à la recommandation, ainsi que les envois des valeurs à recouvrer, émettent et payent les mandats et bons de poste. Ils sont tenus de renseigner le public sur la taxe applicable aux correspondances ordinaires, mais ces correspondances une fois affranchies doivent être mises à la boîte, et non conservées par les gérants. Les recettes peuvent être ouvertes aux services télégraphique et téléphonique, comme indiqué sur la devanture et sur la vitrine de la recette auxiliaire de l'avenue Charras, à Clermont-Ferrand, installée dans une papeterie/bazar proche de la gare, dans les premières années du XXème siècle.

      Le local, fourni par le gérant, doit comporter une partie isolée réservée au service postal. Une boîte-aux-lettres s'ouvrant à l'extérieur est installée par l'Administration, aussi près que possible de la porte d'entrée. Sur la photo ci-dessous, elle est surmontée de la plaque règlementaire indicatrice des opérations postales effectuées par la recette.


La recette auxiliaire du n°48 de l'avenue Charras,
ouverte au télégraphe le 10 juillet 1901 (CG P-de-D 1901/08)
      L'Administration fournit aussi un pannonceau bleu, portant l'inscription POSTES / RECETTE AUXILIAIRE en blanc, qui doit être placé de manière apparente, au-dessus de l'entrée. Un arrêté ministériel de mars 1901 stipule que les recettes auxiliaires ouvertes postérieurement à cette date seront munies, extérieurement et au-dessus de la porte, d'une lanterne à vitres bleues portant en lettres blanches l'inscription "BUREAU DE POSTE AUXILIAIRE".

      En pratique, l'inscription portée sur ces lanternes semble avoir été laissée à l'initiative locale, "POSTES RECETTE AUXILIAIRE", "POSTE TELEPHONE" ou encore "POSTES ET TELEGRAPHES". Ces lanternes ont certainement été installées rétroactivement dans les recettes ouvertes avant 1901.

      Le gérant est rétribué en fonction de son volume d'activité postale. Il doit maintenir le bureau ouvert de 8h à 19h en semaine, jusqu'à midi le dimanche et les jours fériés. La recette auxiliaire est en relation constante et quotidienne avec son bureau d'attache, par l'intermédiaire des facteurs, qui retournent tous les soirs la comptabilité de la R.A.U. au receveur.

      Les vues ci-dessus et ci-contre montrent la recette auxiliaire de l'avenue de la République, à Clermont-Ferrand, en 1912. Elle est installée chez un débitant de tabac, et affiche en façade ses accessoires règlementaires : pannonceau, lanterne, boîte-aux-lettres. Il semble toutefois manquer la plaque indicatrice des opérations postales. Cette recette, qui est certainement celle portant la lettre indicative C, ouverte le 21 juin 1902 (ann. n°9 B.M. des P.& T. 1902), est située en face d'une station de tramway, emplacement stratégique entre Clermont-Fd et Montferrand. Le tramway jouait un rôle important dans la circulation urbaine des dépêches postales.


Tramway de Montferrand à Royat, décret n°19055 du 27/1/1888, art. 29 du cahier des charges.



        NOTE : les bulletins des postes n'indiquent pas l'adresse d'implantation des recettes auxiliaires. Toutefois, un rapport au Conseil général d'août 1919 indique que "trois R.A.U. sont provisoirement fermées, faute de gérant. Ce sont les R.A. de Clermont-Ferrand A (rue Blatin), Clermont-Ferrand C (avenue de la République) et Clermont-Ferrand D (boulevard Lafayette). La recette auxiliaire de Clermont-Ferrand B (avenue Charras), fermée en raison de l'état de guerre au début des hostilités, sera rouverte au service télégraphique à partir du 1er juillet courant."
La R.A.U. de Clermont-Ferrand A ouvre à nouveau au public le premier décembre 1921 (CG P-de-D 1922/08). En 1923, la R.A.U. de Clermont-Fd D est toujours fermée.

En 1925, le rapport du Conseil général signale l'ouverture d'une nouvelle recette auxiliaire avenue de Beaumont (actuelle avenue de la Libération). Ce rapport fait aussi état du souhait de deux élus de voir une R.A.U. supplémentaire ouverte dans le quartier d'Herbet. La réponse donnée l'année suivante est favorable dans le principe, mais fait savoir "qu'en raison de la faible rémunération accordée pour la gestion de cette catégorie d'établissement, il est à craindre que ce vœu ne puisse recevoir une suite favorable avant longtemps."

Le classement des établissements secondaires établi en 1928 (Bulletin des P.T.T., P.S. n°5) ne fait plus état que de la recette auxiliaire urbaine de Clermont-Ferrand A. La même année, certains conseillers généraux demandent l'ouverture de trois bureaux de poste à Clermont-Ferrand pour faire face à l'agrandissement de la ville, considérant qu'on ne trouve plus de candidats pour tenir les recettes auxiliaires urbaines (CG P-de-D 1928).


Sources :
P. Fouillet, recettes et distributions auxiliaires, agences postales, D.P. n°177/178
Instruction à l'usage des gérants des R.A.U. des postes, bulletin mensuel des Postes et des Télégraphes n°6 (supplémentaire), avril 1896.
Rapports présentés au Conseil général du Puy-de-Dôme, Mont-Louis, Clermont-Fd

La recette auxiliaire de l'exposition de 1910

Entre les mois de mai et d'octobre 1910, un exposition, dite "du Centre de la France", se tient à Clermont-Ferrand, principalement sur la place Gambetta (à l'emplacement de l'actuelle place des Salins). On peut y visiter le Palais des Beaux-Arts, ou celui de la Mécanique, mais aussi un "Village noir", ou encore avoir un aperçu de ce qu'était la "Vieille Auvergne".


Vue prise d'un immeuble du boulevard Pasteur. On distingue, au sud, la silhouette du plateau de Gergovie.

Dès le 19 avril 1910, le Ministre des Postes autorise la création d'une recette auxiliaire à gérance gratuite dans l'enceinte de l'exposition (Journal officiel du 20 avril 1910). Un rapport du Conseil général du Puy-de-Dôme confirme que cette recette fonctionne "à l'intérieur de l'Exposition du Centre de la France" depuis le 13 juin. Le Collectionneur de timbres-poste, édité par Arthur Maury, signale dans son numéro du mois d'août qu'un bureau spécial fonctionne à l'exposition, bureau dont il illustrera la marque dans son numéro d'octobre 1910.


Le collectionneur de timbres-poste n° 359, octobre 1910.


Clermont-Ferrand Exposition, 3 août 1910.

Les bureaux clermontois à la Belle-Epoque

En 1836, le Guide du Voyageur à Clermont-Ferrand, de Jean-Baptiste Bouillet, note qu'il existe dans la ville un "fort ancien" établissement de poste, situé près de la place d'Espagne, et que deux boîtes supplémentaires ont été récemment établies à l'angle des rues Saint-Genès et Saint-Esprit et des rues des Gras et de l'Ecu. Le Vrai Guide de Clermont-Ferrand de 1852 nous donne la localisation du bureau, au poids de ville, ainsi que celle des six boîtes supplémentaires, à la Préfecture, à l'Hôtel-Dieu, rue Pascal, rue des Gras, rue des Jacobins et à Montferrand, rue de la Rodade. En 1855, on compte deux nouvelles boîtes, rue Blatin et Cours Sablon, et dix ans plus tard, encore deux, qui sont installées rue de l'Ecu (actuelle avenue des Etats-Unis) et Barrière d'Issoire.


Dans le prolongement de la place d'Espagne, le bureau du Poids-de-Ville (place Gaillard).
A la Préfecture, le Télégraphe, et la recette du Cours Sablon, nommé ici boulevard Trudaine.

A la fin du XIXème siècle, la ville de Clermont-Ferrand offre au public les services, d'une part, d'un bureau des Postes, recette composée mixte de 3° classe, dite Recette Principale, située place du Poids-de-Ville (place Gilbert-Gaillard), et d'autre part d'un bureau des Télégraphes, le Central télégraphique, non postal, installé à la Préfecture. A ces deux bureaux, il convient d'ajouter un agent entreposeur installé à la gare, chargé de l'échange des dépêches postales avec les bureaux ambulants et convoyeurs. On peut remarquer que l'appellation de l'Hôtel de la Poste, place de Jaude, n'a pas de rapport avec la poste aux lettres, mais qu'il était situé à proximité de la poste aux chevaux et des messageries.

Selon la définition donnée par l'article 31 de l'Instruction générale de 1868, un receveur des Postes est titulaire d'un bureau de recette simple lorsqu'il le gère seul, ou d'un bureau de recette composée si il le gère avec l'assistance d'un ou de plusieurs commis titulaires. Le classement de la recette est fonction de son importance, et il détermine le traitement du receveur. Une recette est mixte lorsqu'elle propose le service postal et télégraphique.

La recette composée du cours Sablon

Dès 1890, les élus clermontois proposent de demander la création de plusieurs bureaux de poste à Clermont-Ferrand, comme cela a lieu dans les autres grandes villes, qui desserviraient les quartiers le plus éloignés du bureau principal. Une création est proposée près de la Préfecture, l'autre choix étant laissé à la municipalité (CG P-de-D 1890/08).

Créée par un arrêté du 26 avril 1895, une recette composée de 4° classe ouvre ses portes au public clermontois le 21 mars 1896 (rapport du directeur des poste, CG P-de-D 1896-08). Elle prend la dénomination de CLERMONT-FERRAND-COURS-SABLON, suite à une décision du Directeur général des P. & T. datée du 7 février 1896 (B.M. n°2 annexe - février 1896). Elle sera ensuite rapidement promue à la troisième classe.

Cette recette était située à l'intersection du cours Sablon, du boulevard Trudaine et de la rue Delarbre, entre le Quartier Général et la caserne du 121ème d'Infanterie, proche de la Caisse d'Epargne et de la Banque de France. Elle n'a toutefois pas attiré l'attention des photographes, et il semble bien difficile d'en trouver la représentation sur une carte postale de l'époque, les opérateurs prenant un malin plaisir à la tenir hors du champ de leur appareil.

La mutation du Central télégraphique

Le Central télégraphique de Clermont-Ferrand est intallé, à titre gratuit, à la Préfecture du Puy-de-Dôme depuis de nombreuses annés, d'abord dans les locaux mêmes (convention du 4 mars 1853 entre le Département et les Télégraphes), puis dans un immeuble adjacent (convention du 2 mars 1868, id.). Mais à la fin de l'année 1899, le Conseil général décide de revenir sur la gratuité, et de demander un loyer de deux mille francs annuels à l'Etat (CG P-de-D 1900/04). Ce revirement va amener l'Administration des Postes et des Télégraphes à repenser l'organisation de ses services à Clermont-Ferrand : elle propose alors le déplacement du Central télégraphique vers des locaux plus vastes, de lui adjoindre un service postal, et d'installer à sa place la recette mixte alors située cours Sablon, sous le nom de Clermont-Préfecture. La ville disposerait ainsi de trois recettes mixtes des P. & T. (note du Directeur des Postes et des Télégraphes du département du Puy-de-Dôme, 26 mars 1900).

Après plusieurs années de gestation, un rapport du Directeur des Postes au Préfet du Puy-de-Dôme (CG P-de-D 1908/09) nous donne les détails de l'installation :
- du poste central télégraphique et téléphonique, avec adjonction du service postal, dans un immeuble à construire, angle avenues de la Gare et Charras ;
- de la Recette Principale, avec service postal et service électrique, dans le local actuel de la place Gaillard, réaménangé et agrandi ;
- du bureau composé du cours Sablon dans le bâtiment départemental où se trouve actuellement le poste central télégraphique et téléphonique.
Après acceptation du dossier par le Conseil général, un projet de bail est dressé en juin 1909, comprenant la location par l'Administration des P. & T., pour dix-huit ans* à compter d'octobre 1910, de divers locaux dans l'immeuble départemental sis boulevard Desaix et rue Saint-Esprit, afin d'y installer la recette du cours Sablon.

A la fin de l'année 1910, après l'installation du Central télégraphique dans ses nouveaux locaux de l'avenue Charras, l'ancienne recette du cours Sablon est renommée Clermont-Ferrand-Préfecture (libellé CLERMONT-FERRAND PREFRE) par un arrêté du 3 décembre. Les empreintes portant le libellé CLERMONT-FERRAND-COURS-SABLON n'auront donc servi qu'un peu moins de quinze ans.

Il est indiqué, lors d'une séance du Conseil général tenue le 21 avril 1909, que "l'entrée du bureau serait établie rue Saint-Esprit". On constate sur les photos que le perron d'accès à l'ancien bureau du télégraphe, donnant sur la place des Petits-Arbres, a disparu.


Le nouveau central de l'avenue Charras. Un observateur pointilleux a corrigé l'erreur
de légende, la "Grande Poste" étant la recette principale de la place Gilbert-Gaillard.

Quand au nouveau bureau des Postes et des Télégraphes du quartier de la gare, il utilise des timbres à date au type 1904, portant le libellé CLERMONT-FERRAND-CENTRAL PUY-DE-DÔME. La désignation fait référence non pas à la position géographique ou hiérarchique de la recette, mais plutôt au Central télégraphique qu'elle héberge.


* A la suite de l'édification de l'Hôtel-des-Postes (l'actuelle "grande poste Saint-Eloy", ci-dessous), situé à moins de deux cent mètres de la préfecture, et qui abritera désormais la recette principale, le bureau de Clermont-Préfecture sera supprimé (CG P-de-D 1936).

>


La recette simple de Montferrand

Par un arrêté du 15 juin 1879, la concession de recettes simples des postes est autorisée aux communes s'engageant à subvenir à leur dépense : c'est l'acte de naissance des recettes municipales (B.M. 14, 2° supp., juin 1879). Celle de Montferrand existe depuis le mois de mars 1881, selon Lavarack (Nomenclature des bureaux de poste français : 1876-1899)***, et elle accueille le télégraphe à partir du 16 septembre de la même année (B.M. 42, octobre 1881).

Il est possible qu'à l'origine, le bureau ait été installé dans le bâtiment qui abritait la Justice de Paix et le Poste de Police, rue de la Fontaine, local dont la commune supportait déjà les frais, ce qui devait limiter le coût d'installation de la recette municipale. Ce bâtiment se trouve à gauche sur la photo ci-dessus, au premier plan. De nos jours, le bureau de poste de Montferrand est situé dans ce même bâtiment, qui abrite également la mairie.

La recette est désignée CLERMONT-FERRAND-SON-DE-MONTFERRAND, le SON signifiant, en l'occurence, section***. Elle est transformée en recette simple des postes de 4° classe par décision du 20 octobre 1883, conservant son "numéro blanc" 7067. L'abondance de lettres dans la couronne, plus importante encore que sur les marques du cours Sablon vues un peu plus haut, ne facilite pas franchement la lecture sur les petits timbres à date type 84.

Après le renouvellement de son matériel oblitérant, au début du vingtième siècle, les timbres à date de cette recette afficheront plus simplement l'intitulé MONTFERRAND PUY DE DÔME

*** Le bureau de poste de Montferrand a été inauguré le 6 juillet 1881 (CG P-de-D 1881/08). Dans le vocabulaire administratif de l'époque, la section électorale désigne une partie de la commune dotée de ses propres conseillers municipaux. En 1881, la commune de Clermont-Ferrand se composait de la section de Clermont, qui possédait 26 conseillers pour 32.191 habitants, et de celle de Montferrand dotée de 4 conseillers pour 3918 habitants.

Le guichet annexe du boulevard Lafayette

Les établissements postaux situés boulevard Lafayette ont fait preuve d'une discrétion de violette au cours de la première partie du vingtième siècle. Nous avons vu qu'une recette auxiliaire a ouvert en décembre 1912 dans un lieu non déterminé, peut-être chez un débitant de tabac installé dans l'immeuble de l'actuel n°25 (qui abrite encore de nos jours un tabac-presse). Cette R.A.U. a probablement fermé au début de la Grande Guerre, et elle n'avait toujours pas réouvert en 1923. Nous ne connaissons pas de marque postale de cette établissement, qui portait la lettre D, et qui a pu servir seulement pendant un an et demi.

Dans le courant des années suivantes (après 1928), un guichet annexe, établissement secondaire dépendant d'une recette, est ouvert sur le boulevard, au numéro 42, si l'on en croit le Livre-guide de Clermont pour 1932 (Le Moniteur, Mont-Louis). Nous en connaissons quelques marques, pas extrêmement lisibles, portant l'intitulé CLERMONT-FD BVARD LAFAYETTE P. DE D. Une proposition est faite en 1938 (CG P-de-D 1938) pour le transformer en recette, mais il sera fermé en 1945, faute d'un local suffisant (CG P-de-D 1945-10).


L'entreposeur en gare


      Le chemin de fer atteint Clermont-Ferrand le 7 mai 1855 (ligne de Paris), mais la construction de la gare ne s'achève que dans le courant de 1858. Il est probable qu'un préposé des postes y est installé dés l'origine, chargé de l'échange des dépêches, de la présentation des boîtes mobiles aux ambulants, et de la réception des convoyeurs et courriers. En février 1867, la publication de la circulaire n°508 étend les attributions des entreposeurs en gare à la levée de la boîte aux lettres de la gare, ainsi qu'à celles des courriers d'entreprise y aboutissant. Ce n'est donc qu'après cette date que l'on relève la frappe du timbre dateur GARE DE CLERMONT-FERRAND 62 sur la suscription des lettres traitées en gare.


Lettre levée dans la boîte de la gare de Clermont-Fd, 25 mars 1867. Oblitération de l'ambulant montant à Paris

L'entreposeur et les boîtes mobiles

      La lettre ci-dessous, émanant d'un commerce situé au début de l'avenue Charras, à quelques minutes à pied de la gare de Clermont-Ferrand, a possiblement été remise à un courrier de passage transportant des dépêches postales entre la recette principale de la place Gaillard et la station, et équipé d'une sacoche-boîte*. Elle a été transmise à l'entreposeur, qui, ne l'ayant pas levée lui-même dans sa propre boîte mobile, a apposé son timbre BM sur la suscription, ainsi que son timbre à date (Instruction générale, article 536 modifié, sept. 1883). La lettre a ensuite été acheminée par le train jusqu'à Issoire, puis en voiture jusqu'à Saint-Germain-l'Herm.


Lettre de la gare de Clermont-Fd à Saint-Germain-l'Herm, 23 mars 1886, levée dans une boîte mobile

* Aux termes d'une décision ministérielle en date du 17 décembre 1872, les entrepreneurs de service à pied peuvent, au fur et à mesure de la conclusion de nouveaux marchés, être tenus de transporter une sacoche-boîte, destinée à recevoir les correspondances du public, dans les conditions déterminées par l'art. 1272 de l'Instruction générale.
L'Administration a arrêté le modèle d'une petite sacoche-boîte à lettres, très légère, en cuir, que les courriers d'entreprise à pied porteront très aisément, en même temps que leurs dépêches.
(Instruction n° 75, BM 46, janvier 1873)

      Sur cette vue extraite d'une carte postale illustrée du début du siècle dernier, on peut voir un échange de dépêches entre un courrier en voiture et un employé de l'entrepôt en gare (caché par la voiture), qui s'aide d'un chariot pour transporter les sacs. La vue est malheureusement trop médiocre pour que l'on puisse distinguer la boîte mobile, si il y en a une.

L'entrepôt des postes en gare

      Nous n'avons pas trouvé trace, ni dans les rapports du Conseil général du Puy-de-Dôme, ni dans les bulletins des postes, de la création d'une recette des postes à la gare. La présence d'un tel établissement est peu probable au début du XXème siècle, car si avait existé, l'ouverture de la recette auxiliaire B de l'avenue Charras (voir plus haut), située à peine à deux cent mètres de là, n'aurait certainement pas été acceptée. D'importants travaux d'agrandissement ont eu lieu en 1881, à la suite du prolongement de la ligne ferroviaire vers le sud et l'ouest. L'entrepôt des postes s'est alors trouvé hébergé derrière une pimpante petite facade, du côté ouest de l'esplanade.

      Sur cette vue datée de 1901, on remarque que l'établissement semble assez exigu. Il est signalé par une simple pancarte POSTES en lettres noires sur fond blanc, à comparer avec le large bandeau surmontant la facade de la recette auxiliaire B. On distingue ce qui ressemble à deux boîtes aux lettres, peut-être la boîte mobile pour les lettres à destination ferroviaire, placée au-dessus d'une fente dans le mur pour les lettres locales devant passer par la recette principale de Clermont-Ferrand. Au-dessus des boîtes, il semble y avoir un lanterneau portant le mot POSTES.


Retour au sommaire