Le dur labeur du facteur rural

Y a-t'il un métier plus pénible que celui de facteur rural ?
Marcher sans cesse, est-ce possible ? Toujours à pied, jamais à ch'val.
Se lever dès potron minette, trotter jusqu'au soleil couchant
sans se rafraîchir la trompette avec un p'tit coup de vin blanc.

Les tournées du facteur - chanson, v. 1890


En juin 1829, le roi Charles X, soucieux de ce que toutes les communes du Royaume de France, jusqu'à la plus petite, bénéficient de la levée et de la distribution du courrier, signe la loi sur le service de la poste rurale (dite aussi loi Sapey), afin que ce service soit mis en œuvre dès le premier avril 1830.
En complément de la création de bureaux de distribution supplémentaires, il découle de cette loi l'installation de boîtes aux lettres dans les quelques 35.000 communes encore dépourvues de service postal. Pour le service de ces boîtes, 5.000 facteurs ruraux sont recrutés.


Lettre relevée à Aigues-Vives, arrondissement de Calvisson, en avril 1835.
Origine rurale identifiée, décime rural en rouge, pas de lettre-timbre sur le pli.

Le financement de cette loi s'appuie sur l'instauration, en sus de la taxe progressive ordinaire, d'une taxe forfaitaire de 1 décime, à percevoir sur toute lettre relevée ou distribuée dans une commune rurale dépourvue de bureau de poste (art.2), sauf si elle est adressée, ou a pris naissance, dans le même arrondissement rural (I.G. 1832, art.181). Le décime rural sera supprimé par la loi du 3 juillet 1846.


Lettre originaire de Clermont-Ferrand, pour Messeix, arrondissement de Bourg-Lastic, en novembre 1842.
Destination rurale, décime rural en noir, taxe progressive de 1 décime pour la circonscription postale.

L'arrondissement rural d'un bureau de direction ou d'une distribution comprend l'ensemble des communes ne possédant pas de bureau de poste, desservies par les facteurs ruraux de ce bureau ou de cette distribution.
Une circonscription postale comprend un bureau de direction, son arrondissement rural, ainsi que les distributions en correspondance directe avec le-dit bureau de direction, et leur arrondissement rural.


Lettre écrite à Veracruz (Mexique) en septembre 1836, envoyée en France par navire du commerce.
A destination rurale, elle paye la taxe territoriale française, le décime de mer et le décime rural.

Application erronée du décime supplémentaire

De Aiseray (Côte-d'Or), 29 juillet 1832, pour Genlis. Aiseray est une commune rurale de l'arrondissement de Genlis. A cette époque, le timbre OR n'existe pas, et l'apposition sur la lettre du timbre de boîte n'est pas prescrite. La lettre arrive vierge de toute marque postale au bureau de Genlis, qui taxe à 1 décime pour un lettre née et distribuée dans son arrondissement postal, appose son timbre CL indiquant l'inscription de ce décime comme recette d'origine rurale, et appose aussi, par erreur, la marque du décime supplémentaire. Cette marque n'étant pas annulée, il n'est pas possible de savoir si ce décime a été, ou non, indument perçu.

De St-Germain-en-Laye, 29 juillet 1833, pour Chanday (Orne) par Verneuil. Taxe manuscrite de port dû de 4 décimes, tarif de la lettre de moins de 7,5 grammes sur une distance comprise entre 81 et 150 kilomètres. Au verso, arrivée Verneuil (Eure), au recto, décime rural, apparemment de la même encre. Le décime est barré de trois petits traits de plume.

Chandai dispose d'une distribution, depuis le 1er octobre 1824, en correspondance avec L'Aigle (Orne), mais également avec Verneuil-sur-Avre (Eure). Conformément à l'indication de routage portée sur l'adresse, la lettre a transité par la direction de Verneuil, qui a apposé son timbre à date à l'arrivée. Il n'y avait pas lieu de faire payer le décime supplémentaire au destinataire, la commune de destination ayant un bureau de poste ; on peut penser que toutes les lettres portant la mention "par Verneuil", a priori destinées à une tournée de facteur rural, ont été regroupées, puis frappées du décime ; c'est probablement au moment de composer les tournées que l'on s'est aperçu de l'erreur, et que le décime a été raturé.
On note l'absence du timbre cursive de Chandai en arrivée, ce qui pourrait laisser penser, à tort, que cette localité ne possédait pas de bureau de poste.


De Cheroy (Yonne), 8 mars 1838, pour Paris. Lettre d'origine rurale relevée dans une boîte au cours de la tournée du facteur. Le décime rural est tout d'abord appliqué en rouge, avant que le taxateur ne s'avise qu'en vertu des articles 331 à 333 de l'I.G.S.P. applicable le 14 juillet 1832, les lettres adressées au Ministre de la Guerre "ne doivent jamais être recues à l'affranchissement." En conséquence, le décime est rayé d'un trait de plume et la lettre est envoyée franche de port. Arrivée le lendemain à Paris.

De Artiguelouve (Basses-Pyrénées), 17 décembre 1843, pour Sauveterre, par Orthez (Basses-Pyrénées). Lettre relevée dans une boîte rurale au cours de la tournée du facteur, et à destination d'une commune dépourvue de bureau de poste. Le décime rural est règlementairement appliqué en rouge, pour taxer l'origine rurale, mais il est accompagné d'un second décime appliqué en noir, réclamant la taxe pour la destination rurale. Or l'article 10 de l'instruction sur le service rural du 1er avril 1830 précise bien que "la taxe supplémentaire ne peut être perçue qu'une fois, quand même la lettre aurait été recueillie dans l'arrondissement rural d'un bureau, et serait destinée pour l'arrondissement rural d'un autre bureau."

Il est possible que le postier de Pau ait apposé d'abord, par erreur, sa marque en noir, avant de la refrapper règlementairement en rouge. En effet, il était très probablement pourvu de deux timbres de décime rural, l'un servant pour la taxe devant être appliquée en noir, l'autre pour la taxe à appliquer en rouge (circ. 38, décembre 1934, art.7).

Distribution en correspondance directe avec Paris

De Villers-sur-Bonnières, 4 janvier 1834, pour Paris. Décime supplémentaire, dateur simple cercle et cursive de la distribution de 58/Marseille. Taxe manuscrite de port dû de 3 décimes, pour une lettre de moins de 7,5 grammes sur une distance comprise entre 41 et 80 kilomètres, appliquée soit au départ, soit à l'arrivée à Paris. La taxe semble erronée, la distance, en ligne droite, étant légèrement supérieure à 80 kilomètres. Au verso, arrivée Paris, 5 janvier.

La lettre a été levée dans une boîte rurale, ou remise à un des facteurs de la distribution de Marseille-le-Petit (Oise). Cette distribution étant située sur la route de la malle-poste de Paris à Calais, elle devait, depuis février 1828, faire dépêche directe pour Paris. Il n'est guère possible de savoir où la taxe a été apposée, ce n'est qu'en 1835 que les distributions en correspondance directe avec Paris pourront utiliser un chiffre de taxe au tampon.

Réexpédition vers une commune rurale


De Bordeaux, 27 décembre 1834, pour Saint-Maixent (Deux-Sèvres). La taxe initiale de six décimes, erronée, a été abaissée à cinq décimes par le bureau de départ (premier échelon de poids pour une distance de moins de 220 kilomètres). A l'arrivée à Saint-Maixent, le destinataire ayant changé de résidence, la lettre a été redirigée (mention manuscrite Cht. de Rse, le n°22 correspondant au numéro d'inscription de la lettre sur l'état nominatif n°41 des changements de résidence). Le destinataire résidant désormais dans une commune rurale, Beaussais, par Melle (Deux-Sèvres), le directeur de Saint-Maixent n'a pas recifié la taxe (même échelle de distance depuis Bordeaux), mais a appliqué le décime rural en noir.


Les marques de la lettre
circulant par la poste rurale

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La mission du facteur rural


Comme indiqué dans la circulaire d'application, chaque facteur rural est affecté à une tournée, qu'il doit effectuer, une fois tous les deux jours, pour distribuer et relever le courrier, selon l'ordre prévu par l'administration. Une loi complémentaire instaurera, en 1832, un service quotidien, qui sera mis en place très progressivement.
Pour contrôler la régularité de cette tournée, chaque boîte est désignée par une lettre, suivant l'ordre alphabétique en rapport avec l'ordre de marche imposé au facteur. Une lettre-timbre, d'environ 10 mm, est vissée à l'intérieur de chaque boîte, et le facteur doit en relever l'empreinte sur sa feuille de route, appelée part, à l'aide d'un tampon encreur qu'il porte sur lui.

Généralement frappée en noir, la lettre-timbre se rencontre plus rarement en rouge. A gauche, une origine rurale non identifiée de l'arrondissement de Lézignan en octobre 1837.

A partir d'avril 1834, le décime rural doit être, règlementairement, frappé en rouge si la lettre est d'origine rurale, en noir si elle est destinée à un arrondissement rural.


Origine rurale non identifiée (peut-être Aillon) de l'arrondissement du Châtelard, en août 1903. Lettre-timbre frappée en bleu.

Le règlement de novembre 1835 fait obligation au facteur rural de faire également figurer sur la suscription, à partir de cette date, l'empreinte de la lettre-timbre correspondant à la boîte dans laquelle le courrier a été relevé. La lettre-timbre doit, normalement, être frappée en noir (Circulaire du 18 octobre 1834), mais on rencontre, plus rarement, des marques à l'encre rouge ou bleue. On peut rencontrer des lettres-timbre sur les courriers jusqu'au début du vingtième siècle (suppression par circulaire du 7 décembre 1911 - BMP&T n° 19-IV-5°).

Après l'introduction, en 1849, du timbre-poste en France, le facteur rural, s'il continue d'apposer sa lettre-timbre sur le pli, ne doit pas, en revanche, la faire empiéter sur la figurine, les opérations d'oblitération du courrier étant réservées à l'agent sédentaire du bureau de poste, sauf cas particulier.

Du facteur rural au bureau ambulant



Lettre écrite à Fontblanche, le 22 novembre 1860, et postée à la boîte rurale B de l'arrondissement postal de Marignane. Cette boîte est située soit à Fontblanche même, soit à Vitrolles (cf. lettre de Vitrolles, boîte B, 30 juillet 1859, F.M.339S p.40). La lettre n'étant pas destinée à être distribuée dans la suite de la tournée du facteur, celui-ci devrait, règlementairement, la ramener au bureau de Marignane, afin qu'il y soit donné suite par le distributeur.
Mais au lieu de porter l'annulation losange PC1879 et le timbre dateur de Marignane, la lettre porte le losange d'ambulant LM1° et le dateur Lyon à Marseille 1°. Il nous faut alors supposer que le facteur a jeté cette lettre à découvert dans une boîte mobile de gare située sur le passage de l'ambulant.

On connaît une circulaire parue au B.M. de janvier 1867, et qui évoque l'autorisation donnée aux directeurs et distributeurs de permettre le dépôt de certaines lettres rurales dans les boîtes mobiles, pour un "prompt acheminement des correspondances". C'est probablement ce qui c'est passé dans ce cas précis, avec quelques années d'anticipation sur la position officielle.

La gare du canton de Marignane, où passe la ligne Méditerranée du P.L.M., est située à Saint-Victoret, pas très loin de Fontblanche. Le bureau ambulant ordinaire* LM1°, parti de Lyon le matin vers 8h30, s'y arrête vers 16h. A cette heure-là, le distributeur de Marignane a déjà clos sa dépêche, alors que le facteur n'est probablement pas encore rentré au bureau. C'est la raison pour laquelle ce dernier poste notre lettre, au passage devant la boîte mobile de la gare, à découvert, afin qu'elle soit levée par l'ambulant descendant vers Marseille. Le directeur de ce bureau l'inclut alors dans la dépêche destinée à son collègue de l'ambulant supplémentaire* ML2°, qui part de Marseille vers 22h, en direction de Lyon, en correspondance avec Paris. La distribution de la lettre aura ainsi gagné 24 heures.

les ambulants ordinaires ne circulent pas nécessairement de nuit, ni les supplémentaires de jour, malgré les expressions consacrées largement utilisée par les marcophiles (cf. le plan de fonctionnement des ambulants, B.M.12 1856).

Dans les communes rurales dépourvues de bureau de poste, mais dont l'étendue et la population présentent une certaine importance, il peut être demandé, par les municipalités, l'installation, à leurs frais, d'une ou plusieurs boîtes supplémentaires. Elles sont alors incluses dans la tournée du facteur rural. Le timbre circulaire porte la même lettre que celle de la boîte principale, accompagné d'un indice, à partir du n°2.
Ces timbres à indice peuvent également avoir été utilisés lorsque le nombre de communes rurales desservies par un même bureau est supérieur au nombre le lettres de l'alphabet. On connaît ainsi des lettres-timbre à indice 4, voire  5 (lettre-timbre P/4 pour la boîte rurale de Havrincourt, dépendant du bureau de Cambrai, ce bureau desservant 89 communes rurales en 1840, par exemple).


Lettre relevée dans la boîte rurale Q2 de Trèbes,
arrondissement de Carcassonne, en novembre 1861.

La circulaire du 9 juin 1836 introduit dans le service un timbre portatif, marqué aux initiales OR, à appliquer sur les lettres, d'origine rurale, remises en main propre au facteur rural par l'expéditeur, hors des boîtes. Elle est généralement frappée en noir, mais il arrive de la rencontrer en rouge. La marque OR a été supprimée par circulaire du 7 décembre 1911 (BMP&T n° 19-IV-5°).


Lettre remise au facteur rural à Port-de-Bouc, arrondissement de Martigues, en mai 1858.
Origine rurale identifiée, timbre OR sur le pli.


Lettre remise au facteur rural dans l'arrondissement de Saint-Mars-la-Pile, en février 1855.
Timbre OR frappé en rouge, taxe territoriale de port-dû.


Les marques comptables


Avant chaque tournée, le directeur du bureau de poste, ou le distributeur, fait inscrire à chaque facteur rural, sur son part, le nombre de lettres à distribuer, et il porte au débit du facteur, par avance, le montant des taxes de port dû à percevoir par celui-ci (1). Au cours de sa tournée, le facteur rural se fait régler, par les destinataires, les taxes de port dû indiquées sur les plis (2). A la fin de la tournée, il rembourse sa dette au directeur, et fait annuler le montant des taxes des lettres non distribuées, après en avoir justifié le motif. Ces taxes non recouvrées sont alors reportées sur une comptabilité spéciale, en tant que "non valeurs".

(1) IG 1832 - III/V/III/500. "Les facteurs sont responsables envers les directeurs du montant de la taxe des lettres dont ils ont reconnu le compte ; et ils sont tenus de rapporter, jour par jour, le montant de la taxe des lettres distribuées."
(2) id. 501. "Il est défendu aux facteurs de faire aucun crédit ; ils doivent se faire payer immédiatement le port des lettres qu'ils distribuent."


Lettre relevée à Mirepeisset, arrondissement de Narbonne, en décembre 1834.
Origine rurale identifiée, taxe locale 1 décime, pas de lettre-timbre sur le pli.

Il faut citer, comme marques comptables spécifiques à la poste rurale, les timbres CL (correspondance locale) et CD (correspondance distribution), introduits par une circulaire de 1830 pour le premier, puis en 1832 pour le second, et dont la frappe se faisait au bureau de poste. Leur présence permettait aux directeurs, ou aux distributeurs, de tenir la comptabilité particulière des "non valeurs", pour les lettres non distribuées dans l'arrondissement du bureau où elles avaient pris naissance (3). Ces marques furent supprimées à la fin de l'année 1858, lors de l'introduction du chiffre-taxe à 10 centimes.

(3) Instruction sur le service rural, 1830, ch.V "Les directeurs inscriront à un article spécial, sur leurs registres-journaux et sur leurs bordereaux mensuels, les recettes de toute nature provenant du service rural."

Application erronée de la marque CL


De Arc-en-Barois, le 28 décembre 1831, pour distribution dans la ville même. Le directeur a appliqué la taxe progressive locale, puis, emporté par son élan, a complété avec la marque d'identification des recettes de provenance rurale. Il a ensuite passé un certain temps a essayer de faire disparaître son erreur ...


De Faverges-de-la-Tour (arrondissement de la Tour-du-Pin), 18 février 1832 pour Virieu, levée à la boîte rurale ou remise au facteur rural. A cette époque, le timbre OR n'existe pas, et l'apposition sur la lettre du timbre de boîte n'est pas prescrite. La lettre arrive vierge au bureau de La-Tour-du-Pin, qui appose son type 13 daté du 18 février, le décime supplémentaire, le timbre octogonal CL et qui taxe à deux décimes pour une lettre de moins de 7,5 grammes sur une distance de moins de 40 km (tarif de 1828). Au dos, timbre type A du 19 février apposé en arrivée. Le décime supplémentaire s'applique aux lettres rurales circulant en dehors de l'arrondissement postal, la marque CL concerne celles ne circulant qu'à l'intérieur de cet arrondissement, sauf réexpédition éventuelle, cette marque est ici de trop.


De Paris, bureau (J) Place de la Bourse, 29 juillet 1848, pour Bernay-de-l'Eure. La lettre est affranchie avec un timbre rouge P.P., taxe manuscrite 4 au verso, pour un poids inférieur à 7,5 grammes sur une distance en ligne droite inférieure à 151 kilomètres (tarif de 1828). A l'arrivée à Bernay (timbre à date 30 JUIL. 48 au verso), l'adresse est rectifiée et la lettre renvoyée à Saint-Etienne-du-Rouvray par Rouen. Le port étant réglé au départ, la taxe n'est pas modifiée (la tranche de distance restant la même, elle n'aurait, de toutes manières, pas eu lieu de l'être). A l'arrivée à Rouen (timbre à date 31 JUIL. 48 au verso), le directeur à appliqué son timbre octogonal CL, en contradiction totale avec la définition d'emploi de ce timbre : le timbre CL s'applique sur les lettres [en port dû] qui sont distribuables dans l'arrondissement du bureau même où elles ont pris naissance. Ce qui, manifestement, n'est pas le cas de celle-ci ...

Absence de la marque CL


De Rablay-sur-Layon, date manuscrite du 3 décembre 1849, pour Champs-sur-Layon. La lettre a été levée dans la boîte rurale C de la direction de Saint-Lambert-du-Lattay. Le facteur constatant qu'elle est distribuable dans la suite immédiate de sa tournée, il applique lui-même la taxe locale de 1 décime. Le destinataire ayant changé d'adresse, la lettre est ramenée au bureau de direction. La lettre étant désormais distribuable en dehors de sa circonscription postale d'origine, la taxe initiale, qui a été annulée par le facteur, est remplacée par une taxe territoriale de 2 décimes. La première taxe n'ayant pas été portée en recette par le directeur de Saint-Lambert, son annulation n'implique pas d'inscription en non-valeur, et la marque CL ne s'impose donc pas.


Distribution de Vigny, août 1856, à destination locale, taxe 1 décime, timbre CD.

Application erronée de la marque CD


Ces deux lettres d'origine rurale ont été envoyées de Sartrouville en août et novembre 1833 vers Chanteau près d'Orléans. Etant dirigées par le distributeur vers son bureau de direction (Franconville), elles sont règlementairement frappées du timbre de décime rural en rouge (circulaire n°45, 1830). Mais le distributeur à cru bon de frapper également son timbre CD, pourtant réservé à l'usage local. Les lettres sont passées par Paris, où elles ont reçu une taxe de port dû de quatre décime, avant d'être acheminées vers Orléans. La première des lettres y a reçu la frappe du timbre de décime rural en bleu, de façon totalement abusive.


Lettre née dans l'arrondissement de Neuville-sur-Saône, en novembre 1857.
Destination locale de Poleymieux-au-Mont d'Or, timbre CL oblitérant noir.

Le règlement ne prévoyait évidemment pas d'usage oblitérant pour ce type de marque. On voit ici l'annulation non règlementaire d'un timbre-poste du tarif local par un octogone CL noir, en lieu et place de l'habituel losange petit chiffre, peut-être momentanément égaré ...


Les marques de port payé


L'Instruction générale de 1832 fait obligation aux directeurs de noter, au dos des lettres dont le port doit être réglé par l'expéditeur, le poids de chaque lettre, ainsi que le montant du port perçu. De plus, l'employé doit apposer, au recto, son timbre P.P., à l'encre rouge. Ce timbre perdra beaucoup de son utilité avec l'introduction du timbre-poste mobile en 1849.


Port payé relevé à Lapradelle-Puylaurens, arrondissement de Quillan, en juin 1837.
Origine rurale identifiée, suscription rayée en croix par l'expéditeur et timbre P.P. rouge.
Lettre à destination d'une commune rurale. Le décime supplémentaire est inclus dans la taxe au verso.

Ce règlement interdit, a priori, l'envoi de lettres en port payé par l'intermédiaire du facteur rural. On rencontre cependant de tels courriers. Il est certain que l'Administration a assoupli les termes de l'Instruction, en autorisant le facteur rural a recueillir le montant du port payé auprès de l'expéditeur. La marque P.P. et les inscriptions règlementaires étaient apposées lors du retour au bureau.


Port payé originaire de Cléré, arrondissement de Langeais, en mars 1833.
Cette lettre a très probablement été déposée au bureau de poste par l'expéditeur.
Timbre P.P. en noir, en contradiction avec l'Instruction générale de 1832.
Destination rurale , la marque 1D. est appliquée au recto, par le bureau destinataire,
par erreur, en contradiction avec le §1 de l'art. 544 de l'IG de 1832.(*)


Destination rurale, le décime supplémentaire est inclus dans le port (indication manuscrite 7 1/8/).
Ce pli contenait une reconnaissance d'article d'argent jointe à la correspondance.

Jusqu'au 31 décembre 1846, les courriers en port payé à destination d'une commune rurale située en dehors de l'arrondissement postal de naissance sont soumis au décime supplémentaire. La marque ovale 1D.  est parfois rencontrée sur les plis en port payé, mais elle est le plus souvent rayée, tout dépendant de l'interprétation des textes faite par les agents (Instruction sur le service rural).

Les courriers en port payé, originaires d'une commune rurale dépourvue d'un bureau de poste, adressés dans une commune située en dehors de l'arrondissement postal de naissance et disposant d'un bureau de poste, ne sont pas soumis au décime rural, l'affranchissement ne prenant effet qu'à partir du bureau de poste d'origine (Circulaire n° 41 de mai 1830).

Perception illicite du décime rural


La lettre ci-dessus est écrite le 13 décembre 1830 à Plélauff, commune dépourvue de bureau de poste, adressée à l'Evêque de Saint-Brieuc en Son Palais, et son auteur en a demandé l'expédition en port payé, considérant la qualité du destinataire. Elle est acheminée jusqu'au bureau de direction de Rostrenen, dans les Côtes-du-Nord par un facteur rural à qui l'expéditeur a confié la somme de 40 centimes, correspondant au port d'une lettre de moins de 7,5 grammes pour une distance comprise entre 41 et 80 kilomètres (tarif de 1828), plus un décime de taxe supplémentaire pour le service rural.

Le directeur de Rostrenen a appliqué son timbre d'origine de port payé, acceptant sans sourciller ce décime rural perçu de façon totalement illicite, eu égard à la Circulaire n° 41 de mai 1830, qui précise bien que les lettres rapportées au bureau par les facteurs ruraux pour être affranchies ne doivent pas le décime supplémentaire, lorsqu'elles sont adressées dans une commune disposant d'un bureau de poste, et il a rajouté son timbre de décime rural sur la suscription. Le directeur a alors peut-être craint que ce décime, déjà payé - abusivement - au départ, ne soit réclamé une seconde fois à la distribution, et il a pris soin d'en répéter l'application au dos, à côté de la mention "40c décime compris", afin de bien clarifier la situation.

Reste une certaine ambiguïté lorsque les envois en port payé sont d'origine et à destination rurale, du moins si l'on suit à la lettre les termes du §3 de l'I.G. de 1832 :

(*) I.G. de 1832, art.544 "Ne seront pas frappées du timbre du décime rural : 1 - Les lettres portant le timbre : port payé ; ... ; 3 - Les lettres que les facteurs ruraux apportent au bureau pour être affranchies, à moins qu’elles ne soient adressées à une commune rurale en dehors de l'arrondissement." Il est possible que certains agents aient pu rester dubitatifs face à l'apparente incohérence entre les paragraphes 1 et 3.


De Paris-Bureau Central, 7 mars 1842, pour Saint-Cyr-sur-Morin, commune dépourvue de bureau de poste, desservie par La-Ferté-sous-Jouarre. Port payé demandé. Pour une distance de 60 kilomètres, la taxe progressive est de 3 décimes pour moins de 7,5 grammes. La lettre pesant entre 7,5 et moins de 10 grammes, le postier parisien taxe au deuxième échelon de poids, soit 5 décimes auxquels il rajoute le décime rural, total 6 décimes à payer par l'expéditeur. Timbre P.P. appliqué en rouge.
Aprés un détour en fausse direction par Saint-Cyr près de Versailles, et un retour à Paris, la lettre parvient à La-Ferté-sous-Jouarre, où le directeur applique son timbre de décime rural en noir, malgré la présence au recto du timbre P.P.

PORT ORIGINE DESTINATION DECIME
Rurale Hors arrondissement Appliqué au départ
et payé à destination
Bureau Rurale
hors arrondissement
Appliqué et payé
à destination
Payé Rurale Bureau
hors arrondissement
Pas de décime rural
Payé Rurale Rurale
hors arrondissement
Appliqué ? (art.544/3)
et payé au départ
Payé Bureau Rurale
hors arrondissement
Pas appliqué
et payé au départ



Feuilles marcophiles - Publication de l'Union Marcophile
n°344 - 1er trimestre 2011


Application erronée de la marque 1D.

De Sillé-le-Guillaume, le 13 juillet 1839, pour Brûlon, arrondissement de Sablé. La lettre est en port payé, au second échelon de poids. Au dos figure l'addition manuscrite de trois décimes pour le port ordinaire et du décime supplémentaire pour la distribution par le facteur rural. La marque de décime rural a été appliquée en noir, par erreur (§1, art.544, IG1832) par le bureau de Sablé, avant d'être biffée de deux traits de plume.


Le cas des objets affranchis en timbres-poste
relevés et distribués au cours d'une même tournée


A partir de 1850, lorsqu'une lettre simple (et plus tard une carte postale), correctement affranchie en timbres-poste, est remise entre les mains du facteur rural, et que celui-ci peut la distribuer lors de la suite de sa tournée, sans repasser par le bureau de poste, il annule le timbre-poste à l'aide du timbre OR, avant de remettre la lettre au destinataire (IG1856 art.898). C'est le cas de la carte postale ci-dessous, correctement affranchie à 10 centimes, écrite à Montchevrel (arrondissement de Courtomer, Orne) en janvier 1910, et distribuée un peu plus loin, au hameau, ou à la ferme de La Rosière.


Carte postale remise au facteur rural, née et destinée à Montchevrel, janvier 1910.
Timbre OR au verso sur le timbre-poste, et au recto sur la carte.


En 1859, l'Administration, consciente du fait que le facteur rural, lorsqu'il relève et distribue une lettre simple, en port dû, au cours de la même tournée, est soumis à la tentation de disposer de la taxe comme il l'entend, décide de l'introduction dans le service du chiffre-taxe à 10 centimes (tarif de la lettre simple dans l'arrondissement rural). Cette vignette, qui doit obligatoirement être apposée sur le pli et annulée à l'aide du timbre OR avant la distribution, est destinée à justifier, auprès du destinataire, la perception de la taxe.


Lettre non affranchie, remise au facteur rural et distribuable au cours de la même tournée.
Chiffre-taxe à 10 centimes règlementairement annulé du timbre OR.

Le timbre OR, remplaçant le timbre oblitérant, doit être appliqué "... fortement, à l'angle supérieur de droite et à l'angle inférieur de gauche de la figurine." (IG1856, art.901). Dans la réalité, il n'en est pas forcément toujours ainsi.


Port dû relevé dans la boite G de l'arrondissement de La Ferté-Fresnel (Orne), en février 1859.
Le bureau d'arrondissement et l'adresse de destination ne sont pas situés dans le même département.


On peut lire dans quelque bonne littérature sur le sujet (Haute-Saône, postes rurales - de Fontaine - DP35/36) : "Les lettres-timbre et les timbres OR ne peuvent se rencontrer ensemble sur la même correspondance." Il y a pourtant un cas particulier où le facteur rural était tenu d'appliquer les deux marques simultanément.
Lorsqu'une lettre simple, relevée dans une boîte rurale au cours de la tournée du facteur, est distribuable dans la suite de cette tournée, sans occasionner de rebours ou détour, il est donné autorisation au facteur d'annuler le timbre-poste à l'aide de son timbre OR, avant de délivrer le courrier à son destinataire (IG1856 art.898). Règlementairement, il a dû, auparavant, appliquer sur la suscription la lettre-timbre de la boîte correspondante.

Nous avons vu que le facteur rural ne devait apposer, en aucun cas, l'empreinte de la lettre-timbre sur le timbre-poste. Il est pourtant arrivé qu'il le fasse, certainement par commodité, sachant qu'il y avait peu de risques qu'il soit contrôlé.


Cette lettre, écrite à Vaillant (arrondissement de Prauthoy, Haute-Marne) le 10 septembre 1882, a été relevée dans la boîte I. On peut supposer que cette boîte est située à Vaillant, bien que la lettre ait pû être jetée dans la boîte d'un autre village plus avant dans la tournée (l'existence de lettres écrites à Vesvres-sous-Chalencey, et portant la lettre-timbre H, conforte cependant notre supposition).

Le facteur, ayant constaté qu'elle était adressée à Esnoms (arrondissement de Prauthoy, Haute-Marne), localité à venir dans sa tournée, a apposé la lettre-timbre I sur le pli, avant d'annuler soigneusement le timbre-poste, de façon à ce que chaque empreinte porte "... pour les trois-quarts sur la figurine et pour un quart sur la lettre.", conformément aux directives de la Circulaire n°75 de 1851. Il aurait dû, cependant, réaliser l'opération à l'aide de son timbre OR, et non avec la lettre-timbre de la boîte. La lettre est, bien évidemment, vierge de toute autre marque postale.
En l'occurence, le facteur a effectué la totalité des opérations dévolues en temps normal à plusieurs employés, voire même à plusieurs bureaux : levée, tri, constatation du port, application des marques, acheminement, distribution.

On peut voir sur la carte de Cassini la position respective des localités de Vesvres, Vaillant et Esnoms, ainsi que leur position par rapport au bureau de Prauthoy dont elles dépendent. Le bureau de Prauthoy n'est pas une création de 1830, il est déjà mentionné sur cette carte de 1761.
Il y a environ 5 kilomètres entre Vaillant et Esnoms, et 8 de plus jusqu'à Prauthoy. Les tournées, qui se se comptaient, à l'époque, en heures de marche, faisaient en moyenne cinq lieues, parfois plus. Nos arrières-grands-pères étaient bons marcheurs, avant l'invention de l'automobile.


Poste rurale et boîtes mobiles


En théorie, une lettre issue de la tournée d'un facteur rural n'aurait aucune raison de porter la marque ovale des boîtes mobiles des courriers d'entreprise. En effet, l'apposition de cette marque était réservée aux plis postés à découvert, dans ces boîtes, par les particuliers, alors que le facteur devait ramener sa levée au receveur ou distributeur de son bureau d'attache, lequel fermait ses dépêches avant de les remettre au courrier. On ne devrait donc pas pouvoir rencontrer, sur un même pli, l'empreinte d'une lettre-timbre, ou d'un timbre OR, en compagnie de la marque BM.


Lettre remise au facteur rural de l'arrondissement de Bidart (Basses-Pyrénées), en août 1876.
La lettre, oblitérée à Bidart, a voyagé par boîte mobile de courrier d'entreprise.

Le cas a pourtant été étudié par l'Administration, dans une circulaire de 1867 ; lorsque, avec des raisons "... sérieusement motivées ...", un facteur rural rapportait le produit de sa tournée après la fermeture des dépêches, mais avant le départ de la voiture, les plis pouvaient être insérés, à découvert, dans la boîte mobile, par le receveur ou le distributeur. Les lettres acheminées suivant ce cas de figure exceptionnel ne sont, à l'évidence, pas monnaie courante.


Lettre levée dans une boîte rurale non-identifiée, en janvier 1907.
La lettre, oblitérée à L'Isle-en-Jourdain, a voyagé par boîte mobile de courrier d'entreprise.


Poste rurale et bureau de passe


Toujours en théorie, il n'y a aucune raison pour que le timbre-poste figurant sur une lettre issue de la tournée d'un facteur rural soit annulé par le timbre à date d'un bureau de passe, pour la raison que nous avons évoquée précédemment. Le cas peut cependant se présenter, si l'employé du bureau d'origine, en relation avec un bureau de passe, a omis d'oblitérer la figurine avant d'insérer le pli dans sa dépèche. Le bureau de passe répare alors l'oubli à l'aide de son timbre à date particulier. Ce cas de figure est peu courant.


Lettre remise au facteur rural de l'arrondissement de Corberon (Côte-d'Or), en novembre 1875.
La timbre-poste est annulé par le bureau de passe de Dijon (1307)


Le poids de la lettre simple


Arrivé à la fin de cette page, le lecteur attentif se pose certainement une question : si le facteur rural est amené à distribuer une lettre simple recueillie au cours de sa tournée, comment peut-il en estimer le poids, sachant que celui-ci est fixé à moins de 15 grammes pour la distribution à l'intérieur de la commune de naissance de la lettre*, et à moins de 7,5 grammes pour la distribution dans une commune voisine** ?
L'Administration, donne la méthode à employer dans son Instruction sur le service des facteurs : "Une pièce de 1 franc et une pièce de 50 centimes représentent le poids de 7,5 grammes et demi ; trois pièces de 1 franc celui de 15 grammes". Il suffisait donc de ne jamais être dépourvu de petite monnaie !
La même Instruction, dans son article 57, enjoint également au facteur rural de taxer les lettres simples qu'il recueille et distribue au cours d'une même tournée. Bien avant l'introduction du chiffre-taxe, on peut donc trouver des plis taxés à 1 décime et uniquement frappés d'un cachet de facteur rural.

(*) Loi du 27 frimaire An VIII, 1 décime en dessous de 15 grammes.
(**) Loi du 3 juin 1829, 1 décime en dessous de 7,5 grammes.


Quand le facteur rural devient postier itinérant.

Jusqu'au début du XXème siècle, les facteurs ruraux étaient autorisés, à titre officieux, à se charger de certaines opérations relevant en principe de leur bureau d'attache : réception des lettres et objets recommandés, des télégrammes, des mandats et bons de poste, et de sommes destinées à être versées aux caisses d'épargne ou de retraite. Les facteurs agissaient alors en tant que mandataires des expéditeurs, sous leur propre responsabilité, et nombreux étaient ceux qui refusaient de rendre ces services, ou qui ne le faisaient que ponctuellement. Les facteurs ruraux tenaient, d'autre part, des timbres-poste et des cartes-postales (entiers postaux) à la disposition du public.

Afin de faciliter l'accès des populations rurales à toute l'étendue des services postaux, la circulaire du 21 décembre 1901 prescrit aux facteurs ruraux de se charger, à partir du 1er février 1902, de toutes les opérations précitées. Les facteurs ruraux sont alors munis d'un carnet d'ordre n° 592, sur lequel ces opérations sont enregistrés (elles seront traitées par le receveur dès le retour du facteur à son bureau d'attache), et tenus de délivrer pour chacune d'elles un reçu à l'usager.

En compensation de l'effort demandé aux préposés, l'article 30 de la loi de finances du 30 mars 1902 prévoit de prélever, à compter du 1er juin, une taxe à leur bénéfice sur les opérations qu'ils effectueront, taxe payée par le public. L'arrêté du 9 mai 1902 fixe le montant des droits à percevoir : cinq centimes sur les lettres et objets à recommander, sur les valeurs à recouvrer, et sur les livrets de caisse d'épargne à régler ou remplacer. Cinq centimes également sur les mandats, bons de poste et versements jusqu'à dix francs, dix centimes à partir de dix francs, et dix centimes encore sur les télégrammes.

En 1908, pour épargner au public, dans la mesure du possible, les inconvénients de l'attente du facteur et de la réalisation des opérations postales en pleine nature, l'administration émet l'instruction n°639, relative à l'arrêt des facteurs en cours de tournée pour l'exécution du traitement postal et télégraphique. Il est prévu de permettre au préposé, à partir du 16 janvier 1909, de faire halte dans certaines communes, pendant une durée nécessaire et suffisante, dans un local municipal convenable, chauffé en hiver et proche de la mairie. Ce local doit être équipé d'une table, d'une chaise et d'un meuble fermant à clé pour entreposer les imprimés administratifs correspondant aux opérations que le facteur rural était déjà tenu d'effectuer au cours de sa tournée.


En guise de conclusion


On peut rencontrer un autre type de lettres-timbre, carrées celles-ci. Il s'agit des marques des boîtes urbaines, à ne pas confondre avec les lettres-timbre circulaires des boîtes rurales, car, comme me l'a malicieusement soufflé un visiteur, "... si c'est rond, c'est point carré !"

Le nombre de boîtes rurales va peu à peu se restreindre, au fur et à mesure de la création, dans les villages, de nouvelles distributions, des bureaux de facteurs-boîtiers (à partir de 1850), des Bureaux, Recettes et Distributions Auxiliaires (1887/1902), des Agences Postales (1918), ou encore de la Poste Automobile Rurale (1926).
Mais ceci est une autre histoire ...


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